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DOPPLEREFFEKT - Gesamtkunstwerk (1999)
Par SASKATCHEWAN le 8 Janvier 2009          Consultée 2710 fois

Etrange collision de la faucille et du marteau soviétiques avec ce noir profond tout à fait fasciste. L’Internationale reprise par les jeunesses hitlériennes, Staline sifflotant dans sa volkswagen, voilà aux moins les paradoxes auxquels on s’attendait. Niet. 1999 ne sera pas l’occasion d’un nouveau pacte germano-soviétique. 60 ans ! « Une belle commémoration qui nous échappe ! » s’exclame l’éditorialiste de Télé 7 Jours. En plus DOPPLEREFFEKT est américain, comme pour se moquer. Et puis ils font de la Techno, on s’éloigne. La bienséance informative voudrait que l’on revienne longuement sur ce « ils ». Encore niet ! A vrai dire je n’en sais pas beaucoup plus que vous. Les voies des DJ Techno sont impénétrables. On peut tout de même relier DOPPLEREFFEKT à d’autres projets : ARPANET, TRANSLLUSION, DREXCIYA et à un nom Gerald DONALD, mystérieux producteur de Techno de Détroit. L’arrière du boîtier lui, se limite aux photos d’un homme : « Rudolf Klorzeiger » et d’une femme : « To Nhan Le Thi », avec les drapeaux soviétique et chinois en arrière-plan. On flaire la mise en scène de pacotille.

DOPPLEREFFEKT évoque la modernité. Pourtant en 1999, le genre Techno n’a pas trop la côte, ou plutôt si, mais non (le célèbre auteur de polar)… Je m’explique : 1999, ça écoute le Big Beat et l’IDM, autrement nommée Intelligent Techno, qui ne sont somme toute que des dérivés de la Techno originelle. Sauf que pour le coup, l’intelligence semble plutôt être du côté de DOPPLEREFFEKT, qui pratique une Techno tout ce qu’il y a de plus simple et de plus répétitif, paradoxe. Voyez le titre de l’album : Gesamtkunstwerk, concept Wagnérien (encore ces fichus nazis !), autrement dit « l’œuvre d’art totale », à prononcer avec un accent allemand factice à la Papa Schultz. On mélange la musique, le théâtre, la sculpture, l’architecture et on se fait une boum à fissurer les murs de l’école primaire. Rien de tout cela chez DOPPLEREFFEKT : quelques bip-bip innocents, des boum-boum par-ci par là, un doum dzoiiiiiiing de rigueur et rideau !

DOPPLEREFFEKT évoque la modernité, deuxième essai, où l’on tentera de ne pas mêler dans une suite de références sans queue ni tête les noms de Papa Schultz, Richard WAGNER et The Tuss. Celui-là n’était pas mentionné, mais il l’est maintenant. Car, ô frappante découverte, on se surprend à relever des similitudes entre les sonorités de titres comme « Technic 1200 » ou encore « Infophysix » sur cet album de 1999 et les derniers coups de génie de The TUSS en 2007. Etre moderne, c’est aussi faire du futur avant l’heure (à moins que le futur soit nostalgique, qui sait…).

DOPPLEREFFET est même inquiétant de modernité. Les innovations (« Cellular Phone ») côtoient les aberrations (« Superior Race ») dans la liste des titres, sans que jamais le contenu des morceaux ne diffère. Bip-bip, boum-boum et doum dzoiiiiing sont toujours au rendez-vous. Faut-il voir un lien entre les deux, ou pire, une complicité ?
Fidèle à sa ligne Techno, le duo n’introduit que peu de paroles dans sa musique, mais quelles paroles ! Du « I want to be a pornostar »*¹ de « Pornoactress » au « We have to sterilize the population »*² de « Sterilization », les refrains robotisés ont quelque chose d’oppressant. « Oppressant », le voilà LE mot ! Gesamtkunstwerk est oppressant, ou plutôt Gesamtkunstwerk est d’une simplicité, d’une froideur, d’une répétitivité et d’un dénuement oppressants, à la vieille d’un millénaire où les beats doivent se multiplier à l’infini et les breaks s’enchaîner sans répit.

Gesamtkunstwerk est l’un des meilleurs albums Techno du monde de la terre de l’univers, comme le montre le sondage annuel du magazine de l’association UFC Que Choisir ?, qui a décidé de recenser les meilleurs albums de Techno et d’offrir leur nom aux plus grand nombre, plutôt que de nous les briser avec un énième comparatif des prix d’écrans plats, en tout cas dans une dimension parallèle. Pour mieux vous convaincre, mentionnons (et écoutez) des titres comme « Technic 1200 », « Voice Activated » et « Denki No Zuno », au hasard parmi toutes les perles que recèle cet album.


*¹ Traduction : « Je veux être une star du porno. »
*² Traduction : « Nous devons stériliser la population. »

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   SASKATCHEWAN

 
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- Rudolf Klorzeiger
- To Nhan Le Thi


1. Cellular Phone
2. Technic 1200
3. Scientist
4. Rocket Scientist
5. Superior Race
6. Satellites
7. Plastiphilia
8. Plastiphilia 2
9. Voice Activated
10. Speak & Spell
11. Denki No Zuno
12. Die Radiometre
13. Pornoactress
14. Infophysix
15. Pornoviewer
16. Sterilization
17. Gesamtkunstwerk



             



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