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ENTER THE HAGGIS - The Modest Revolution (2013)
Par GEGERS le 29 Avril 2013          Consultée 1147 fois

L'idée trouvée par les vétérans du rock-folk-pop celtique que sont les ENTER THE HAGGIS pour composer leur nouvel album, le huitième, est tout bonnement géniale. Le groupe s'est en effet lancé le défi de créer un opus intégralement basé sur le contenu d'un journal, en l’occurrence The Globe and Mail, célèbre quotidien canadien, daté du 30 mars 2012. Un choix de date totalement aléatoire, et qui aurait pu être anecdotique s'il n'avait pas permis au groupe d'accoucher d'un chef-d'oeuvre. Avec 1500 copies du quotidien sous le bras (ces dernières ont été envoyées aux premiers acheteurs de l'album), ENTER THE HAGGIS (ETH), le groupe s'attelle à sa tâche. Une gageure pleine d'incertitudes. Et si, le 30 mars 2012, le Globe and Mail n'avait rien eu d'intéressant à raconter ? Une ineptie, bien sûr. Les journaux, de la une à la rubrique des chiens écrasés, regorgent d'histoires, de bouts de vie, qui peuvent fort aisément nourrir un artiste. Brian Buchanan, compositeur principal du groupe, a trouvé dans les pages économiques, les avis de décès, les pages sport et les faits divers de quoi écrire bien plus qu'un album. ETH vient en effet de pondre l'instantané d'une époque.

Les textes, tout naturellement, deviennent l'intérêt majeur de ce nouvel album. On découvre l'histoire de cette femme de 65 ans qui a décidé de gravir les sommets les plus hauts de chaque continent ("Can't trust the news"). Une manchette discrète dans le quotidien, qui se voit mise en valeur pour devenir un texte fort, empreint d'une foi profonde en l'humanité. Dans les avis de décès, la mort du célèbre joueur de banjo Earl Scruggs donne naissance à un texte inspiré consacré au besoin irrépressible de jouer de la musique ("Down the line", tandis que "Footnote" traite de cette femme décédée qui laisse derrière elle enfants, mari, ainsi que l'homme de sa vie. Buchanan reconstruit autour de cette mystérieuse nécrologie une vie, des espoirs, des aspirations, des déceptions, d'une manière très poétique. Même l'article consacré à la saison mitigée de l'équipe de hockey des Toronto Maple Leafs se voit mis en texte, "Blackout" jouant avec subtilité et usant de métaphores pour traiter de l'importance et du symbolisme du hockey dans la société canadienne actuelle.

Tour de force littéraire, The Modest Revolution est également une pépite musicale. Plus hargneux que le précédent opus d'ETH, Whitelake, grâce à la présence renforcée de la guitare électrique, le nouvel album présente un joyeux fourre-tout d'une quinzaine d'instruments divers et variés qui ont tous voix au chapitre. L'enveloppe musicale reste la même : un savant mélange entre rock, pop et folk, sur lequel viennent s'intégrer des influences celtiques savamment dosées. Chacun des instruments est ici utilisé avec justesse et bon goût, à l'image des trompettes sur "Can't trust the news", de l'accordéon de "Scarecrow", de l'harmonica de "Down the line" ou des cornemuses de "Year of the rat". Les guitares restent omniprésentes, et le retour de la distorsion permet au groupe de donner naissance à des morceaux plus vindicatifs porteurs d'une variété bienvenue, à l'image de l'excellent "Blackout", coup de boost bienvenu en fin d'album. En mettant tour à tour en avant sa facette pop ("Up in lights"), sa facette rock ou sa facette traditionnelle (impossible de ne pas se croire dans un ceilidh endiablé à l'écoute de "Balto"), ETH évite tout temps mort et baisse de régime. Les ambiances, tantôt porteuses d'une énergie brute, tantôt plus contemplatives, se voient magnifiées par les nombreuses harmonies instrumentales et vocales qui donnent à l'album une richesse insondable.

Le pouvoir des petites choses du quotidien se vérifie avec The Modest Revolution, un album audacieux qui donne un véritable coup de fouet à la carrière des Canadiens d'ENTER THE HAGGIS. Empli de saveurs, d'histoires et d'ambiances, l'opus se laisse écouter avec un plaisir constant et renouvelé. Du grand art pour un groupe qui renvoie les Mumford & Sons et autres jeunots aux dents longues à leurs chères études.

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- Mark Abraham (chant, basse)
- Brian Buchanan (chant, guitare, piano, accordéon, violon, banjo)
- Craig Downie (trompette, cornemuse, flûte, harmonica)
- Trevor Lewington (guitare, banjo, mandoline)
- Bruce Mccarthy (batterie, percussions)


1. Year Of The Rat
2. Can’t Trust The News
3. Down The Line
4. Scarecrow
5. Balto
6. Letters
7. Pardon
8. Hindsight
9. Footnote
10. Copper Leaves
11. Blackout
12. Up In Lights



             



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