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FREE - Free At Last (1972)
Par BAAZBAAZ le 2 Décembre 2012          Consultée 1553 fois

Free at Last est une catastrophe. C’est l’incarnation de la déchéance dans laquelle est tombé FREE en cette année 1972. Le premier signe visible en est d’ailleurs la pochette absolument hideuse qui contraste avec le sans-faute classieux dont le groupe avait su faire preuve dans ce domaine. Et les apparences ne trompent pas. Le contenu est en phase avec le contenant : entre boogie poussif (le bas du front « Catch a Train ») et lamentations anesthésiantes (le triplé infernal « Soldier Boy », « Magic Ship et « Sail On », plus efficace que n’importe quel somnifère), le disque est un calvaire d’une platitude exaspérante. Même le pseudo-hit « A Little Bit of Love », vaguement groovy, s’avère vite lassant. Une telle dégringolade est tout bonnement stupéfiante après tant de sommets atteints… On en pleurerait presque de déception.

Comment expliquer cette décadence ? Les détracteurs auront beau jeu d’affirmer que les défauts devenus ici flagrants (banalité et monotonie) étaient déjà présents sur les grands classiques du groupe. Mais ils n’y entendent rien. Les fans, eux, savent que quelque chose s’est brisé au fil des années et que la musique qu’ils appréciaient tant a perdu de son lustre et de son efficacité. Mais c’était sans doute prévisible… En janvier 1972, après un break de plusieurs mois, FREE se reforme à la va-vite, repart en tournée et débute l’enregistrement d’un nouveau disque. La séparation motivée par l’échec mérité de Highway fut donc de courte durée : le succès d’un single élégant (le très pop « My Brother Jake ») et d’un album live furieux sorti en septembre 1971 a aidé à relancer la machine en remotivant les troupes.

Le sauvetage de Paul Kossoff, guitariste éblouissant détruit par la drogue, est également à l’ordre du jour. La lente agonie du groupe a renforcé son addiction et il entame alors une longue errance faite de désintoxications et de rechutes. La reformation apparaît donc avant tout comme un moyen désespéré de le maintenir en vie. Mais composer un album ne s’improvise pas, et FREE se retrouve dans la situation de se forcer, d’écrire sans inspiration alors même que le tandem formé par les deux songwriters Paul Rodgers et Andy Fraser ne fonctionne plus et tourne à vide. Il faut dire qu’il s’agit ni plus ni moins que la cinquième fois en trois ans qu’ils se retrouvent en studio. Qui pourrait tenir ce rythme en demeurant créatif ? Peu de musiciens, dans ce contexte, auraient pu faire mieux que ce lamentable Free at Last.

A la fin du disque, quelques chansons apaisées sauvent l’ensemble d’une déroute complète. Ainsi, « Gardian of the Universe » ou « Child » prouvent que FREE conserve, malgré le déclin, sa capacité à concevoir des ambiances captivantes. Mais elles ont un goût d’inachevé et ressemblent plus à des démos qu’à des compositions pleinement abouties. Le talent individuel n’est pourtant pas en cause et Rodgers, notamment, chante mieux que jamais. Mais cela ne suffit pas. Car le martyre continue : au grand désarroi de ses fans, Kossoff est incapable de tenir sa place lors des concerts et Fraser, excédé, s’en va définitivement au moment de la sortie de l’album. Le petit génie d'à peine vingt ans, si prometteur, se perdra dans l’oubli. En ruine, le groupe a creusé sa propre tombe. Mais il n’est pas tout à fait mort. A l’horizon s’annonce un dernier chef d’œuvre…

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METRIC
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- Paul Rodgers (chant)
- Paul Kossoff (guitare)
- Andy Fraser (basse)
- Simon Kirke (batterie)


1. Catch A Train
2. Soldier Boy
3. Magic Ship
4. Sail On
5. Travellin' Man
6. Little Bit Of Love
7. Guardian Of The Universe
8. Child
9. Goodbye



             



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