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- Membre : King Crimson, Robert Fripp

GILES, GILES AND FRIPP - The Cheerful Insanity Of Giles, Giles And Fripp (1968)
Par WALTERSMOKE le 12 Décembre 2013          Consultée 1226 fois

Parfois, chercher l'origine de certaines choses peut déboucher sur des surprises des plus étonnantes, notamment en musique. Il est alors difficile de concevoir le fossé entre les débuts d'un musicien et la période pour laquelle il est le plus connu. L'album dont il est question ici est un cas d'école. Mesdames et messieurs, voici The Cheerful Insanity of Giles, Giles and Fripp, le premier enregistrement avec Robert Fripp, le cerveau de King Crimson.

La première fois que j'ai vu la pochette, j'ai failli me foutre une claque. Non seulement elle relève d'un kitsch excellent tellement elle est mauvaise, mais surtout, c'est Robert Fripp qui attire (déjà) toute l'attention. Pour qui connait l'homme qui déverse des riffs et des mélodies sans sourire ni se lever, il sera forcément choqué de le voir...arborer un sourire niais. Robert Fripp. Oui. Déjà qu'il s'est fait engager par les frères Giles alors que ces derniers cherchaient plutôt un chanteur, voilà qu'il leur vole la vedette.
Mais le plus important ici, c'est bien sûr la musique. Il n'est certainement pas question d'écouter du proto-prog, et encore moins les versions embryonnaires de ce qui deviendra King Crimson. The Cheerful Insanity of Giles, Giles and Fripp est un album de pop anglaise, typique de son époque et fortement influencée par les Beatles, entre autres. Au niveau de la recherche musicale, il est tout à fait logique de fuir un album sans épaisseur musicale...si l'on est persuadé que seul le rock progressif en est doté. Pour apprécier l'album, il faut savoir composer avec la pop et le cabaret, comprendre que The Cheerful Insanity déploie ses histoires, ses structures afin de raconter des pièces théâtrales comiques. Autrement dit, il sera non constructif de détruire l'album avec un argumentaire du style « Beuh c'est pas du King Crimson, c'est moche ! ».

En termes de structure, The Cheerful Insanity se sépare en deux parties, une par face de vinyle. La première, "The Saga of Rodney Toady", raconte l'histoire d'un homme particulièrement moche et mal-aimé. En huit actes, les frères Giles et Fripp façonnent une musique so british et charmante, sans prise de tête quelconque. Les chansons, entrecoupées par le récit de Rodney Toady, s'enchainent facilement et rapidement, le format court aidant fortement. L'influence jazz est également fort perceptible, notamment sur le sympathique "Digging my Lawn". Globalement, "The Saga of Rodney Toad" est assez calme, sauf avec "The Crukster", où Fripp s'emporte à la guitare afin d'appuyer l'importance du passage narratif. C'est également une suite qui aurait gagnée à perdre quelque peu en sucre musical.

La deuxième histoire, "Just George", est a priori bien bête. Cette fois, les interludes vocaux se contentent de parler d'un homme appelé George. Autant dire qu'il vaut mieux se focaliser sur le reste. Encore que parler de reste serait manquer de respect à une face bien meilleure que la face A, notamment grâce à des compositions pop plus travaillées. C'est d'ailleurs là qu'on retrouve "Elephant Song", et sa mélodie aux cuivres en guise de refrain exquise. S'y trouve aussi "The Sun is Shining", un slow sirupeux à vous faire vomir des marshmallows. Mais le plus gros réside dans les deux derniers morceaux, deux pavés composés par Fripp. Le premier, "Suite no.1", est un instrumental qui sert de démonstration de force du guitariste. Techniquement, il n'y a rien à dire, il est impossible de faire un reproche au futur leader de King Crimson, mais s'il y a une partie centrale où ce dernier lâche sa six-cordes, la durée de "Suite no.1", 5 minutes, rend le morceau difficile d'écoute. Enfin, "Erudite Eyes" se pose en synthèse de l'album dans un premier temps, avant d'exploser dans un final des plus enragés et tranchant avec le reste.

Les frères Giles et Robert Fripp n'ont rien inventé sur The Cheerful Insanity. Au contraire, ils s'inscrivent parfaitement dans le courant de leur époque, malgré quelques audaces osées sur leur premier et unique disque. The Cheerful Insanity n'est pas un mauvais album, juste que son âge et surtout sa direction artistique font qu'il se doit d'être apprécié comme un disque sans grande ambition, et surtout sans comparaison avec un certain roi qui s'apprête à monter sur son trône.

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   WALTERSMOKE

 
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- Peter Giles (basse, chant)
- Michael Giles (batterie, chant)
- Robert Fripp (guitare)
- Ted Barker (trombone)
- Cliff Hardy (trombone)
- Raymond Cohen (violon)
- Boris Pecker (violon)
- Gerry Fields (violon)
- G. Salisbury (violon)
- Kelly Isaacs (violon)
- William Reid (violon)
- John Coulling (alto)
- Rebecca Patten ( alto)
- Alan Ford (violoncelle)
- Charles Tunnell (violoncelle)
- Ivor Raymonde (arrangements)
- Mike Hill (claviers)
- Nicky Hopkins (claviers)
- The Breakaways (choeurs)


- the Saga Of Rodney Toady
1. North Meadow
2. Newly-weds
3. On In A Million
4. Call Tomorrow
5. Digging My Lawn
6. Little Children
7. The Crukster
8. Thursday Morning
- just George
9. How Do They Know
10. Elephant Song
11. The Sun Is Shining
12. Suite No.1
13. Erudite Eyes



             



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