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- Style + Membre : Canned Heat

John Lee HOOKER - Hooker 'n Heat (1971)
Par MANIAC BLUES le 5 Octobre 2012          Consultée 1356 fois

Après une décennie d’une densité incroyable musicalement, et un divorce douloureux, John Lee Hooker pose ses valises sur la côte ouest où il est accueilli à bras ouvert par les stars de la région. Pour fêter son arrivée, il ne trouve rien de mieux que d’enregistrer un double album avec le nouveau groupe de blues-rock à la mode, adoubé à Woodstock : les Canned Heat. En somme, une rencontre entre le maître et ses élèves, les Canned Heat étant particulièrement amateurs de boogie, notamment ceux du Roi en personne, John Lee Hooker.

Hooker ’n Heat est avant toute chose un album de John Lee Hooker, les Canned Heat n’ayant qu’un rôle d’accompagnateurs, et ce essentiellement sur le second disque. Tout au long de la première partie, le groupe californien écoute religieusement le maître faire sa leçon. En prenant des notes, bien entendu. Ce récital du King of Boogie est une nouvelle occasion pour lui d’égrener ses classiques, peinard, en ayant quoiqu’il arrive un public acquis à sa cause, et des chiffres de vente assurés par la seule présence des Canned Heat sur la pochette du disque. Rusé comme un renard, John Lee Hooker.

Mais si John Lee a toujours eu du flair pour se frayer un chemin vers les portes du succès, il a toujours fait preuve d’un immense professionnalisme, et d’un don inné pour ne jamais trahir l’essence même de son style, qu’il joue du folk, du blues, ou du rock. S’il a déjà enregistré de meilleures versions de ses standards, on ne boude pas son plaisir à l’écoute de ce récital enregistré dans une bonne humeur live : les notes graves, sensuelles, primitives de sa guitare se mêlent comme d’habitude à la beauté profonde de son chant. Il brille aussi bien dans les boogies effrénés que dans les ballades au climat mystérieux. Ce sens du rythme si singulier et fascinant, cette manière de captiver son auditoire avec sa guitare pour seule compagnie forcent une fois de plus l’admiration. Sur « Bottle Up And Go », il est accompagné au piano par le petit génie Alan Wilson. Et c’est un véritable succès, tant cette version anthologique de cet immense classique se distingue par sa spontanéité. Alan Wilson fait également des merveilles à l’harmonica sur les reprises très inspirées de « Drifter » et « You Talk Too Much ».

La rencontre entre John Lee Hooker et la section rythmique du groupe californien, Bob Hite n’étant présent qu'en tant que co-producteur, prend toute son ampleur au cours du second disque, plus rock et davantage dans l’air du temps. En attendant que l’armada se prépare, le duo John Lee Hooker-Alan Wilson joue les prolongations avec deux autres morceaux de haute volée. Le dépouillé « The World Today », avec pour seul accompagnement un piano et une guitare particulièrement discrète, dégage une vraie émotion, grâce au poignant monologue du maître.

Dès « Whiskey and Wimmen’ », la machinerie boogie-rock se met en marche ; les élèves attentifs accompagnent avec attention le roi, toujours imperturbable sur son trône. Henry Vestin prend les commandes à la guitare, et se lance dans un passionnant dialogue avec John Lee Hooker sur « Just You and Me ». La sobriété de la section rythmique est la preuve ici de la lucidité et de l’humilité des Canned Heat. Alors que « Let’s Make It » et « Peavine » font monter la température dans une fièvre blues-rock qui fait regretter quand même la simplicité du duo avec Alan Wilson, « Boogie Chillen N°2 », longue jam de plus de onze minutes, met un terme à cette rencontre, qui restera un grand succès dans la discographie de John Lee Hooker.

Cependant, la fin d’album, plus confuse, moins spontanée, laisse une impression mitigée. Finalement, John Lee Hooker n’est jamais plus à l’aise que seul ou accompagné d’une très légère section rythmique. Des deux disques, on retient donc essentiellement le premier qui présente l’essence même du style de John Lee Hooker. Le deuxième reste un document intéressant, témoignant de la relation étroite qui existait à l’époque entre les bluesmen noirs et les groupes de rock blancs. Cependant, la folie blues-rock, les jams interminables conviennent moins bien à John Lee Hooker, à l’image du très moyen Endless Boogie, sorte de suite laborieuse de Hooker ’n Heat, sortie quelques mois plus tard.

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- John Lee Hooker (chant, guitare)
- Alan Wilson (piano, harmonica, guitare)
- Henry Vestin (guitare)
- Antonio De La Barreda (basse)
- Adolfo De La Parra (batterie)


1. Messin' With The Hook
2. The Feelin' Is Gone
3. Send Me Your Pillow
4. Sittin' Her Thinkin'
5. Meet Me In The Bottom
6. Almonia Blues
7. Drifter
8. You Talk Too Much
9. Burning Hell
10. Bottle Up And Go

1. The World Today
2. I Got My Eyes On You
3. Whiskey And Wimmen'
4. Just You And Me
5. Let's Make It
6. Peavine
7. Boogie Chillen N°2



             



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