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- Style : Cheap Trick
- Membre : Black Sabbath, Roy Wood , Electric Light Orchestra, Wizzard

The MOVE - Shazam (1970)
Par BAAZBAAZ le 15 Mars 2012          Consultée 1252 fois

On doit pouvoir dater de l’enregistrement de Shazam le moment où Roy Wood a commencé à perdre la raison. A tel point que, quelques années plus tard, on le retrouvera dans WIZZARD, son nouveau groupe, peinturluré comme un clown maléfique velu et entouré de musiciens déguisés en anges ou en gorilles. Mais en 1970, sa moustache commence tout juste à pousser. Les dérives capillaires, l’enlaidissement insolent et la fuite en avant dans une excentricité de plus en plus provocatrice et grinçante ne sont pas encore d’actualité. Seule la musique révèle que quelque chose s’est mis doucement mais sûrement à dérailler

Ce grain de folie va rendre captivants les albums à venir. Mais ce sera pour plus tard. Disons-le tout net, Shazam est en effet une œuvre bancale, mal ficelée, dont les éclairs de génie – car il y en a bien sûr – compensent mal les ratés d’une inspiration en berne. Ce disque marque en fait l’apogée des dissensions qui minent THE MOVE. Carl Wayne, qui avait pu un temps se croire frontman officiel et seul maître à bord, finit par claquer la porte. Wood, après lui avoir volé la vedette au chant, prend définitivement le pouvoir. Mais une tournée américaine catastrophique l’a vidé de sa créativité. Lorsque le groupe entre en studio, les chansons manquent à l’appel.

Et que fait-on, en studio, sans chansons ? On bricole, on ressort des vieux titres, on fait des reprises. Bref, on fait comme le gros de la troupe, tous ces musiciens incapables de suivre les BEATLES quand les singles ont laissé la place aux vrais albums. Mais surtout, Roy Wood, qui est en pleine mutation artistique et s’affranchit de ses anciennes habitudes, trouve une parade : étirer la musique au maximum, allonger les compositions, jouer la montre. On replâtre et on fait durer. Pour le meilleur ? Sur Shazam, hélas, c’est parfois pour le pire.

Le résultat, ce sont six chansons dont trois seulement ont été écrites par Wood. Une moitié de disque, donc, et c’est bien peu. Alors oui, les compostions sont à la hauteur du talent du bonhomme, mais une seule est vraiment nouvelle : « Hello Susie », symbole d’un goût brutalement dévoilé pour le labourage hard rock, ce qui n’exclue pas ici une certaine grâce mélodique. Le reste est plus ancien. On retrouve ainsi « Cherry Blossom Clinic », très bonne chanson du premier album réenregistrée dans une version plus longue, dans laquelle BACH vient au secours d’un Wood qui confirme au passage son obsession pour le mélange entre rock et musique classique.

Tout cela est de bonne tenue, mais sent quand même un peu le remplissage. Fort heureusement, notre génie sort d’un tiroir une merveille parmi les merveilles, un bijou à la valeur inestimable, tout en violons et guitares acoustiques, qui est peut-être la seule vraie réponse qu’un groupe anglais ait su donner à « Eleanor Rigby ». Ce miracle sonore s’appelle « Beautiful Daughter », et il s’agit de la plus belle chanson que Paul McCartney ait oublié de composer. Mais cette perle rutilante est presque incongrue sur Shazam. Elle est issue d’une session antérieure, et demeure tournée vers le passé. C’est une trace des temps anciens, lorsque THE MOVE affectionnait encore ce style de musique pétillant et aérien.

La suite est constituée de trois reprises. Trois bouche-trous assez impersonnels sur lesquels il est difficile de reconnaître le groupe. Certes, il n’y a ici rien qui soit honteux. Les musiciens sont bons, les chansons également. Et l’on imagine volontiers que tout cela devait être efficace en concert. Mais sur l’album, l’intérêt est nul. Et l’on prendra grand soin de ne pas aller jusqu’au bout des dix longues minutes de « Fields of People » (composée à l’origine par ARS NOVA), dont la partie finale consiste en une sorte de râga indien insupportable qui rappelle les horreurs au sitar que George Harrison avait le culot de refourguer aux BEATLES.

Shazam, on l’a compris, est le disque d’un épuisement passager. C’est aussi le disque de la table rase, le groupe laissant derrière lui une trainée de chansons étincelantes et s’apprêtant à pénétrer en territoire plus sombre et plus terrien. On trouve ici les premiers signes de l’excès, les premiers délires glam ancrés à mi-chemin entre prog et rock n’ roll, les longs instrumentaux où affleurent les influences classiques. THE MOVE apparaît donc coincé en transition entre les années 60 et la décennie suivante. De ce point de vue, et parce que les trois compositions de Wood sont tout de même inestimables, cet album imparfait reste une œuvre marquante.

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- Carl Wayne (chant)
- Roy Wood (chant, guitares)
- Rick Price (basse)
- Bev Bevan (batterie)


1. Hello Susie
2. Beautiful Daughter
3. Cherry Blossom Clinic Revisited
4. Fields Of People
5. Don't Make My Baby Blue
6. The Last Thing On My Mind



             



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