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HARD ROCK  |  STUDIO

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FREE - Heartbreaker (1973)
Par BAAZBAAZ le 22 Janvier 2013          Consultée 1606 fois

Un miracle. Heartbreaker est l’ultime sursaut d’un groupe à bout de nerf qui consume ici, d’un seul coup, ce qui lui reste d’énergie. Bouillonnant, incandescent, ce disque est une apothéose alors même que FREE semblait irrémédiablement perdu. Personne, en ce début d’année 1973, n’avait anticipé une telle réaction d’orgueil après les déplorables Highway et Free at Last. L’affaire semblait entendue : Andy Fraser parti et Paul Kossoff anéanti par la drogue, la seule issue était la disparition pure et simple. Mais la bête refuse de mourir… Et cela n’en rend que plus précieux cet album époustouflant où s’entremêlent le hard rock brûlant et une mélancolie étouffante.

Au cœur de ce disque violent et désespéré trône « Whishing Well », chanson-monument, dure et désenchantée. Paul Rodgers y hurle tout son désarroi et son impuissance face à la déchéance implacable de son ami Kossoff, dont la mort plane comme une prophétie sur cette musique tellurique et massive. L’espace de quelques instants de grâce, on entend le vieux rêve hippie (« love in a peaceful world… ») se fracasser sur une réalité pathétique, celle où des junkies de génie s’effondrent sous leurs montagnes d’amplis. Bien supérieur à la gentille « All Right Now », bien plus représentatif de l’état d’esprit de FREE, ce cri rageur et poétique reste à ce jour l’un des chefs d’œuvre du groupe.

La suite est à la hauteur : « HeartBreaker » est un hard rock inflexible transcendé par un final aux accents mystiques tandis que le monstrueux mid-tempo « Seven Angels » est un hymne sauvage et venimeux. Avec ces compositions où s’entrechoquent guitares, orgue et piano, FREE atteint une terrible densité de son qui rappelle parfois ATOMIC ROOSTER. Mais tout ici n’est pas que bruit et fureur, loin de là. La lumineuse « Come Together In The Morning » est une autre apogée : d’une beauté et d’une tristesse à couper le souffle, elle installe une ambiance stupéfiante. Et Kossoff, égaré et halluciné, trouve la force d’y faire gicler en quelques notes l’un des deux ou trois plus grands solos de la décennie.

Et pourtant… A l’automne 1972, lorsque le groupe entre en studio, toutes les conditions sont réunies pour une catastrophe. FREE tourne en rond depuis le succès inattendu en 1970 de Fire and Water, et les ventes et la popularité dégringolent au même rythme que l’inspiration. La désertion de Fraser a entraîné le recrutement de deux musiciens, Tetsu Yamauchi à la basse et surtout le très ambitieux pianiste et organiste John "Rabbit" Bundrick dont le talent est indéniable mais dont les relations avec Rodgers se détériorent très vite. Les tensions internes persistent donc et Kossoff s’avère incapable de jouer sur l’ensemble des compositions. A sa grande colère, il est peu à peu évincé et Snuffy Walden de STRAY DOG le remplace régulièrement.

Mais l’adversité génère un grand disque. Rodgers se découvre des réserves inespérées de créativité et s’aventure même sur des terrains nouveaux : « Easy On My Soul » est une chanson atypique à l’arôme presque pop et portée par un piano crépusculaire. Sur Heartbearker, à l’exception peut-être de « Travellin' in Style », écoutable mais peu mémorable, on ne trouve aucune composition défaillante. Le groupe semble avoir enfin trouvé son identité et fait oublier à quel point les deux albums précédents étaient mornes et fastidieux. Il flotte ici comme un parfum de renouveau et de second départ. Mais ce n’est hélas qu’une illusion.

Ce disque est en fait un chant du cygne. FREE se désintègre définitivement après sa sortie et tout se termine brutalement en février 1973 après une dernière tournée. C’est la fin d’un groupe déroutant qui n’a pas cessé de se remettre en question, quitte à tâtonner et à s’égarer parfois dans des impasses. Et Heartbreaker est alors la preuve d’un immense potentiel qui, jusqu’au bout, est resté en partie inexploité voire gâché. Cette impression d’inachèvement ne s’est d’ailleurs jamais estompée. Fraser a disparu de la circulation et l'astre Kossoff s’est éteint en 1976. Rodgers et Kirke ont fondé BAD COMPANY, rencontrant à nouveau le succès avec une musique honnête mais plus monotone et peu ambitieuse. On n’écrit pas deux fois l’histoire du rock.

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   BAAZBAAZ

 
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- Paul Rodgers (chant, guitare)
- Paul Kossoff (guitare)
- Snuffy Walden (guitare)
- John 'rabbit' Bundrick (piano, orgue)
- Tetsu Yamauchi (basse)
- Simon Kirke (batterie)


1. Wishing Well
2. Come Together In The Morning
3. Travellin' In Style
4. Heartbreaker
5. Muddy Water
6. Common Mortal Man
7. Easy On My Soul
8. Seven Angels



             



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