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Arvo PÄRT - Symphonie No4  (2008)
Par TARTE le 11 Septembre 2012          Consultée 851 fois

Un choc. Voilà ce qu’est la 4e symphonie d’Arvo Pärt.

Un choc stylistique, d’abord. Le compositeur nous avait habitués à des chants religieux avec son « Te Deum » ou ses « Messes Berlinoises », à de la musique aux racines minimalistes comme « Fratres » ou à des compositions atonales avec « Pro & Contra », entre autre ; Ici, il est davantage question d’une exploitation des modes et des rythmes s’inscrivant dans la lignée de ce qu’a pu faire John Cage sur « Seventy-Four », il est à noter que l’écart existant avec les trois premières symphonies se compte en une trentaine d’années. On reconnaîtra pour finir des accords propres aux anciens travaux du compositeur, mais gorgés d’une brume qui les rendent presque menaçants.

Un choc sonore ensuite, le premier mouvement est poignant. Les nappes de violon à la limite du strident tailladent le silence avec la précision d’un rasoir. L’atmosphère d’oppression dégagée pèse très lourd et la violence contenue, bâillonnée, fait peur. Le choix de l’instrumentation n’est pas anodin, les instruments à cordes possèdent une autonomie que n’ont pas leurs cousins des cuivres ou des bois. Le panel de sonorités est en sus doublé par des percussions ainsi qu’une harpe qui viendra répondre aux pizzicatos des violons, violoncelles et contrebasses. Les émotions ressenties à l’écoute de l’œuvre semblent soigneusement taillées, polies, dans leurs moindres détails.

Les lignes harmoniques sont perfides, elles tissent leur toile autour de vous, lentement, et attendent que vous vous preniez dedans. Le jeu exemplaire sur le suspens est obtenu par une utilisation aussi ingénieuse que parcimonieuse du silence. Un retrait de son pour un apport d’impressions, une manière de rendre ce qui suit beaucoup plus impactant. Les pizzicatos sont également à l’honneur, leurs interventions parfois très brèves nous rappellent que le temps est compté, et soulignent un sentiment d’attente incertaine (l’introduction du second mouvement). L’œuvre ira en crescendo, l’accélération notable de l’enchaînement des accords ne fera qu’accentuer l’oppression déjà présente.

La 4e symphonie est dédiée à Mikhaïl Khodorkovski, oligarque ayant été emprisonné pour de sinistres affaires de fraude et dont la véritable implication restant, encore aujourd’hui, toute relative. Peut-être un innocent de plus pris dans la toile des brumeuses affaires des hautes autorités, peut-être un innocent de plus bâillonné, réduit au silence.

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- Orchestre Philharmonique De Los Angeles
- Esa-pekka Salonen (direction)


1. Con Sublimita
2. Affannoso
3. Deciso



             



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