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2005 Viaticum
2008 Leucocyte
2012 1 301
 

- Style : Tingvall Trio

ESBJÖRN SVENSSON TRIO - 301 (2012)
Par STREETCLEANER le 9 Août 2012          Consultée 1537 fois

Svensson est décédé en 2008. Un bête accident de plongée a fait disparaître ce brillant pianiste et par là même son trio. De toute manière un accident c'est toujours bête. S'en était suivi un excellent album posthume, Leucocyte (2008), que l'on peut recommander à tous ceux qui sont attirés par une musique un peu sombre et énergique, au-delà même des amateurs de jazz. 301 qui est sorti cette année est en quelque sorte un second album posthume. Des chutes d'enregistrements ? Oui et non. Oui, car il s'agit bel et bien de musiques composées en 2007, avant l'accident, au studio 301 de Sydney en Australie. Non, car si on considère la qualité de ces compositions il serait absurde d'y voir des chutes studio ou de simples enregistrements écartés.

E.S.T. (Esbjörn Svensson Trio) fait partie de ces groupes de jazz qui sont à même d'attirer un public hétéroclite, qui n'est pas forcément un fin connaisseur de cette musique que l'on dit ne pas être toujours très accessible. Dans un genre un peu différent on pourrait penser également à Nik Bärtsch pour cette capacité à attirer des publics divers. Inspiré par Keith Jarrett, par Brad Mehldau, mais aussi le rock ou la pop, le trio suédois délivre donc des compositions plutôt « accessibles » tout en restant intègre sur cette exigence de qualité et de subtilité propre au jazz.

Les chutes du précédent album Leucocyte se retrouvent sur ce 301. Ce nouvel album est toutefois évidemment moins surprenant car non seulement l'effet de surprise est passé mais de surcroît 301 est quelque peu moins extrême dans ses atmosphères.

Après une entrée toute en finesse et empreinte de mélancolie « Behind The Stars », qui va plutôt rechercher du côté du temps passé, du temps dont on se souvient avec nostalgie, le trio renoue rapidement avec les frontières musicales dont il a le secret. « Inner City, City Lights » porte admirablement son nom, le trio flirte avec des images d'une grande ville la nuit qui prête plus à la contemplation, avec toujours ce temps qui semble s'étirer indéfiniment. Proche de l'ambient, l'auditeur se laisse facilement embarquer dans cette virée menée par des noctambules (somnambules ?), le paisible et régulier ronronnement de la contrebasse est particulièrement propice à l'endormissement alors que Svensson explore sans brutalité ce paisible territoire plongé au cœur de la nuit. Lors de ce long développement thématique (près de douze minutes tout de même), on remarquera encore une fois l'utilisation de l'électronique, à laquelle le trio a eu souvent recours, toujours à dose homéopathique.

« The Left Lane » est également une composition majeure de cet opus, un long morceau de plus de treize minutes particulièrement dansant (on pourrait penser quasiment à un salon de danse sud-américain qui résonne de la Bossa Nova) qui virevolte carrément avec de s'enfoncer subrepticement dans un long cheminement qui semble être improvisé, ce genre de solo qui a le dont de mettre l'auditeur en transe. On soulignera encore une fois l'osmose parfaite entre ces trois musiciens, et rappelons que toutes les compositions sont complètement partagées et cela s'en ressent parfaitement encore ici.

Leucocyte avait développé un côté percussif assez remarqué. On retrouvera cette caractéristique sur la seconde partie de « Three Falling Free Part II », encore une longue composition de plus de quatorze minutes qui pourrait là encore donner à penser que l'on navigue près des côtes sud-américaines. Un vrai déferlement d'énergie qui n'oublie pas là encore de créer une véritable symbiose pleine de transe (le mystère du swing ?), qui nous fait penser que malgré tout ce morceau est autant, si ce n'est plus, celui de Svensson et de Berglund que celui d'Öström. Cette composition pourrait plaire à ceux qui ont apprécié le dernier opus plus post-jazz du trompettiste Molvaer, Baboon Moon.

301 est un très bel album finalement, on est ici très loin de vulgaires chutes. C'est dire s'il y avait de la belle matière en réserve. Peut-être un peu moins uniforme dans ses atmopshères que Leucocyte, 301 pourrait très bien ne pas constituer le dernier album posthume de ce trio incontournable de cette dernière décennie.

Note réelle : 3,75/5.

Morceaux préférés :

« Inner City, City Lights »
« The Left Lane »
« Behind The Stars »
« Three Falling Free Part II »

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   (2 chroniques)



- Esbjörn Svensson (grand piano, electronics, transistor radio)
- Dan Berglund (contrebasse, electronics)
- Magnus Öström (batterie, voix, electronics)


1. Behind The Stars
2. Inner City, City Lights
3. The Left Lane
4. Houston, The 5th
5. Three Falling Free Part 1
6. Three Falling Free Part 2
7. The Childhood Dream



             



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