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- Membre : The Mount Fuji Doomjazz Corp.

CHARLOTTE & MAGON - Life Factory (2013)
Par MR. AMEFORGEE le 16 Mars 2013          Consultée 889 fois

Charlotte Cegarra et Alon Magen, duo à la scène comme à la ville, comme on dit, avaient sorti en 2009 un premier album de pop planante, qui nous parlait, avec un certain romantisme un peu kitsch, d'amour. A présent, avec Life Factory, il est question de rock élégant, équilibré et bercé de pénombre : l'amour est pris dans les engrenages de la vie d'usine. Le premier album n'était pas dénué de charme, mais le résultat ici est d'une autre ampleur.

Germinal d'Emile Zola, les Temps Modernes de Charlie Chaplin, ainsi que l'expérience personnelle des deux leaders, nourrissent l'imaginaire de l'album, qui apparaît comme une sorte de récit en sept chapitres aux proportions resserrées de chansons pop, qui nous dit l'angoisse et le désenchantement, et la lutte pour s'en sortir.

Charlotte Cegarra, dont on avait déjà pu apprécier les vocalises mystérieuses chez The Mount Fuji Doomjazz Corporation, occupe le premier plan, chant clair sans afféteries, à taille humaine. Rejointe à l'occasion par Magon en spoken words. Derrière eux, telle l'imposante architecture d'usine, s'organise l'infaillible machinerie des arrangements, lignes de guitares fluides et sous-accordées, effets de vieux synthés, aigres, miroitants ou caoutchouteux, batterie à la fois répétitive et dynamique, comme un jeu d'engrenages inépuisables. Un ensemble d'une minutie accablante, en même temps qu'accrocheur. Radiohead en noir et blanc. In Rainbows en sombre et sobre. Vraiment sombre, mais faussement sobre.

On ne passera pas tous les morceaux en revue, car ils valent tous le coup. « Modern Times » nous embarque direct et « The Mining » enfonce le clou. De la même manière que ce second titre, d'ailleurs, « Motoroïde », fait figure d'exemple remarquable. Derrière l'impression de structure implacable, on perçoit comme des bouffées de psychédélisme qui cherchent à s'échapper.

Le titre le plus long, « Dice », d'environ sept minutes, fait exception au style globalement adopté, dans la veine de Pink Floyd. On s'attendrait presque, après l'introduction tout en nappes de claviers, à entendre la voix de David Gilmour. Cela ira crescendo jusqu'à un solo distordu et quelques accords brisés en guise de conclusion.

Le dernier morceau, ballade d'une beauté vaporeuse, débarrassé de cette batterie robotique, nous chante la quiétude retrouvée. Le texte, qui nous parle de germination et du retour du printemps à la manière de Germinal, n'adopte toutefois pas les accents épiques et prophétisants de Zola. Il n'est pas question de chanter les luttes sociales et le soulèvement de la masse des ouvriers : juste la liberté modeste d'un couple enfin retrouvée.

S'il n'y a pas vraiment de tubes, au sens pop du terme, l'album témoigne d'une finesse et d'un sens de la construction appréciables. Il ne faut pas se laisser abuser par l'apparente sobriété de l'abord : les arrangements, jamais étouffants, sont d'une agréable subtilité. L'on ne se douterait jamais que le groupe a utilisé une dizaine de modèles différents de synthétiseurs. Et le charme du chant fait le reste. Life Factory est un album solide, avec une ambiance et une vraie identité. A écouter.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Charlotte Cegarra (chant, choeur)
- Magon (guitares, chant, choeur)
- Udi Naor (batterie, percussions)
- Raz Burg (claviers)
- Yonatan Levy (basse)
- Arnon Naor (guitares, lap steel)


1. Modern Times
2. The Mining
3. Dice
4. Shellshock
5. Motoroïde
6. Black Horses
7. Germination



             



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