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Gershon KINGSLEY - Music To Moog By (1969)
Par WALTERSMOKE le 7 Décembre 2012          Consultée 1109 fois

En 1969, s'il est bien un instrument qui commence sérieusement à  faire parler de lui, c'est bien le Moog. En effet, bien qu'inventé quelques années plus tôt, son appropriation par les acteurs de la musique populaire est de plus en plus forte : ainsi, les Beatles, pour ne citer que les plus connus, en ont joué - de bien piètre manière cependant - sur Abbey Road. Mais c'est bien grâce à l'allemand Gershon KINGSLEY que le potentiel de ce qui allait devenir l'un des plus célèbres synthétiseurs a été pleinement dévoilé sur son premier album solo, le quasi-instrumental Music To Moog By. Certes, ce n'est pas un album totalement électronique : Walter CARLOS l'avait déjà fait en 1968 avec Switched-On Bach, sans compter les expérimentations de LIGETI, XENAKIS et autres STOCKHAUSEN; cependant, ce qui rend cet album plus intéressant, c'est le potentiel tubesque des titres qui le composent, et en particulier un qui est d'ailleurs entré dans l'histoire. Et puis, c'est aussi une preuve que le synthé a sa place auprès des instruments dits classiques.

Ce qui est bien avec Music To Moog By, c'est que, de manière générale, les morceaux sentent bien les années 60 sans pour autant paraître trop dépassés - sauf certains d'entre eux - , que ce soit pour le Moog ou les autres instruments, y compris la rythmique bien typique de ces années; Notons également que les morceaux sont assez courts, oscillant entre 2 et 3 minutes tout en paraissant plus longs qu'en réalité, et de plus, la moitié d'entre eux sont des reprises, ce qui peut faire croire que KINGSLEY n'est pas très imaginatif, d'autant plus que l'album ne dure "que" 25 minutes. Et en effet, le premier titre - le seul à contenir des "paroles", soit dit en passant - ne paie pas de mine, avec ses  "Hey, Hey" assez perturbants et le synthé assez moche; et évidemment, évidemment, à cette époque, qui dit album qui se doit d'être remarqué dit reprise des Beatles, bien sûr ! Il n'empêche, "Nowhere Man" n'est pas dégueulasse pour un sou, et "Paperback Writer", bien qu'étant à la base un titre faiblard, ne devient pas plus moche, bien que pour le coup, le Moog énerve à la longue. "For Alisse Beethoven", quant à  lui, est une intéressante reprise de la célébrissime Lettre à Elise, assez rapide et enlevée, avec le fameux riff dont le caractère cristallin est plaisant à  écouter; les puristes et les fétichistes du piano râleront, mais les autres aimeront.
Mais la plus belle des reprises reste "Scarborough Fair" : déjà, celle de Simon & Garfunkel était sublime, mais là , on va plus loin dans le beau grâce à un formidable duo flûte-Moog soutenue par une guitare acoustique. Magnifique. Par contre, je trouve "Twinkle Twinkle" absolument insignifiant et insipide, pas grand-chose à dire si ce n'est de fuir !

Concernant les titres originaux, il faut admettre que KINGSLEY n'est pas un grand compositeur. J'ai déjà  parlé de "Hey Hey", mais n'oublions pas "Sheila", un machin fleurant bon les sixties et le quart d'heure américain, on s'y surprendrait presque à entendre un mec parler avec une nana qui sort un refrain bien putassier. Quant à  "Sunset Sound", c'est tout aussi ancré dans cette période, mais il est sensiblement meilleur, tout comme le sympathique Trumansburg Whistle.

Mais si Music To Moog By est entré dans l'histoire, c'est surtout qu'il contient le premier tube de musique électronique, le premier succès basé sur un synthé, j'ai nommé "Popcorn" ! KINGSLEY a ici réussi à composer un morceau exceptionnel, sonnant moins daté que les autres, avec des séquences simples mais terriblement captivantes. Comme quoi, écouter du maïs cuire peut inspirer de grandes choses. Le succès sera tel que Popcorn sera repris par bon nombre de musiciens, la plus célèbre étant celle du groupe Hot Butter en 1971, qui achèvera de rendre culte le titre.

Dans l'absolu, il faut admettre que Music To Moog By n'est pas un album formidable, après tout, à part "Popcorn" et "Scarborough Fair", on navigue entre le mauvais et le moyennement bon. Cependant, son importance historique est de taille, du fait qu'il montre qu'un synthétiseur peut être utilisé dans la musique populaire, et non comme curiosité technologique comme l'a pu l'être le thérémine avant que les Beach Boys ne mettent la main dessus. Alors, à moins de détester les sonorités des années 60, l'écoute de cet album sera tout sauf une perte de temps.

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1. Hey Hey
2. Scarborough Fair
3. For Alisse Beethoven
4. Sheila
5. Popcorn
6. Twinkle Twinkle
7. Nowhere Man
8. Sunset Sound
9. Trumansburg Whistle
10. Paperback Writer



             



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