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2015 The Ghosts Of Pripyat
 

- Membre : Marillion, The Wishing Tree

Steve ROTHERY - The Ghosts Of Pripyat (2015)
Par AIGLE BLANC le 14 Avril 2015          Consultée 1609 fois

D'une personnalité discrète, STEVE ROTHERY, bien que membre fondateur de MARILLION, chef de file incontesté de la sphère Néo-Prog et toujours en activités aujourd'hui, n'est pas du genre à la ramener ni à tirer la couverture à lui. Pourtant, il compte parmi les très bons guitaristes, connu pour la délicatesse de son toucher et la sensibilité de son jeu, autant de qualités qui le rapprochent de DAVID GILMOUR, sans-doute sa première influence, mais aussi de CHRIS REA et de MARK KNOPFLER. Ces artistes ignorent la virtuosité, bien qu'ils n'en soient peut-être pas dépourvus, au profit d'un feeling incomparable.

Au-delà de l'activité intense de MARILLION, STEVE ROTHERY ressent parfois le besoin de prendre le large et de se défaire un instant du vêtement un peu lourd que lui impose le groupe célèbre dont il fait partie. C'est ainsi qu'il s'associe dès la mi-temps des 90' avec la chanteuse encore étudiante à l'époque Hanna Stobart pour former THE WISHING TREE dans lequel il explore une veine plus Pop romantique.

Ghosts Of Pripyat est en fait le premier opus qu'il produit sous son seul patronyme. Et celui-ci s'inscrit logiquement dans la tradition des albums rock purement instrumentaux, genre difficile s'il en est, qui compense l'absence de textes et de cordes vocales par une richesse musicale de chaque instant. JOE SATRIANI en reste à ce jour le plus illustre et sans-doute le plus doué représentant. Mais il est un point crucial qui différencie ROTHERY de son homologue américain, du moins dans sa démarche : là où SATRIANI pour rien au monde ne partagerait son poste avec un autre, ROTHERY s'adjoint le guitariste David FOSTER comme musicien et co-compositeur des sept titres de l'album. Malheureusement, il m'a été impossible à l'écoute de différencier les deux guitares. Sans les crédits, j'aurais pu penser que ROTHERY officiait seul maître à bord. Si l'un de mes confrères de Forces Parallèles venait un jour à publier une Kro-Express du présent album, il serait grandement inspiré de combler mes lacunes auditives.

The Ghosts Of Pripyat est un album sans aucune faute de goût. La production, quoique soignée, a la bonne idée de ne pas booster les dynamiques, défaut si répandu en cette ère de sons compressés. Bien que certains titres envoient la sauce sans retenue, le son conserve une certaine discrétion qui pourra passer chez certains pour de l'insuffisance. Les sept titres s'écoutent sans ennui majeur et s'enchaînent avec fluidité. Aucun moment faible n'est à déplorer. Les 55 minutes de l'opus passent remarquablement, même si la galette aurait pu sans problème supporter dix minutes supplémentaires.

Alors, d'où vient la relative déception qui m'a saisi dès la première écoute? Les musiciens jouent bien, voire fort bien, mais se montrent me semble-t-il en deçà de leurs capacités. Le batteur Leon Park souffre d'un jeu assez conventionnel. Le claviériste Riccardo Romano est inscrit aux abonnés absents. Il reste, et pas des moindres, les guitares de Steve ROTHERY et Dave FOSTER. Ce que les deux hommes arrachent à leurs instruments est très beau, il n'y a rien à redire. Mais pourquoi un sentiment de déjà entendu ne me quitte-t-il jamais en dépit des multiples écoutes? J'aurais souhaité être surpris comme Steve avait su le faire admirablement à l'époque d'Anoraknophobia, la superbe résurrection de MARILLION où le fin guitariste avait su donner à sa guitare une nouvelle voix et à son jeu de nouvelles techniques.
Ici, il n'est pas un plan et pas un riff qui ne rappellent ceux d'un autre guitariste : le titre d'ouverture "Morpheus" s'apparente à une composition classique de DAVID GILMOUR avec couinement de guitare et envolées lyriques léchées. "Kendris" ressemble étrangement à un titre de Joe SATRIANI période Crystal Planet, je n'ai pas encore identifié ledit titre, mais à mes oreilles il s'agirait presque d'un pompage, la puissance en moins toutefois, comme un SATRIANI sous tranquillisant. ROTHERY est un artiste honnête et, si pompage il y a, ce n'est certainement pas volontaire.
L'album progresse donc sur des sentiers balisés depuis belle lurette. S.ROTHERY commencerait-il à être touché par le syndrome Eric CLAPTON dont le jeu sonne trop musique à papa? L'album le voit prendre du plaisir à des plans bateau qui ne sont toutefois nullement déshonorants.

Quelques titres sont même à saluer : l'épique "Old Man Of The Sea" dont le dernier mouvement, dialogue puissant entre deux guitares orageuses, atteint une intensité que j'aurais bien voulu retrouver ailleurs. A noter la participation sur ce titre de STEVE HACKETT et de STEVEN WILSON aux guitares additionnelles. Et le très bon titre éponyme, qui sert de conclusion mouvementée à l'album, avec les guitares rageuses en avant soutenues par l'orgue, mais quelque peu desservi par les lignes d'un clavier ringard. "Les fantômes de Pripyat" évoquent naturellement les habitants de cette ville ukrainienne qui ont dû fuir les lieux suite à la tragédie de Tchernobyl.

Les autres titres présentent presque tous un visage bicéphale : une première partie lente et douce et un second mouvement vif et enlevé. C'est ainsi que "White Pass" offre une jolie ballade en montagne donnant à admirer un paysage bucolique fort bien rendu par les arpèges de la guitare. Après 4 minutes de déambulation contemplative, une cassure brutale voit la guitare entamer un riff arpégé qui fait monter de deux crans la tension dramatique de la composition. C'est bien connu, la montagne offre deux visages, l'un bucolique et protecteur, l'autre angoissant et périlleux. Bien vu Steve.
"Yesterday's Hero", malgré le beau feeling qui la parcourt, ressemble trop aux plans quelque peu mièvres du MARILLION actuel. La guitare y délivre un beau solo sinueux mais sans grande originalité. Là encore, une cassure nette à la 4°minute amorce une deuxième partie plus enlevée où les guitares s'emballent sur un rythme trop pink floydien pour satisfaire votre auditeur en mal de nouveauté.
"Summer's End" est une autre démonstration de composition schizophrénique : après une première partie vaguement bluesy, et plutôt anecdotique, les guitares durcissent le ton pour adopter un rock sudiste qui n'est pas sans évoquer les meilleurs plans de Love Over Gold, le chef-d'oeuvre de DIRE STRAITS, parenté qu'accentue sans-doute l'orgue Hammond, ou les titres les plus burnés du CHRIS REA des années 2000.

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   AIGLE BLANC

 
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- Steve Rothery (guitares & claviers)
- Dave Foster (guitares)
- Vatim Halimi (guitare basse)
- Leon Park (batteries)
- Riccardo Romano (claviers, guitare 12 cordes : 'the ghosts of pripy)
- Steve Hackett (guitare additionnelle : 'morpheus' & 'old man of t)
- Steven Wilson (guitare additionnelle : 'old man of the sea')


1. Morpheus
2. Kendris
3. Old Man Of The Sea
4. White Pass
5. Yesterday's Hero
6. Summer's End
7. The Ghosts Of Pripyat



             



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