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ATARI TEENAGE RIOT - The Future Of War (1997)
Par NOSFERATU le 10 Janvier 2015          Consultée 1105 fois

Berlin fin des années 80, un certain Alec Empire cherche son cheminement musical… Idéologiquement, il se retrouve dans les idées radicales d’une extrème gauche antinazi (antifaf comme on dirait de nos jours) tendance bande à Baader (proximité locale oblige). Il s’agit de rechercher (search and destroy ?) maintenant le révetement sonore, suivant, en cela, la trace de tous les punks rockers révolutionnaires antérieurs (MC5, CLASH, DEAD KENNEDYS…). Après avoir touché du hip hop durant une adolescence forcément tourmentée, il se lance dans le punk rock et la techno tout en s'intéressant à l'héritage du "kraut rock" et du rock industriel. Avec quelques malfrats qui sont aussi en recherche de terrorisme sonore et politique, il trouve le compromis en mélangeant ces genres musicaux abrasifs… On appelera çà du « digital hardcore ».

Le troisième album d'ATARI TEENAGE RIOT, un nom qui présage une halllucination bruitiste, sort en 97. A cette époque Alec Empire dénonce la récupération de la techno par d’insipides manifestations de masse, à caractère finalement néo hippie, à travers les « Love parade » de Berlin. C'est leur opus le plus extrème, certainement l'un des plus bruyants de l’histoire du rock, une sorte de « Fun house » réalisé par des cyberpunks. Le précédent « Delete yourself » avait une tonalité plutôt techno metal, « The future of war » lorgnera, lui, vers un punk rock moderne (des titres des PISTOLS, SHAM69, BAD BRAINS et autres NIRVANA ont été copieusement samplés dans la discographie d'ATR) bien ancré dans le contexte musical des « nineties » où de salutaires fusions hier encore improbables, entre différents styles extrèmes, apparaissent.

« Get up » commence ainsi par des bruits industriels à la NEUBATEN - grands frères locaux ! -, puis part à 200 à l’heure pour se terminer par des sonorités de jeux vidéos détraqués. On y entend des samples punk hardcore et le tout finit dans l’hystérie la plus totale. “Sick death” sonne comme du X RAY SPEX, version techno gabber. Dans “Press”, les choeurs “oi” sont de rigueur donnant un parfum “punk not dead” années 80, toujours avec cet infernal broyage electronique. La fille du groupe, charmante harpie dénommée Hanin Elias, hurle comme une cinglée sur la drum and bass déjantée de “Deustchland (has gotta die)”. L’Allemagne subit encore une fois les affres de l’Armée rouge avec une telle semonce !!! Dans tout album de punk rock, il y a un hymne, il faut un “I wanna be your dog”, un “Anarchy in the U.K.”. Ici c’est le dévastateur“Destroy 2000 years of the culture” qui joue ce rôle, avec ses riffs de SLAYER samplés. Les deux groupes collaboreront d’ailleurs peu après sur la tuerie de la bande son du film “Spawn”. On y retrouve des rythmiques hip hop qui renvoient celles de PRODIGY - des sociaux traitres pour Alec empire - à de la “lounge”pour playmobils !!!! D’ailleurs, quand j’entends le mot culture, je sors ce titre infernal (Hum !) …

”Not in your business” ressemble à du VICE SQUAD passé à la moulinette "breakcore”. Sur You can’t hold us back”, le chant féminin fait penser aux “spoken words” bien désespérés de l’inquiétante sorcière “no wave” Lydia LUNCH. “Redefine the enemy”, étrange rap futuriste noisy annonce presque les futurs travaux destroy de DEATH GRIPS. “Deathstar” est apocalyptique, c’est un TRIP HOP poisseux à souhait. L’album se termine sur un tsunami sonore : “The future of war”, avec ses passages terriblement CRASSiens. Sur ce brulot incandescent, vous pouvez sortir les armes, descendre dans la rue et tout détruire. Une suite logique, vingt ans après du “no future” des PISTOLS…

Après un tel laminage du conduit auditif, on ressort exténué, sans voix, et on regarde par la fenêtre si le grand soir a bien eu lieu… Pour ATR, la revolution ne peut être que sanglante ou ne sera pas… En tout cas, on compte les morts…. Certainement l’album qui a annoncé véritablement la mort du rock, après euh… La suite de cette histoire bruyante est peut être chez les hallucinants WOLF EYES, dont les disques incarnent la veritable bande son des années post 11 septembre…

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   NOSFERATU

 
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- Alec Empire (vocaux, samples)
- Carl Crack (samples)
- Hanin Elias (vocaux, samples)
- Nic Endo (vocaux, samples)


- get Up While You Can
- fuck All!
- sick To Death
- p.r.e.s.s.
- deutschland (has Gotta Die!)
- destroy 2000 Years Of Culture
- not Your Business
- you Can't Hold Us Back
- heatwave
- redefine The Enemy
- death Star
- the Future Of War



             



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