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- Style : Zenzile
- Style + Membre : High Tone, Brain Damage

HIGH DAMAGE - High Damage (2012)
Par MARTIN le 9 Juillet 2012          Consultée 1547 fois

La nièce de Nathanaël, dérangée par des basses sourdes qui se propageaient jusqu'à elle et qui l’empêchaient de réviser en paix, décida de remonter à la source de ce vacarme pour y mettre fin. Elle entra dans la pièce ou se trouvait son oncle, qui semblait être absent, immobile, installé bien profondément dans son fauteuil. Sa tête, se balançant doucement d'avant en arrière, ainsi qu'un sourire satisfait, indiquaient qu'il était en vie. La petite fille s'en approcha et demanda :

« - Eh, tonton ! C'est quoi cette musique ? C'est nul, non ? »

Nathanaël, d'abord surprit, ne se laissa pas décontenancer.

« - Ça ? C'est HIGH DAMAGE, petite. C'est deux groupes de musique qui ont décidé de former un groupe éphémère, le temps d'un album et de quelques concerts. Éphémère, ça veut dire qu'il n'y en aura pas d'autres. (à cette pensée, Nathanaël poussa un soupir). Et ces deux groupes, ce sont de grands noms de l'electro-dub, ils ont d'ailleurs énormément contribué à l'essor de la scène dub française, tu sais, cette scène si talentueuse dont je te parlais l'autre jour ? »

La petite fille s'en rappelait, mais préféra ne rien dire et garder un air neutre. Elle connaissait son oncle, elle l'avait lancé, elle devait en payer le prix. il finirait bien par arrêter son laïus. Pour se distraire, elle se mit à penser à la situation actuelle de ses poupées Bratz (Cindrella allait larguer Stanley !), alors qu'il reprenait :

« - C'est HIGH TONE qui a invité BRAIN DAMAGE pour faire cet album. D'où HIGH DAMAGE, tu captes ? Du coup, c'est le cinquième opus de la série ''In a Dubtone'' initiée il y a près de 10 ans par HIGH TONE. Et là, tel que tu me vois, je te le dit sans sourcilier : c'est certainement leur collaboration la plus aboutie. C'est peut-être dû au fait qu'ils ont fait une série de concerts avant d'enregistrer l'album, ce qui leur a permis de roder et d'affiner leur son. Mais en tout cas, quelle cohérence ! Quel univers ! Quel album ! »

Alors qu'il s'agitait en tout sens, la petite fille s'éclipsa discrètement. Elle savait qu'elle n'obtiendrait pas la baisse de volume escomptée. Au contraire, à peine sortait-elle que son oncle rehaussait le volume, ce qui lui permettait d'écouter les détails d'une production et d'un mixage extrêmement fins et travaillés. C'était le titre The Dawn (''l'aube'') qui se mettait en place en fond, avec son intro qui annonçait avec justesse le ton général de l'album : assez sombre sans être négatif, plutôt sobre et élégant. Oui, élégant, ça n'est pas le premier terme qui viens habituellement pour qualifier de l'electro-dub, style issue donc du dub, issue lui même du reggae, mais c'était le cas ici, par touches discrètes, un peu à la manière du dernier album de BRAIN DAMAGE, Burning Before Sunset.

Le morceau continuait à se mettre en place doucement, sereinement, jusqu'à l'arrivée de basses épaisses sur un tempo plutôt lent, pour obtenir une musique incroyablement spacieuse. Nathanaël ne pouvait pas s’empêcher de remuer la tête sur un son qui n'avait pas fait le choix entre efficacité et profondeur, obtenant les deux avec aisance. L'excellent Stereovision, très progressif, succédait à ce premier titre, avec un son terriblement détaillé et précis, et pourtant le paysage qui se formait était plutôt brouillardeux, presque hostile, en tout cas captivant. Comme sur l'ensemble de l'album, HIGH DAMAGE a prit un soin particulier à construire progressivement ses ambiances, ce qui confère à l'album un aspect un peu coincé au premier abord, mais c'est au final pour mieux dessiner des fresques à l'esthétique bien poussée, habillant une base dub plutôt groovy d'une couleur particulière et séduisante.

Déjà le troisième titre, Brain Tone, et Nathanaël se demandait à son écoute si HIGH TONE n'avait pas eu un peu la flemme en repompant quasiment à l'identique le thème d'introduction de leur titre Glowing Fire. Où peut-être était-ce un clin d’œil ? Où alors, il avait simplement des oreilles en carton. Mais ces doutes sur des possibles signes de fatigue étaient rapidement balayés par la fin du titre qui le scotchait, percutante, fourmillant de milles sons, très dansante, le groupe faisant preuve d'une dextérité et d'une facilité qui faisait plaisir à entendre.

Un petit faux pas avec Shake Up peut-être, titre certainement pas mauvais, mais qui avec son chant haut perché et sa couleur plus roots, dénote quelque peu au sein d'un album très cohérent.

L'album continuait avec la même constance, devenant d'ailleurs plus nerveux sur la seconde partie, avec des titres comme ZZZ ou Dub On Tune In And Drop Out (pas moins) , plus efficaces que profonds cette fois. Nathanaël était d'ailleurs satisfait de constater qu' HIGH DAMAGE n'était teinté que rarement de sonorités Dubstep (ou DaubeStep, comme il pensa, et il fut secoué par de petits rires avant de réaliser avec effroi qu'il vieillissait : il y avait des tas de bonnes choses dans cette mouvance, mais il avait vu trop de groupes s'y engouffrer tête baissé avec des résultats plus ou moins concluants. Même Muse s'y était mit avec l'annonce de The Second Law, et difficile à croire que ce fut par conviction artistique). Seul Watching You lorgnait sérieusement sur le Dubstep, en y intégrant l'esthétique et la finesse d' HIGH DAMAGE. Le résultat était admirable (et usant pour les cervicales.)

HIGH DAMAGE se conclut par le magnifique The Dusk qui, avec l'interlude The Midday Sun, laisse entrevoir un son peut-être encore plus particulier. Car voilà, si le ton de l'album est plus que définit, aboutit et unique, c'est aussi assez peu surprenant pour qui connaît bien ces deux groupes qui n'ont sans doute pas eu à expérimenter comme des dingues pour aboutir à HIGH DAMAGE. En 2012, pour qui écoute pas mal de dub, l’œuvre n'est pas réellement surprenante. Mais peut-on vraiment le regretter, au vu du résultat ?

Nathanaël éteignit sa chaîne mais resta un moment assit, gratifiant d'une pensée de remerciements les deux groupes fondateurs de ce projet, qui, après plus de 10 ans d'existence pour l'un et 15 ans pour l'autre, produisent encore de l'electro-dub avec visiblement toujours autant de plaisir et de passion, continuant à porter haut les couleurs d'une scène dont le premier âge d'or est peut-être passé, et qui risque maintenant de se diriger vers des horizons différents.

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   MARTIN

 
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- Martin Nathan (brain damage)
- Lionel Dumas,
- Julien Oresta,
- Dominique Peter,
- Fabrice Oreste,
- Antonin Chaplain (high tone)


1. The Dawn
2. Stereovision
3. Brain Tone
4. Shake Up (feat. Zeb Mc Queen)
5. I Did My Time
6. The Midday Sun
7. Nuclear Ambush
8. Dub On Tune In And Drop Out
9. Zzz
10. Watching You
11. The Dusk



             



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