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LOW - Ones And Sixes (2015)
Par SUNTORY TIME le 14 Décembre 2015          Consultée 1610 fois

LOW est de retour, deux ans après The Invisible Way, album élégant et apaisé. Rarement la musique du combo Alan Sparhawk et Mimi Parker n'avait été aussi positive, pas banal pour un groupe considéré comme "le plus lent du monde". Tel est le fer de lance du Sadcore, ou slowcore, c'est selon. Des noms un peu barbares pour décrire un rock lent, minimaliste, lent et dépressif ("low" peut se traduire par déprime, justement). On avait quitté le groupe en 2013 avec un rock-folk lumineux, nous le retrouvons avec One and Sixes, à la pochette grise et à l'arbre mort. C'est une superbe pochette, sobre mais tellement évidente à l'écoute de cet album. Il fait froid, la luminosité a baissé. Et tout médecin vous dira qu'un manque de lumière facilite la déprime...

LOW est donc revenu vers la mélancolie de ses débuts, il y a déjà plus de 20 ans. Pire que la mélancolie, c'est une tristesse brûlante qui prend aux tripes, et ce dès les premières notes de "Gentle", aux quelques sonorités électro qui tentent de brouiller les pistes. Et pourtant, dès qu'Alan Sparhawk commence à chanter, et que sa compagne Mimi prend la relève, on comprend qu'elle est bien trouvée cette pochette à l'arbre mort...

Pourtant certaines chansons paraissent légères, presque joyeuses même, comme l’entraînante "No End", ou même la douce "What Part of Me", mais quelque chose cloche... Dans ces belle mélodies, la tristesse ne semble jamais loin. "Kid in the Corner", entêtante, presque rock n' roll et magnifiquement atmosphérique, a je ne sais quoi de dramatique. Quant à "Lies", l'une des plus belles ballades du disque, elle mêle parfaitement des guitares douces et tendres au chant plaintif mais poignant de Sparhawk.

Aussi sombres sont ces chansons, elles restent rythmées et entraînantes. Pourtant la noirceur prend souvent le dessus, comme sur la tendue "No Comprende" et son pont de guitare tout en tension. Et "Spanish Translation", l'une des plus poignante... c'est son refrain qui nous déchire le cœur...
Mais pire encore, le redoutable "Landslide" dévaste tout espoir, comme le "glissement de terrain" qu'il traduit. De ces riffs de guitares acérés et son final orageux et noisy, ce monstre de presque 10 minute nous enfonce entre spleen et béatitude. La planante "DJ" ne fait que constater les dégâts, faisant écho à "Gentle", comme un deuil inévitable, et les chœurs de Mimi Parker achèvent de nous faire pleurer, allongé sur un lit...

Voilà qui n'est pas très réjouissant. Surtout en cette période de violence et de peine. Mais pourtant Ones and Sixes a quelque chose de réjouissant, parce que profondément vivant. Oui, cet album nous dévoile LOW sous un jour très sombre. Il faut dire que Sparhawk se remet difficilement de la mort de son père, et l'actualité du monde ne le console pas... Pourtant, cette déprime qui traverse les 57 minutes de ce disque assez long en fait une pure merveille. Comme le décrivait Sparhawk dans un entretien, cet album est comme un moyen de "poignarder l'obscurité". C'est là toute la réussite de Ones and Sixes, par sa simplicité apparente, le minimaliste de certaines chansons, des mélodies prenantes, et cette saveur aigre-douce qui se dégage des titres les plus "enjoués". Ce disque est la preuve que l'on peut combattre le mal par le mal, soit le spleen par le spleen. Aussi plombant qu'il puisse être au première abord, Ones and Sixes est chaleureux, et apporte un réconfort évident, de la même manière que deux êtres malheureux s'enlacent pour se consoler mutuellement. Et en cette période dramatique, ce disque ferait un parfait baume au cœur...

La douleur de Ones and Sixes est palpable du début à la fin, mais la douleur a quelque chose d'attachant, c'est qu'elle nous rend humain. Par cette émotion à fleur de peau, LOW vient de réussir un coup de maître, et l'un des chefs-d'œuvre de 2015, et peut-être même le meilleur album du couple Sparhawk / Parker. Rien que ça...

La tristesse à l'état pur: "Gentle", "Spanish Translation", "DJ"
Les chansons faussement positives: "No End", "What Part of Me" "Kid in the Corner", "Lies"
Le coup de grâce: "Landslide"

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   (2 chroniques)



- Alan Sparhawk: (chant, guitares)
- Mimi Parker (chant, batterie,percussions)
- Steve Garrington (basse, claviers)
- Glenn Kotche (percussions sur 'no end' et 'the innocents')


1. Gentle
2. No Comprende
3. Spanish Translation
4. Congregation
5. No End
6. Into You
7. What Part Of Me
8. The Innocents
9. Kid In The Corner
10. Lies
11. Landslide
12. Dj



             



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