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HARD ROCK  |  LIVE

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- Style : Cheap Trick
- Membre : Black Sabbath, Roy Wood , Electric Light Orchestra, Wizzard

The MOVE - Live At The Fillmore 1969 (2012)
Par BAAZBAAZ le 3 Juillet 2012          Consultée 993 fois

Quelle horreur... Il y a dans ce disque l’incarnation parfaite de quelque chose qui fait frémir tout amateur de pop 60’s qui se respecte. Pour bien le comprendre, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Après plusieurs années passées sous le signe glorieux du british beat, du R&B mod, du freakbeat ou du garage, la musique évolue à toute vitesse. Dès 1967-68, le volume augmente, la distorsion s’impose, les chansons s’alourdissent et s’allongent. Dans le sillage de CREAM et HENDRIX, tout le monde se met au hard rock. Les LED ZEPPELIN et BLACK SABBATH vont dominer le monde. Ceux qui ne s’adaptent pas (on pense aux malheureux KINKS, pourtant précurseurs du genre) sont voués à un déclin aussi rapide qu’injuste.

Roy Wood, leader de THE MOVE, est déjà arrivé en retard une fois. Génial artisan sonore, roi de la pop psychédélique et baroque, il a sorti avec son groupe en 1968 un premier album très anachronique. Et c’est bien là sa tragédie personnelle : en tant que songwriter, il excelle dans un style démodé. A l’orée des années 70, il entame donc une évolution contre-nature qui l’amène à tomber dans l’un des pires travers de la décennie qui s’annonce, indissociable de l’explosion du hard et du boogie : les concerts interminables et grandiloquents bâtis autours d’insupportables jams instrumentales pataudes, d’improvisations sans fin et de solos épuisants… Une dérive que symbolise l’inécoutable Rockin' the Fillmore de HUMBLE PIE, à laquelle le punk mettra fin en renouant avec l’esprit de concision des années 60.

C’est au Fillmore West de San Francisco, les 17 et 18 octobre 1969, que THE MOVE verse lui aussi dans ces excès, à l’occasion d’une tournée américaine pathétique et écourtée qui voit Wood s’épuiser à mimer Page et Hendrix. Conservée pendant des décennies par le chanteur Carl Wayne, qui envisagera sa parution peu avant sa mort en 2004, cette prestation live constitue donc aujourd’hui un témoignage précieux : c’est un document inestimable pour mesurer les ravages de la drogue et de l’arrogance sur un groupe qui, tentant de durcir sa musique et de transformer ses shows en des sortes de transes furieuses et graisseuses, ne parvient qu’à se ridiculiser.

Fallait-il vraiment, dans ce cas, sortir enfin ce disque ? L’intérêt historique de la chose ne fait pas de doute. L’intérêt musical, pour sa part, est proche du néant. THE MOVE ne joue ici presque aucun de ses tubes. Et lorsqu’il le fait, comme avec « I Can Hear The Grass Grow » (qui dévie laborieusement vers le « Born to Be Wild » de STEPPENWOLF), c’est en les étirant jusqu’à l’absurde. Et la palme de l’inanité revient à ce « Fields of People » de près de dix-sept minutes, point d’orgue invertébré d’une série de chansons bien trop délayées et pachydermiques pour susciter le moindre enthousiasme à jeun. Au milieu de cette avalanche de reprises (dont « Open My Eyes » et « Under the Ice » de THE NAZZ, le groupe de Todd Rundgren), seule la « Goin’ Back » de Goffin & King surnage, tout en restant très inférieure à la version des BYRDS.

Après leur retour précipité en Angleterre (du à une logistique défaillante et à la consommation abusive de drogues du bassiste Rick Price), les membres du groupe entrent en studio et parachèvent le désastre avec Shazam, qui sort en février 1970. Vidé de son inspiration, Wood y case aux côtés d’une poignée de compositions originales des versions studio des reprises rodées aux Etats-Unis. Le résultat – un album fatiguant aux chansons longues et mal fichues – exprime son désarroi artistique. La voilà, la morale de tout ça... Les années 70 furent une formidable décennie rock, mais donnèrent lieu à des performances live parmi les plus pénibles et les plus prétentieuses de l’histoire. Rescapé d’un temps où la musique savait être à la fois vigoureuse et subtile, où les plus grands hits faisaient moins de trois minutes, THE MOVE fut touché de plein fouet par une évolution faite de bruit et de fureur qui laissait peu de place aux esthètes. Ce Live at the Fillmore 1969, si laid, raconte à sa façon la transition entre deux époques.

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- Carl Wayne (chant)
- Roy Wood (chant, guitares)
- Rick Price (basse)
- Bev Bevan (batterie)


1. Open My Eyes
2. Don't Make My Baby Blue
3. Cherry Blossom Clinic Revisited
4. The Last Thing On My Mind
5. Can Hear The Grass Grow

1. Fields Of People
2. Goin' Back
3. Hello Susie
4. Under The Ice
5. Introduction
6. Don't Make My Baby Blue
7. Cherry Blossom Clinic Revisited
8. The Last Thing On My Mind
9. 1969 Tour Interview With Bev Bevan



             



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