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BRINSLEY SCHWARZ - Nervous On The Road (1972)
Par LE KINGBEE le 13 Novembre 2017          Consultée 150 fois

BRINSLEY SCHWARZ groupe originaire du Sud de l’Angleterre est aujourd’hui tombé un peu dans l’oubli. Pourtant à la lecture des noms de la line-up, on pourrait se dire à l’instar du bon vieux inspecteur Bourrel : « Ah mais bon sang … bien sûr ! ». La formation naît sur les cendres de Kippington Lodge, petit groupe du Kent ayant enregistré cinq 45 tours pour Parlophone. Devant le manque de succès, la formation arrête les frais mais trois des membres décident de continuer l’aventure sous une nouvelle forme. Le guitariste Brinsley Schwarz, le bassiste Nick Lowe et l’organiste Bob Andrews, bientôt rejoints par le batteur Billy Rankin (futur Ducks Deluxe) et du guitariste Ian Gomm (ex Unit 4).

Il leur faut maintenant un nom de groupe et faute d’idée, les différents membres suggèrent de prendre le nom de Brinsley Schwartz Band qui se transforme aussitôt en Brinsley Schwarz pour plus de simplicité.
En 1969, l’irlandais Dave Robinson les remarque et leur permet de signer un premier contrat avec United Artists. Robinson (futur fondateur du label Stiff Records) n’est pas le perdreau de l’année, ancien photographe de Rave Magazine, il a déjà managé les tournées américaines des ANIMALS et de The MOVE, et a tourné dans le giron des FLOYD, The NICE, VANILLA FUDGE et même du JIMI HENDRIX EXPERIENCE. Fort de son expérience, Robinson voit les choses en grand. En 1970, alors que BRINSLEY SCHWARZ est en passe d’enregistrer son premier disque, il organise un concert publicitaire en grande pompe au Fillmore East de New York, conviant le gratin de la presse Rock. Suite à divers problèmes techniques et administratifs, le show ne se déroule pas comme prévu, mais c’est le retard d’une journée de leur vol retour vers Londres qui va engendrer la colère de ces messieurs, tous plus éméchés les uns que les autres. Alors que tout semblait réuni pour lancer le groupe, cette mini-tournée US est un fiasco, elle a couté bien plus qu’elle ne rapportera et le groupe sera massacré par la presse anglaise.

1972 : BRINSLEY SCHWARZ a enregistré trois albums essentiellement orientés sur des compositions oscillant entre Rock Pop, Folk Rock. Pas de quoi casser la baraque, mais le groupe poursuit son petit bonhomme de chemin. « Silver Pistol », album se rapprochant de The BAND, est dans les bacs depuis à peine quelques mois que Robinson décide de renvoyer le quintet en studio au Rockfield Studio de Monmouth, un bled en pleine campagne galloise au nord de Cardiff, là où Dave EDMUNDS a mis en boite « Rockpile » et HAWKWIND « Doremi Fasol Latido ». L’album est enregistré en avril et mai lors de plusieurs sessions supervisées par Robinson et Kingsley Ward.

Le groupe a disposé de temps pour composer et s’en est remis à Nick Lowe, son principal pourvoyeur. Ian Gomm n’apporte ce coup ci qu’une une seule réalisation. D’entrée de jeu, on est frappé par la ligne mélodique aussi simple que rafraîchissante proposée. Il faut dire que le groupe a pu répéter ses nouvelles chansons sur la scène du célèbre Tally Ho Pub de Kentish Town, au nord de Londres. La cohésion et la complicité entre les différents membres est de plus en plus manifeste. En ouverture, « It’s Been So Long » (future reprise de Dave EDMUNDS), l’unique compo de Ian Gomm, nous renvoie vers un mid tempo s’inscrivant entre les KINGS, les BEATLES et bien plus tard des HOUSEMARTINS. On reste sur la même lignée avec l’humoristique pépite « Happy Doing What We’re Doing », un mid tempo gorgé de Soul Beat British annonciateur du futur répertoire de Ducks Deluxe. On peut s’étonner que ce morceau n’ait pas connu de reprises, seule Elizabeth McQueen & the Firebrands reprendront la chanson en 2005.

Nick Lowe, songwriter sous-estimé, n’a jamais manqué d’humour et de dérision : « Surrender To The Rhythm » est porté par les paroles et les claviers d’Andrews sur un tempo plus dynamique. Petit moment de douceur avec « Don’t Lose Your Grip On Love », une véritable perle de ballade Soulfull pleine de mélancolie dans laquelle l’orgue et les guitares donnent une impression de symbiose totale. Cette face A s’achève sur un tempo plus dynamique, annonciateur du Pub Rock alors en pleine gestation avec « Nervous On The Road (But Can’t Say At Home) ». Le titre pourrait se résumer à un cocktail de The BAND et de Ducks Deluxe. Aspirée par ses influences Blues, Soul et Jazz, le groupe nous délivre une petite démonstration avec le délicat « Feel A Little Funky », une compo de Lowe dans laquelle les instruments semblent s’entrelacer comme par magie. Autre grand moment de douceur avec « Brand New You, Brand New Me », une ballade entre Northern et Blues Eyed Soul sur laquelle l’orgue imprime une dangereuse torpeur.

Deux reprises choisies judicieusement : « I Like It Like That », œuvre de Chris Kenner et d’Allen TOUSSAINT popularisée par Kenner en 1961. BRINSLEY SCHWARTZ délivre ici une version décalée pleine d’humour et de peps, comme si la Tamise venait se déverser entre le Mississippi et le lac Pontchartrain. Une interprétation à l’anglaise qui fait oublier les tentatives du DAVE CLARK FIVE ou de Jerry Lee LEWIS. Un an avant, COMMANDER CODY avait repris « Home In My Hand », grand morceau de Ronnie Self dans une version Western Swing pas piquée des hannetons. Nos anglais nous en offrent une mouture Proto Pub Rock diablement dynamique à la limite du Garage, la rythmique plaçant la guitare de Schwarz au diapason sur des paroles impayables: « I got my home in my hand and I’m a travellin’ man – When I Need a woman, I want a one-night stand- Yeah I move pretty quick cause I got my home in my hand ». Le genre de titre capable de faire se lever de sa chaise le premier cul de jatte venu pour entamer une gigue. Histoire de ne pas paraitre trop dithyrambique, on se permettra de rajouter que « Why, Why, Why, Why, Why » en titre de fermeture avec abondance de chœurs et de Pop semble un brin gonflant et pour tout dire à la limite de la caricature Britain Pop.

Passé aux oubliettes, « Nervous On The Road » figure parmi les disques les plus sous-estimés de la production anglaise du début des années 70. Si BRINSLEY SCHWARTZ diffusait une sonorité aux influences emprunte au Rock, au Blues et à la Soul, le groupe deviendra l’un des instigateurs du Pub Rock dans le sillage de leurs amis de DUCKS DELUXE. A la dissolution du groupe, Nick Lowe se lancera dans une carrière solo, Brinsley et Bob Andrews rejoindront Graham Parker & The Rumour. Mais ces énergumènes restés copains se croisent parfois lors de reunion-concerts ou de concerts d’anniversaire avec DUCKS DELUXE, la bande de Sean Tyla. Un 3,5 qui sera ramené à 4, l’album n’ayant bénéficié lors de sa sortie que d’une pseudo promotion avec la sortie d’un seul single.

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   LE KINGBEE

 
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- Brinsley Schwarz (chant, guitare)
- Ian Gomm (guitare, chœurs)
- Nick Lowe (basse, chant)
- Billy Rankin (batterie)
- Bob Andrews (claviers, chœurs)


1. It's Been So Long.
2. Happy Doing What We're Doing.
3. Surrender To The Rhythm.
4. Don't Loose Your Grip On Love.
5. Nervous On The Road (but Can't Stay At Home).
6. Feel A Little Funky.
7. I Like It Like That.
8. Brand New You.
9. Home In My Hand.
10. Why, Why, Why, Why, Why.



             



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