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- Style + Membre : José James , Kris Bowers

Takuya KURODA - Rising Son (2014)
Par MANIAC BLUES le 16 Janvier 2015          Consultée 889 fois

Son nom ne laisse pas planer un grand mystère sur ses origines. Takuya Kuroda est natif du Japon. Il a quitté Kobe pour rejoindre la mère patrie du jazz en 2000. A trente-trois ans, Takuya vit désormais à Brooklyn, bien installé dans le milieu du jazz new-yorkais. Pour preuve, il a même rejoint l’écurie Blue Note. Effectivement, son quatrième album solo, Rising Son, porte le logo du prestigieux label qui a fêté en 2014 ses soixante-quinze ans d’existence. Et Blue Note les porte plutôt bien, ces trois quart de siècle. Fringuant, jeune, dynamique, le label a su évoluer et faire signer la fine fleur du jazz actuel. Ces dernières années, des gars comme Robert Glasper, José James (on y reviendra), Derrick Hodge ont su régénérer le jazz contemporain en s’inspirant du hip hop, du R’n’B et de la soul.

Revenons donc à José James qui, dans la peau du producteur de Rising Son, a su mettre en valeur le talent de Takuya Kuroda. Le trompettiste, car oui Takuya Kuroda joue de la trompette, est un ami de longue date de José James. Il a fait partie de son groupe et a marqué l’album No Beginning No End de son empreinte cuivrée. Chanteur de jazz protéiforme, José James a encouragé Takuya Kuroda a se moderniser, à sortir des carcans classiques du jazz, bref à être hip hop dans l’esprit.

Et Takuya Kuroda a écouté José James. Il a d’ailleurs eu la bonne idée de s’entourer du groupe de son ami producteur. L’excellent Kris Bowers est aux claviers, tandis que Solomon Dorsey assure les parties de basse. Ce collectif, qui a fait ses preuves, Bowers ayant lui-même enregistré un superbe album solo en 2014, donne une ampleur à Rising Son. Très dynamique, la rythmique installe un climat accrocheur, moderne, grâce à la batterie de Nate Smith qui imprime un tempo hypnotique. Les volutes esquissées par Bowers créent un terrain propice à l’épanouissement de la trompette de Kuroda.

Ce dernier compose une grande partie des morceaux, excepté « Everybody Loves The Sunshine » et « Green And Gold » du fameux Roy Ayers. La première reprise est une excellente surprise, José James y est aussi cool que d’habitude, toute en décontraction, chaleur et charme, tout comme l’inspiré Kuroda, partagé entre son rôle de leader et l’habitude de n’être que l’accompagnateur de l’omniprésent chanteur.

Les influences africaines viennent aussi ajouter un parfum inattendu. Le très classique « Afro Blues », sans doute pas ce que l’album offre de meilleur, rappelle l’expérience de Takuya Kuroda au sein d’Akoya, un groupe Afrobeat. Les mélodies, les rythmes et les impros y sont sans doute trop prévisibles, surtout après le jazz urbain de « Rising Son ». Mais même dans ce morceau d’ouverture, Takya Kuroda ne développe pas des thèmes renversants d’originalité. A l’image d’un Kyle Eastwood, il part de mélodies plutôt simples dont il exploite tout le potentiel. C’est efficace et reposant à l’écoute.

Le groupe ajoute une telle plus-value que Kuroda donne parfois l’impression d’accompagner la section rythmique et non l’inverse. Cette impression révèle une qualité précieuse : l’esprit de groupe. Les musiciens sont parfaitement rodés, ont l’habitude de jouer ensemble, se connaissent par cœur. Ce sens du collectif, également très présent chez Robert Glasper, permet de considérer cet album dans une perspective plus large.

Les brillantes improvisations de « Sometime, Somewhere, Somehow » et de « Call » confirment que la deuxième partie de l’album (la deuxième face diraient les puristes) est plus relevée que la première. L’album monte en puissance, avec comme morceau pivot la reprise d’« Everybody Loves The Sunshine » dans laquelle Kuroda dévoile sans ambiguïté les évolutions de son style.

Dans Rising Son, le trompettiste développe un jazz néo-cool, pas stressé pour un sou, les thèmes se déploient avec lenteur, le groupe construit un groove élégant et discret, les improvisations coulent de source. Le leader ne cherche pas à occuper tout l’espace sonore, bien heureusement. Kuroda se sert de son expérience d’accompagnateur pour laisser ses musiciens s’exprimer. Et mine de rien, son timbre chaud, bien présent, révèle la singularité de son univers. Rising Son est un album solide qui pose les bases d’un avenir prometteur pour le jeune soliste.

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   MANIAC BLUES

 
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- Takuya Kuroda (trompette)
- Corey King (trombone)
- Kris Bowers (claviers)
- Solomon Dorsey (basse, chant, percussion)
- Nate Smith (batterie, percussion)
- José James (chant)


1. Rising Son
2. Afro Blues
3. Piri Piri
4. Mala
5. Everybody Loves The Sunshine
6. Green And Gold
7. Sometime Somewhere Somehow
8. Call



             



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