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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Cheap Trick
- Membre : Black Sabbath, Roy Wood , Electric Light Orchestra, Wizzard

The MOVE - Looking On (1970)
Par BAAZBAAZ le 28 Mars 2012          Consultée 1476 fois

Ce disque a quelque chose de monstrueux. C’est une coulée de lave inexorable où le hard rock et le prog entrent en fusion pour former un magma proto-glam dans lequel les guitares chauffées à blanc côtoient hautbois, violoncelles et saxophones furieux. C’est l’œuvre grandiose et épuisante d’un groupe qui a décidé de ne faire aucun compromis et de poursuivre obstinément sa route vers la folie et l’autodestruction. Après l’échec commercial de Shazam, qui a stoppé net l’ascension de THE MOVE, Looking On apparaît non pas comme le sursaut de lucidité attendu, mais comme une radicalisation à la fois géniale et suicidaire.

Il faut dire que cet album voit l’arrivée de Jeff Lynne, qui quitte THE IDLE RACE après y avoir gagné ses galons de songwriter hors pair. Aux côtés d’un Roy Wood hirsute, il forme un étrange duo qui partage le même goût déviant pour la grandiloquence, les expérimentations et la musique classique. Ils incarnent ensemble une sorte de version underground et pompière, mais tout aussi fulgurante de créativité, de Lennon et McCartney. Peut-être est-ce d’ailleurs l’une des motivations de Wood lorsqu’il invite Lynne à le rejoindre après l’insuccès de Shazam : partager l’écriture, ne plus supporter seul toute la pression.

Mais surtout, Lynne est un passager clandestin. Son arrivée ne vise pas tant à relancer le groupe qu’à préparer avec Wood la naissance d’ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA, projet commun au sein duquel ils espèrent donner toute la mesure de leur talent débridé. Dans ce contexte, Looking On n’est destiné qu’à rassurer Fly, leur nouveau label, sur lequel ils côtoient Marc Bolan et T. REX en pleine mutation glam. Peu à peu, THE MOVE passe ainsi au second plan alors même qu’un single vient de propulser à nouveau le groupe en haut de l’affiche.

Ce single s’appelle « Brontosaurus », et c’est un magnifique bastringue hard rock, aussi leste et aérien que son nom le laisse supposer, mais doté d’un groove obstiné qu’un petit piano insolent vient rendre soudain frénétique. Parmi les chansons à succès du groupe dans les charts anglais, c’est l’une des rares que l’on retrouve sur album. Mais sa présence ici ne saurait occulter la richesse incroyable de Looking On, sur lequel, libérés peut-être par la mort annoncée de THE MOVE, Wood et Lynne se lâchent complètement, perdent pied et se vautrent avec une jubilation évidente dans la démesure la plus enivrante.

L’album se partage entre déflagrations rock n’ roll et pièces épiques. Les premières, dont Wood se fera plus tard une spécialité avec WIZZARD, sont l’occasion pour le groupe de délivrer un boucan dense et agressif, au ras du sol, qui prépare le terrain pour tous les glameux à venir, y compris les snobinards de ROXY MUSIC et leur saxo énervé. Un « Turkish Tram Conductor Blues » ou un « When Alice Comes Back to the Farm » sont autant de mines prêtes à exploser et judicieusement placées sur le disque pour varier les plaisirs. Car au-delà de ces moments de défoulement maximal, Looking On vaut surtout pour les incroyables compositions qui voient les deux co-leaders ajouter avec aplomb un fort arôme progressif à leur musique.

Ils composent chacun deux longs morceaux bardés de changements d’ambiance et de rythme, où se croisent envolées mélodiques et riffs tranchants. Que ce soit avec un « Looking On » dantesque qui fait mine d’emmener le groupe sur les terres de BLACK SABBATH, ou un « Feel to Good » d’anthologie achevé dans un doo-wop cinglant, la musique de Wood est la plus dure, la plus âpre. Tout le contraire d’un Lynne, dont les chansons sont plutôt accessibles : le triste mais lumineux « What ? » – peut-être l’une de ses plus grandes réussites –, ou le trépidant « Open Up Said The World At the Door » et ses harmonies vocales, nous font découvrir un univers aussi grandiose (d’aucuns diraient pompeux) que délicat.

Que penser alors de ce disque ? Certaines mauvaises langues prétendent qu’il s’agit-là d’une chose informe et complaisante, conçue par un groupe livré à lui-même. Bien sûr, on ne saurait nier que cet album est excessif et que l’on ressort essoufflé de son écoute. Mais il n’est jamais ennuyeux, relance sans cesse l’attention et emporte l’adhésion par sa puissance et ses instants de grâce. Délaissé par Fly – vexé que le groupe migre chez Harvest – il n’a pas plus de succès que Shazam. Mais tout cela ne compte pas : Looking On est le monument brutal et dérangé d’un groupe qui se sait condamné. A vrai dire, ce disque est indispensable.

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   BAAZBAAZ

 
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- Roy Wood (chant, guitares, hautbois)
- Jeff Lynne (chant, guitares, piano, percussions, batterie)
- Rick Price (basse)
- Bev Bevan (batterie)


1. Looking On
2. Turkish Tram Conductor Blues
3. What?
4. When Alice Comes Back To The Farm
5. Open Up Said The World At The Door
6. Brontosaurus
7. Feel Too Good



             



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