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TAJ MAHAL - The Natch'l Blues (1968)
Par MARCO STIVELL le 11 Février 2013          Consultée 1182 fois

L'activité de TAJ MAHAL en 1968 est assez intense. Quelques mois après le premier album paraît ce Natch'l Blues, en décembre. Entretemps, TAJ ainsi que Ry Cooder sont conviés par les Rolling Stones à participer à leurs projets. Le chanteur noir fait des apparitions dans le film The Rolling Stones Rock and Roll Circus, alors que le guitariste blanc figure sur les trois meilleurs albums des mauvais garçons : Beggars Banquet, Let It Bleed et Sticky Fingers. Cependant (ou devrait-on dire «du coup» ?), Cooder choisit de quitter le groupe de MAHAL et connaîtra la carrière que l'on sait, sillonnant toutes les régions du monde et publiant diverses expériences avec différents musiciens.

MAHAL se rapproche alors de son autre guitariste, Jesse Ed Davis. Ce second album est l'occasion de mettre plus en valeur le talent du descendant des Creek, des Séminoles et des Kiowas. Produit par David Rubinson (collaborateur de Herbie Hancock, Santana et producteur de la musique du futur Apocalypse Now !), The Natch'l Blues se rapproche, plus que le premier opus du son du blues du Delta. D'où sans doute le choix de l'appellation, «natch'l» étant la contraction de «natural» (ouais, natural blues, trente ans avant Moby pour faire un clin d'oeil à mes collègues «branchés» du site). Ce disque est plus roots, avec un choix de blues lents et suffisamment répétitifs pour en devenir hypnotiques, et ce malgré la présence d'une section rythmique puissante (outre Davis, Chuck Blackwell et Gary Gilmore). Et cela peut constituer la qualité de l'ensemble autant que son défaut («Done Changed My Way of Living», bien qu'excellent, dure quand même sept minutes sans variation dans la tourne).

La plupart du temps néanmoins, on se laisse prendre au jeu. Il faut dire que la première face à elle seule se révèle particulièrement intéressante dans l'oeuvre de MAHAL, car entièrement composée par lui-même (avec participation de Davis pour «Corinna») ce qui n'arrivera pas souvent. Nous pouvons donc apprécier ses talents d'auteur et de compositeur. Mettons «Corinna» de côté, et observons ces «I Ain't Gonna Let Nobody Steal My Jellyroll» et «Going Up to the Country, Paint My Mailbox Blue» à la rythmique certes similaire mais qui nous prouvent que même en l'absence de Cooder, l'arrangement de guitares slides comme électriques est toujours soigné, Davis s'amusant même à rajouter des effets en plus d'assurer le piano de main maître. Plus nonchalant, «Good Morning Miss Brown» est un de ces blues torrides, rehaussé par la présence d'Al Kooper au piano (Bob Dylan et Blood Sweet & Tears mais avec qui il jouait plutôt de l'orgue) et figurant parmi les grands classiques de son géniteur. Cependant, celui-ci n'arrive à imposer réellement un standard de cette musique qu'avec «She Caught the Katy and Left Me a Mule to Ride», inspiré par la voix de chemin de fer reliant le Missouri au Texas. Ecrite avec l'icône du country-blues John «Yank» Rachell, c'est l'une de ces chansons «crossover», à la base blues (comme le veut l'harmonica) mais chantée de manière très soul. Elle sera l'un des emblèmes du film Blues Brothers et la chanson favorite du regretté John Belushi.

On vous mentirait donc si l'on vous disait que The Natch'l Blues était un disque de pur blues. «Corinna» s'efforce de faire ressortir les influences folk de TAJ MAHAL dans un slow lui aussi orienté soul, et fort beau par ailleurs. La reprise du traditionnel «The Cuckoo» emploie des éléments rock, bien marqués par la présence du batteur Earl Palmer (Eddie Cochran et tant d'autres). La fin du disque est toutefois plus surprenante, avec les deux derniers morceaux, une ballade et un up-tempo (le seul du disque) pourvus d'arrangements de cuivres signés Davis. Les aspirations Stax sont évidentes, même si l'on ne sait pas que ces titres sont de la main de compositeurs réputés de cette maison de disques. TAJ donne l'impression de marcher sur les plates bandes d'Otis Redding, en réalité non seulement il le fait bien, mais en plus cela donne l'effet d'un hommage émouvant à l'artiste disparu trop tôt, ce qui ne pouvait être fait sur le disque précédent, timing oblige.

The Natch'l Blues se situe comme un nouvel indispensable de TAJ MAHAL, avec sa diversité (pas forcément évidente au départ en raison d'une préférence des tempi lents) mais aussi sa chaleur habituelle.

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   MARCO STIVELL

 
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- Taj Mahal (chant, guitares, harmonica)
- Jesse Ed Davis (guitares, pianos, claviers, arrangements des cuivr)
- Gary Gilmore (basse)
- Chuck Blackwell (batterie)
- + Al Kooper (piano)
- Earl Palmer (batterie)


1. Good Morning Miss Brown
2. Corinna
3. I Ain't Gonna Let Nobody Steal My Jellyroll
4. Going Up To The Country, Paint My Mailbox Blue
5. Done Changed My Way Of Living
6. She Caught The Katy (and Left Me A Mule To Ride)
7. The Cuckoo
8. You Don't Miss Your Water ('til Your Well Runs Dry
9. Ain't That A Lot Of Love



             



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