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Arno ALYVAN - La Horde Du Contrevent (2004)
Par MR. AMEFORGEE le 21 Mars 2005          Consultée 3824 fois
Les occasions sont rares de parler de littérature sur Forces Parallèles. Ce qui est assez normal, me direz-vous, puisque nous sommes sur un site de musique... Avec La Horde du Contrevent, une fois n’est pas coutume, la possibilité m’en est donnée, alors profitons-en. En effet, à l’origine la Horde du Contrevent est un roman écrit par Alain Damasio et avec lequel le musicien Arno Alyvan a collaboré pour composer une « B.O. du livre », comme l’appelle la quatrième de couverture, vendue avec le livre et complétant son univers en ajoutant une dimension musicale à ce qui n’était qu’un imaginaire de mots. Cela dit, l’album aurait été conçu, selon les auteurs, pour être autonome vis-à-vis du livre, c’est-à-dire pour qu’il puisse s’écouter et s’apprécier en dehors de la lecture du roman. Sur ce point, je pense que c’est un échec, mais j’y reviendrai.

Arno Alyvan, auteur déjà de quelques albums qui flirtent avec l’électro et de musiques d’ambiance pour la télé (le court programme « la Terre Vue du Ciel » par exemple, illustrant les photos de Yann Arthus-Bertrand), tisse donc ici une musique atmosphérique, où soufflent de grands vents qui invitent au rêve, si l’on peut dire, et qui mélange divers genres, la musique électronique et la musique de film (comprendre orchestrale) pour les fluences majeures, le techno-pop, la musique du monde, le jazz et le reggae en guise de fluences mineures, et qui surviennent ponctuellement pour dévier la course naturelle de la musique. Des lectures de passages du roman y ont aussi été intégrées, comme l’on s’en rend compte à l’ouverture de l’album, sous la férule tutélaire du vent fluide, évidemment : « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les vents ».

Ainsi donc se tisse une musique d’ambiance, aux couleurs plutôt chaudes, nappée de claviers atmosphériques, de samples du souffle du vent, de gouttes d’eau, diversement marqué par l’empreinte de guitares songeuses, presque crépusculaires (qui font un peu penser à du Ennio Morricone, sur Tresseur de Vitesse notamment), de saxophones, de bouzoukis ou d’harmonicas introspectifs, de percussions qui sans cesse figurent l’idée d’une marche, d’une pérégrination, lente mais convaincue. Le travail musical et plus précisément électro, de part le mélange des genres, peut faire penser, à certains égards, à du Eric Serra.
Pour être honnête, j’ai joué le jeu jusqu’au bout : j’ai écouté l’album avant de lire le livre. Et je l’ai trouvé terriblement fade. Seuls quelques morceaux me restaient en tête, comme Tresseur de Vitesse, qui ouvre le disque, avec ses touches épiques, et qui augurait faussement du meilleur, ou bien Cappizzano, qui ne peut pas passer inaperçu, puisqu’il s’agit d’un duo (ou plutôt d’un duel, en fait) reggae. Je pourrais évoquer aussi le techno-pop Ne Dites Jamais Fontaine, avec ses expérimentations électro, ses samples de voix répétés à satiété et sa batterie nerveuse, et ce serait à peu près tout. Ah si, il y a aussi les narrations, tirées du roman, excellemment écrites, pleines de poésie, mais qui cassent malheureusement un peu trop souvent le rythme et nous empêche de nous évader totalement.
Puis j’ai lu le livre et alors l’album prend une toute autre dimension. La qualité du travail apparaît, riche d’ambiances mystérieuses et d’idées subtiles qui finissent par se révéler après plusieurs écoutes (le rire sardonique du vent sur Norska, par exemple, très bien vu). L’album s’appuie, se fonde, se nourrit de l’imaginaire suscité par le livre, à quoi bon le nier ? Il en est davantage une extension plutôt qu’une oeuvre véritablement autonome. Mais ce n’est pas honteux.
C’est après la lecture qu’un certain nombre de morceaux (voire tous en fin de compte) prennent vraiment consistance et saveur, augmentés d’un sens jusqu’alors absent. C’est ainsi que Décaracolisation devient un passage émouvant, là où il semblait n’y avoir en vain que du vent, par exemple (ce morceau a un petit côté spoiler aussi, d’ailleurs…). Même chose pour Le Pont Tissé de Fluences Oscille ou Sain & Sov. Des titres comme Le Cosmos… Est… Mon Campement finissent par s’apprécier, également, et la globalité de l’album.
Et du coup, cette expérience hybride, atmosphérique sous l’égide de l’électronique, se révèle plutôt agréable, même si elle ne s’apprécie pas d’entrée de jeu.

De fait, dans un premier mouvement, j’aurais affublé l’album d’une seule petite étoile, mais après lecture, mon jugement tend à s'infléchir. Je lui attribuerais bien un honorable trois étoiles, ce qui serait suffisant pour tracer une petite constellation, mais ce serait peut-être accorder trop sous l'influence du livre. Calcul astronomique et subjectif bien difficile... Quant au roman, je lui aurai volontiers donné un petit cinq, mais nous sommes sur un site de musique, alors je n’en ferai rien !




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   MR. AMEFORGEE

 
  N/A



- Arno Alyvan (presque tout)
- Nicolas Loncle (guitares slide, acoustique)
- Olivia Guinebretière (voix)
- Alain Damasio (voix)
- Aymeric O'cornesse (voix)
- Manu El (chant sur cappizano)


1. L'étoffe Dont Sont Tissés Les Vents
2. Tresseur De Vitesses
3. Contrevents
4. Pas De Trace
5. Le Cosmos...
6. ...est...
7. ...mon Campement.
8. Pluie
9. Ne Dites Jamais Fontaine
10. Alticcio
11. Cappizzano
12. Trace De Pas
13. Camp Boban
14. Soyez Indulgents Envers Les Rafales
15. Norska
16. Décaracolisation
17. La Trace
18. Le Pont Tissé De Fluences Oscille
19. Une Minute De Silences
20. Sain Et Sov



             



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