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2023 1 Aurora

DAISY JONES & THE SIX - Aurora (2023)
Par MARCO STIVELL le 16 Octobre 2023          Consultée 278 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Un livre, une série, un disque. Le combo parfait (quoique, et rien n'y fait : séries cinéma/films), même si je ne pourrai pas voir la deuxième, parce qu'elle est sur Prime (quant au non-légal, pas la peine d'y penser). Un refus de donner des sous ou un crédit de 30 jours à Ama, mince, Ama - euh, Amaguiz, voilà c'est ça -, qui date d'avant d'en connaître les conditions de travail et perdure encore plus à force de se voir balancer que, parce qu'on n'a pas tel livre dans son rayon, on 'ne sert à rien' et que pour punition, le client fiero-fielleux ira commander sur Bidule qui, ô magique, sait satisfaire les désirs d'enfant gâté en moins de 24 heures (trop dur, actuellement et hors nécessité/école etc, d'en attendre 48, alors pensez une semaine). C'est d'autant plus rageant que Daisy Jones & the Six, projet dont la démarche est de satisfaire les amateurs de rock vintage autant que de belles mélodies au féminin, méritait une autre mise en avant et, accessoirement, une sortie en DVD !

Le livre de Taylor Jenkins Reid, c'est du petit lait (sont fortes, ces Taylor !). L'autrice, déjà forte d'un Sept Maris d'Evelyn Hugo qu'on nous réclame toujours autant aussi, est grande admiratrice de FLEETWOOD MAC. La sélection de titres qui ont accompagné l'écriture, donnée à la fin du bouquin, comporte du ROLLING STONES, du Linda RONSTADT, du DIRE STRAITS, du FIRST AID KIT... Et, tous les trois-quatre titres, du FLEETWOOD MAC ! La fille sur la couverture, c'est Stevie NICKS plus ou moins toute crachée. Daisy Jones, la superbe chanteuse pleine de promesses mais que la drogue a abimée.

Le roman, c'est en 2012, à une heure où les membres sont âgés, une succession d'interviews rétrospectives et imbriquées relatant l'histoire du groupe The SIX, qui détient l'une des meilleures rythmiques du rock (en écho de John McVie et Mick Fleetwood) à la fin des années 70 et qui vend son unique album sorti en 78 par millions avant de se séparer. Entièrement américain de base cette fois, venu de l'Est des U.S.A. à Los Angeles, avec trois guitaristes dont le chanteur Billy Dunne (ultra-charismatique) et son frère Graham, ainsi qu'une demoiselle, Karen, beauté discrète aux claviers, mais qui ici ne chante point ni n'écrit une seule chanson (difficile d'égaler Christine McVie même sur le papier, on est d'accord) et fricote de près avec ce dernier.

Tandis que Pete, le bassiste, largement détaché de tout ce passé, n'intervient qu'une fois brièvement en toute fin, Warren le batteur, est l'un des ciments du groupe, aussi animal avec les filles que détendu et moustachu. Eddie, le guitariste rythmique, remplaçant d'un certain Chuck mort au Vietnam, aurait mieux vécu son expérience de groupe si Billy n'avait pas été si dictateur, lui disant quoi faire, le remplaçant même à des moments-clés et avec de la traîtrise, en studio comme sur scène. Mais bon, Eddie rockeur pur et dur ne veut pas jouer dans un groupe virant au soft-rock, il parle de partir à chaque chapitre, mais finalement il reste jusqu'au bout ! Bref, c'est sex, drugs & rock'n'roll, dans une ambiance jeune et plus ou moins fraîche avec des excès divers, des groupies qui se font signer leurs seins pour le plus grand plaisir de Warren, des répétitions pour l'album avec Karen et Graham qui font l'amour dans les toilettes mais ne veulent pas se montrer ensemble publiquement, et au passage, quelques 'accidents'. On nous parle aussi de Camila, la dulcinée de Billy bienveillante pour lui envers et contre tout (surtout les tromperies) et lui donne vite une famille de filles ; Rod, le manager qui n'a rien d'un mauvais type pensant qu'au fric, de Teddy l'ingé-son médiateur, de Simone la meilleure amie de Daisy et future star funk-disco.

Daisy, Daisy Jones, le clou de l'histoire et, malgré la force visuelle et vocale de Billy Dunne, l'intérêt principal voire exclusif des foules pour le groupe, comme Stevie NICKS au moment où FLEETWOOD MAC a plus que cartonné. La petite fille qui a grandi trop vite, le charisme-né femme, beauté magnétique pseudo-indépendante et détachée, noyée dans les amphet', qui mène sa propre carrière et sort un album sans aspérités, jusqu'à ce qu'elle atterrisse dans le même festival que The SIX. Ce moment de choix, c'est la chanson "Honeycomb", dont le vrai titre devient ici le sous-titre de "Look at Us Now". Au départ, Billy, bien que drogué à mort lui aussi, compose beaucoup pour Camila, le bonheur de sa vie. Daisy se moque de cela, alors elle réécrit quelques vers, ce qui fait qu'au moment d'intégrer le groupe, ils sont tous les deux à couteaux tirés. De quoi faire ressortir de plus belle la complicité musicale teintée d'amour-haine, à la Nicks-Buckingham, et qui perdure, même quand Daisy en pleine tournée s'éloigne, part en vacances en Thaïlande et se marie avec un prince italien de pacotille; surprotecteur.

Daisy sait cependant aussi calmer le jeu, comme pour "Aurora", typique de la naïveté qu'elle déteste mais à laquelle elle se prête merveilleusement. C'est très beau et 'rough' dans le son en même temps, bien que sans doute pas tellement fidèle à ce qu'en décrivent les interviews du livre, réalisées par la fille aînée de Billy en personne. Enfin, "Regret Me", grande ballade où Daisy et Billy, pris dans leurs propres frustrations, s'en mettent mutuellement plein la gueule. En tout cas, ce sont les trois chansons emblématiques gardées pour cet album best-seller littéraire qui aura du mal à l'être en vrai, à une époque réelle peu encline au rock et à la beauté. Pour dire que tout n'est pas respecté, il manque la fameuse "Turn It Off" qui clôt l'histoire du groupe durant un concert géant dans un stade, avec une prestation dantesque. Il manque aussi "Impossible Woman", la première chanson co-écrite par les deux têtes brûlées et qui les rapproche plus que de raison.

À part cela, la tracklist change du tac au tac, même si, d'un point de vue 'reste du groupe', il y a "Please", celle où Eddie clame toute sa haine envers Billy pour avoir changé son accordage et ses parties durant la production, en douce. Un comble, car c'est la plus représentative du charisme de Billy ! Pete le bassiste y est très en avant, alors que la plupart du temps, c'est Warren avec sa batterie implacable et précise, très Mick Fleetwood, qui mène le game. Et au milieu, Karen, ma favorite malgré son détachement elle aussi, qui évite les bottes-minijupes qu'elle aime pour porter des jeans-cols roulés, afin qu'on la prenne au sérieux contrairement à Daisy, et faire passer ses pianos et orgues avant toute chose (elle est censée aussi jouer des synthés, dans le livre, mais bon). Les chansons, teintées de folk-rock, gardent une teneur pop avenante, efficace, tout en ajoutant çà et là des graines de psychédélisme ("Aurora", "More Fun to Miss"). On apprécie fortement "The River", "Kill You to Try" et son mordant, les jolies remontées de Graham par-ci par-là.

L'ensemble est fort bien écrit, interprété. Daisy, dignement interprétée par la petite-fille du King Elvis, et les harmonies vocales sont au centre de tout, comme les différentes analogies musicales avec FLEETWOOD MAC. La pochette voulue par l'autrice est plus sexy et moins dans la proximité, mais celle du disque fonctionne aussi. L'album est vraiment très bon, plaisant et bien rétro, il se met dans le haut du panier à l'époque actuelle, à défaut d'égaler la qualité de Rumours, le best-seller auquel il fait référence, ou Tusk, hier comme aujourd'hui pour le coup.

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1. Aurora
2. Let Me Down Easy
3. Kill You To Try
4. Two Against Three
5. Look At Us Now (honeycomb)
6. Regret Me
7. You Were Gone
8. More Fun To Miss
9. Please
10. The River
11. No Words



             



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