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Piers FACCINI - Tearing Sky (2006)
Par LARZAC le 4 Mars 2012          Consultée 1097 fois

En 2001, le groupe Charley Marlowe sortait un EP composé de cinq titres, This Could Be You. Aux commandes de cette formation, un duo, composé de la poétesse malaisienne Francesca Beard, et d'un jeune chanteur guitariste, Piers Faccini. Les quelques compositions alors délivrées laissaient entrevoir la naissance d'un groupe mélangeant encore un peu grossièrement folk et électro. Et déjà, Piers Faccini était capable de développer un chant au caractère unique. Seul l'espace semblait lui manquer, au sein de compositions où, en plus de la section instrumentale, le timbre plus intrusif développé par Francesca Beard masquait le chant de son acolyte... L'aventure ne dure pas. Mort dans l'œuf en 2002, Charley Marlowe laisse libre un Piers Faccini prêt à se lancer bientôt dans ses propres compositions. Sur son premier album sorti en 2004, Leave no trace, il prend congé de l'électro et se consacre à d'envoutantes ballades, principalement acoustiques.

En 2006, deux ans après la sortie de Leave No Trace, Piers Faccini poursuit dans cette voie et fait son retour avec un second album, intitulé Tearing Sky. La timide lumière hivernale entrevue sur la pochette du premier opus cède la place à une obscurité crépusculaire, dans laquelle perce la lueur incertaine d'un feu de bois. Ce n'est pourtant pas à tâtons, comme au cours d'une veillée, que Piers Faccini continue son cheminement musical. Et alors que surviennent les premiers accords de l'harmonium, sur « Each Wave That Breaks », l'artiste n'est clairement plus dans la suggestion, chose qui caractérisait le précédent enregistrement. Une ferveur, puissante, s'installe. Apparaît l'image d'un conteur, dont le chant céleste s'élève telle une prière. Le son est clair. Le voile de Leave No Trace s'est dissipé.

Au service de cette affirmation musicale, la troupe qui entoure Piers Faccini est composée de grands noms. L'élément central est Jean-Pierre Plunier, producteur autour duquel gravitent plusieurs musiciens de talent. Ben Harper fait une brève apparition sur le premier titre, en seconde voix, et sa présence sera renforcée par l'ajout d'un titre live dans une réédition de l'album : « Masters Of War », grand classique de Bob Dylan, puissamment repris par le duo d'amis. Ses musiciens habituels constituent également un apport conséquent : l'imposant Juan Nelson, à la basse, flanqué du percussionniste Leon Mobley, apparaissent sur la majeure partie des titres. Enfin, les compères de Jack Johnson (qui lui aussi a travaillé avec Plunier) complètent l'équipe: le batteur Adam Topol, et le bassiste Merlo Podlewski, qui alterne avec Juan Nelson selon les titres.

A l'écoute de l'ensemble se dégage un constat : dans les grandes lignes, la recette semble être la même que sur l'album précédent. Ainsi, Piers Faccini marie habilement des chansons feutrées, teintées de mélancolie, à des morceaux plus pêchus et rythmés, faisant la part belle à l'impressionnante équipe précédemment citée. Une fois passées les deux bonnes minutes d'introduction avec « Each Wave That Breaks », la basse de Juan Nelson s'impose. En dépit des moments de répit qui le jalonnent, « Sharpening Bone » est un morceau à la puissance salvatrice. Dès lors, que dire de « If I », titre majeur de Tearing Sky, et désormais grand classique sur scène? Le puissant ronflement continu de la basse, le rythme heurté de la guitare, une batterie qui claque, un harmonica criard: rythme endiablé, diabolique même, sur lequel vient se poser la voix de Piers Faccini, plus incantatoire qu'à l'ordinaire. Un summum inégalé, sur lequel ses influences blues sont évidentes. « Sharpening Bone », comme « Midnight Rolling », plus sec et nerveux, ne lui arrivent pas à la cheville en terme d'intensité, même s'ils restent d'excellents titres. Dans un autre registre, seul « Talk To Her » délivre à peu près autant de véhémence, avec un jeu de guitare excellent, lui aussi fortement trempé de blues. Et là encore, Piers Faccini sait puiser dans ses tripes pour chanter ses refrains.

Face à tant d'énergie déployée, Piers Faccini ponctue Tearing Sky de compositions plus calmes, davantage dans l'esprit de son précédent album, sans que l'on y retrouve pour autant ce qui avait alors pu séduire notre oreille... Un peu sévère de constater cela a posteriori, mais il manquerait presque l'hésitation et la timidité des compositions de Leave no trace pour que le charme s'opère de nouveau. Et c'est peut-être là ce qui, finalement, donne toute sa valeur à un « If I » ou un « Talk To Her »... Naturellement, la qualité n'en est pas moins absente. Ainsi, « Days Like These » est un calme voyage de sept minutes au terme duquel on ressort envouté, grâce à une voix colorée par des influences africaines que l'artiste reconnaît avoir peu à peu intégrées.  At The Window Of The World » est également une belle chanson, malheureusement placée dans une peu confortable position, et dès lors simple intermédiaire entre deux titres hyper rythmés. La qualité musicale est également indéniable sur deux titres à l'atmosphère plutôt austère, « Fire In My Head » et « The Road's Not Long », tous deux aussi beaux et sombres que « Come The Harvest » est pastoral et épisodique. Quant à The Taste Of Tears, c'est une touchante ballade, mais qui à force d'écoute semble manquer de relief et sombre dans un certain conformisme, qui ne sied guère à la musique de Piers Faccini. Enfin, l'épuré « Walk Over To You » n'est pas non plus un titre que l'on retiendra nécessairement, tenant simplement lieu de paisible conclusion à l'album.

Indéniablement, Piers Faccini montre encore une fois sa faculté à user de chaque instrument avec parcimonie; car ces influences constituent un enrichissant apport à Tearing Sky, là où elles auraient pu alourdir maladroitement les compositions. Cette habile diversité constitue un des points forts de l'album. Mais celui-ci se caractérise aussi par une musique plus assurée. Comme si Piers Faccini, moins timoré qu'à ses débuts, semblait se frayer avec davantage d'assurance un chemin dans le panorama du blues-folk actuel. Au risque d'y perdre éventuellement ce qui faisait le charme de son premier album: le bruissement.

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1. Each Wave That Breaks
2. Sharpening Bone
3. At The Window Of The World
4. If I
5. Days Like These
6. Fire In My Head
7. Come The Harvest
8. Midnight Rolling
9. Talk To Her
10. Uncover My Eyes
11. The Taste Of Tears
12. The Road's Not Long
13. Sons And Daughters
14. Walk Over To You



             



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