Recherche avancée       Liste groupes



      
INDIE ROCK/PSYCHé/NOISE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


AKRON/FAMILY - Sub Verses (2013)
Par SUNTORY TIME le 31 Juillet 2013          Consultée 940 fois

AKRON/FAMILY est de ces groupes originaires de la région de Portland qui n'hésitent pas à mélanger les styles sans se soucier de garder une ligne directrice précise. Artistiquement, c'est ambitieux et courageux; publiquement parlant, c'est beaucoup plus casse-gueule. Ces petits protégés de Michael Gira, leader des SWANS et des ANGELS OF LIGHT, ont, en 8 ans, un parcours des plus bizarres, parsemé de virages serrés. Ces pseudo baba-cool aux allures de bûcherons ne se limitent pas à des folk songs psychédéliques gentillettes... Ils savent manier l'électricité d'une manière assez surprenante. Le précédent opus au titre à rallonge était une sorte d'aboutissement entre le rock psychédélique, la folk et les expérimentations électroniques, réalisant une mixture particulièrement déroutante, sorte de déconnade expérimentale où chaque musicien semble avoir composé sous acide ou autre stupéfiant du genre. Et je ne parle pas des versions alternatives de ce même album, que l'on découvrait en téléchargeant l'album illégalement !

Avec ce nouvel opus, déjà le septième du trio, on assiste à une nouvelle évolution.
Sub Verses n'est pas aussi barré que ses prédécesseurs, mais il est incroyablement pêchu.
Dès les première minutes de "No Room", on est surpris par la puissance de la production, explosive. A/F met de côté les expérimentations pour laisser place à un rock très noisy et déchaîné. C'est entraînant, jouissif même, mais aussi éreintant. Cette débauche d'énergie ne se vit pas à la légère, il faut être prêt physiquement parlant à ingurgiter ces 10 titres.

Si le ton est résolument rock, j'ai davantage l'impression d'entendre des chansons folk qui auraient pris 100 000 volts subitement. Dans certaines ambiances, on retrouve un certain esprit psychédélique, mais le ton reste clairement au noise. Après un "No Room" qui fait office de monumentale ouverture, "Way Up" vient enfoncer le clou par sa rythmique quasi-martiale et des choeurs intenses et mélodieux. "Until the Morning", single de l'album, calme légèrement le jeu avant un "Sand Talk" encore plus déjanté que les deux premiers titres. Mais "Holy Boredom" remporte la palme de la folie furieuse, voix trafiquées, hurlements, saturation des instruments... cette purée sonore est aussi excitante que destructrice. Et "Sand Time" fait écho à "Sand Talk" dans la puissance et l'urgence des guitares saturées.

Heureusement que des morceaux plus calmes permettent à l'auditeur de respirer entre chaque décharges électriques. "Sometimes I" se distingue du reste de Sub Verses par sa lenteur atmosphérique et sa noirceur, comme une menace qui plane (sans aucun doute "Holy Boredom" ...). "When I Was Young" détonne par son côté slow avec saxo et guitares bourrées d'échos, mais s'avère un peu rébarbative à la longue. Quant à "Samourai", le titre est trompeur car cette chanson n'a rien de tranchant et clôt l'album sur une note douce et apaisée.

Sub Verses, comme ses prédécesseurs, risque de diviser les amateurs d'AKRON/FAMILY, les plus exigeants regretteront sans doute l'absence des expérimentations déjantées et seront déroutés par les compositions plus simples mais à la production féroce. C'est un parti pris risqué, mais plus qu'honorable, et Sub Verses est au final une vraie réussite. Si son prédécesseur avait quelque chose d'éruptif (d'où le volcan de sa pochette), Sub Verses est une succession d'impacts de foudre particulièrement bruyants.

De surcroît doté d'une belle et énigmatique pochette, Sub Verses est un disque plein d'entrain, d'énergie pure grâce à des mélodies très abouties et d'une énergie bruitiste détonante. Mais gare à la surdose, il peut devenir épuisant. A consommer avec modération. Comme toutes les bonnes choses en somme.

Note réelle: entre 3,5 et 4

A lire aussi en FOLK par SUNTORY TIME :


Neil YOUNG
Rust Never Sleeps (1979)
Docteur Neil & Mister Young !

(+ 2 kros-express)



Bruce SPRINGSTEEN
The Ghost Of Tom Joad (1995)
Le Boss sur les traces de Steinbeck

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez





 
   SUNTORY TIME

 
  N/A



- Dana Jensen (chant, instruments)
- Miles Seaton (chant, instruments)
- Seth Olinsky (chant, instruments)
- Jason Kardong (pedal steel guitar)
- Eyvind Kang (arrangements de cordes)


1. No Room
2. Way Up
3. Until The Morning
4. Sand Talk
5. Sometimes I
6. Holy Boredom
7. Sand Time
8. Whole Word Is Watching
9. When I Was Young
10. Samurai

- bonus White Vinyl Limited Edition
1. Soul I Know
2. World Is Tired



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod