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The SKINTS - Part & Parcel (2013)
Par KLEMAN le 5 Mars 2013          Consultée 853 fois

Ça sort de l'Est londonien, ils viennent tout juste de sortir ce premier album (quelques singles, un EP et un live auparavant quand même) et tournent déjà un peu partout en Europe.

Ce qui est intéressant chez les Skints, c'est qu'on ne sait pas trop où les placer. Quand on voit leurs gueules, on se dit que c'est forcément un peu du commercial. Quand on regarde le clip de « Rat-a-tat », on y voit un esprit punk-rock (presque anar), des réminiscences des Mods et du premier mouvement skinhead de 68. Certaines de leurs compos sont bien fat (autant au niveau du son qu'au niveau des textes), d'autres sont bien plus légères voire carrément futiles. Parfois roots, parfois ska, lovers-reggae ou dub, voire hip-hop, mais jamais vraiment tout en même temps. En tout cas, il ne ressort pas de cet album une identité précise à laquelle s'accrocherait le groupe.

Du coup, y a un peu deux écoles : soit on les considère comme des opportunistes surfant sur plusieurs modes pour tenter de rallier le maximum de monde dans un délire de popularité (sans vraiment d'identité précise donc), soit on les considère comme des zikos qui font ce qui leur plaît, quitte à faire des trucs parfois diamétralement opposés, et qui se foutent du qu'en-dira-t-on (qui se foutraient d'avoir une identité précise).

À l'écoute de leur album, pour ma part, ça a donc été une sorte de succession de « whouah » et de « mouais » à chaque piste. Ce qu'il faut avant tout reconnaître, c'est que leur son est frais et surprenant. « Rat-a-tat » et « Rise Up » sont indéniablement les deux gros hits de l'album. « Rise Up », avec son refrain racoleur, est vraiment séduisante. Les reprises de Parly B en featuring passent très bien, comme les couplets de Joshua Waters Rudge (le guitariste) en mode rap. Beaucoup de musicalité, mélodica, sax, claviers, belle production, à voir ce que ça donne en live ... puisqu'ils ne sont que quatre sur scène. Et puis « Rat-a-tat » avec des claviers crunchy, la voix un peu soul de Marcia Richard (qui nous rappelle beaucoup celle de Hollie Cook, la grosse découverte londonienne de fin 2011), des gros breaks, et des flows aux micros hyper rapides se rapprochant du hip-hop ricain… À noter également les lignes de basse chaudes, discrètes en un sens, mais terriblement efficaces.

Cette entrée en matière donne l'eau à la bouche, mais malheureusement la suite de l'album se perd un peu. « Just can take no more » est plus roots, plus banale, plus passe-partout, avec un côté « lovers » un peu pop assez cher aux Anglais de manière générale… ça casse pas des briques, mais ça passe. Je passe sur « Live East, die young » et « Ring Ring », respectivement une compo qui pourrait être de Babylon Circus plutôt moyenne et un reggae lover vraiment très très bof.

Un peu plus de réussite sur « Lay you down », un ska très dansant, mais sans grande originalité malheureusement. Le break reggae est pourtant assez bien réussi, mais il manque un petit quelque chose au groupe pour en faire une compo vraiment bonne.

Une petite balade reggae plus tard (« Sunny Sunny »), on retrouve un morceau vraiment très intéressant qu'est « Rubadub » : on commence sur un tempo ska, qui tient assez longtemps dans un univers un peu étrange. Des petits figures rythmiques, des breaks/ponts au chant par Joshua Waters Rudge et puis, deux minutes après le début de la chanson, tout s'écroule d'un coup, et on débarque dans un reggae-dub qui n'a a priori rien à voir avec le début de la chanson (tonalité et rythmique complètement changées). On se retrouve du coup dans quelque chose de planant, renforcé par les effets dub à la post-prod, ça dure trente secondes. Et puis il se passe ce truc dont on ne se doute pas du tout, c'est le retour assez naturellement à la tonalité de début qu'on imaginait complètement perdue, mais sans quitter la rythmique et l'univers dub fraîchement installés. C'est très bien vu, subtil, et trente secondes plus tard la piste se termine brutalement. Bim ! Chapeau pour l'arrangement !

À noter sur la fin de l'album « Soundboy », un gros dub bien fat, qui cependant sombre un peu au bout de deux ou trois minutes. « Up against the wall riddim », bien énergique, qui laisse une bonne place aux chanteurs, avec cette petite ritournelle aux claviers qui allège et relève le tout agréablement.

Un album surprenant donc par sa diversité : parfois terriblement décevant, on y trouve cependant quelques vraies perles musicales à retenir. Peut-être à voir en live pour se faire un avis plus tranché sur le groupe … ?

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- Jamie Kyriakides (chant, batterie)
- Joshua Waters Rudge (chant, guitare)
- Jonathan Doyle (basse)
- Marcia Richards (chant, clavier, saxo alto, melodica, flûte travers)


1. Rise Up
2. Rat-a-tat
3. Can't Take No More
4. Live East Die Young
5. Ring Ring
6. Lay You Down
7. Sunnysunny
8. Rubadub (doneknow)
9. Up Against The Wall Riddim
10. Soundboy
11. Youbetter



             



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