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2017 Life Love Flesh Blood

Imelda MAY - Life Love Flesh Blood (2017)
Par MARCO STIVELL le 7 Mai 2017          Consultée 1832 fois

La nouvelle Imelda MAY, c'est ainsi que l'on titre un peu partout le retour de la belle Irlandaise en ce mois d'avril 2017. Il est vrai que la pochette de Life Love Flesh Blood a de quoi nous surprendre. Finis, le look de pin-up, la drôle de houppette blonde qui détonne avec le reste des cheveux bruns et constamment attachés. Ils sont désormais unis, lâchés et Imelda MAY donne l'impression de n'être plus la même. On l'aurait, d'ailleurs, à peine reconnue sans son nom pour nous le rappeler.

Finis également, le jazz et le rockabilly exubérants. La demoiselle qui a dépassé la quarantaine désormais (franchement, ça ne se voit pas), a pris le temps de se remettre de sa rupture avec son ancien guitariste et époux Darrel Higham, quitte à changer d'univers. MAY propose ainsi une musique plus smooth, plus "adulte", en accord avec sa nouvelle image qui la montre plus "femme", dira-t-on facilement, lui reprochera-t-on aussi du côté de ceux qui préfèrent l'ancienne.

Elle puise dans le jazz, le rockabilly dont elle reste éternellement amoureuse, mais c'est différent. On est plus dans la lignée du morceau "Gypsy in Me" sur Tribal (2014, son album précédent) que de "Johnny's Got a Boom Boom", son premier tube en 2008. Le registre est lent, toujours savoureusement rétro et produit par T Bone Burnett (Roy ORBISON, LOS LOBOS, Diana KRALL, Elvis COSTELLO, la liste est longue). Dans les crédits, on trouve aussi le nom de BONO (U2) que MAY remercie pour son aide dans la direction du projet. Solidarité irlandaise.

En tout cas, le changement n'affecte nullement Imelda, aussi bien en ce qui concerne sa beauté, que sa voix. Elle reste l'une des meilleures chanteuses pop à échelle internationale, une de celles qui peut tout chanter. "Call Me" et sa fragilité en accords jazzy, MAY la survole comme une caresse, et c'est magique. Quoique plus âgée, elle suit les traces de Katie MELUA sur ses meilleurs disques, tout en donnant l'impression d'être un Chris ISAAK au féminin sur beaucoup de morceaux.

C'est le caractère soft qui fait ça, l'emploi de musiciens comme Jay Bellerose (batterie) et Patrick Warren (claviers) qui connaissent bien l'univers pop américaine à chanteuse, la country etc, ainsi que le guitariste Marc Ribot, accompagnateur de Tom WAITS, Elvis COSTELLO. Les arpèges spécifiques de Gibson flottants et lumineux à la fois baignent dans une ambiance vaporeuse et contemplative, magnifique. Imelda MAY est la reine d'un beau gala musical.

Et sur "Black Tears", à propos de guitare, c'est Jeff BECK en personne qu'on entend, le héros anglais au toucher le plus délicat qui soit, le plus beau de la génération "british blues". Le saxophone et la trompette s'invitent sur le final d'un morceau qui nous transporte, d'abord grâce à la guitare et bien sûr, à la voix. Sans le savoir, on devine que MAY a écrit ces chansons durant ces deux ou trois années de récupération sentimentale, la plupart des textes en est imprégnée.

Révélant son accent irish, elle chante comme une déesse, comme toujours. Lorsqu'elle se fait polissonne ou qu'elle force délicieusement sur sa voix, sur "Bad Habit" ou le plus pop "Should've Been You", elle est de ces musiciennes qui vous donnent envie de se jeter sur elles passionnément, en raison de leur seul talent. Mais on ne le fait pas parce que, premièrement, ce n'est pas bien, et deuxièmement, parce que c'est suffisant d'être amoureux de loin, tel le loup de Tex Avery, en étant plus discret.

"Sixth Sense" et son swing léger ont tout autant de quoi nous émouvoir. Il y a les mélodies follement belles de "Human" et "How Bad Can a Good Girl Be", le blues sensuel de "When It's My Time" avec le piano de Jools HOLLAND (Imelda MAY est devenue un pilier de son émission "Later With...")... Le rock alternatif de "Leave Me Lonely" est peut-être moins convaincant, contrairement au final folk acoustique "The Girl I Used to Be", où la chanteuse raconte son enfance à Dublin, une idée magnifique, très touchante.

Life Love Flesh Blood n'est peut-être pas le meilleur album d'Imelda MAY, qui insiste sur son attrait pour le mot "flesh", "chair" en français, et il y a de quoi (sa voix "réveille" la nôtre constamment). En tout cas, c'est son plus personnel, un retour en maturité et en grande classe.

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   MARCO STIVELL

 
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- Imelda May (chant, choeurs)
- T Bone Burnett (guitares)
- Marc Ribot (guitares, ukulélé)
- Jay Bellerose (batterie)
- Patrick Warren (claviers)
- Zachary Dawes (basse)
- Dennis Crouch (contrebasse)
- Darrell Leonard (arrangements des cuivres)
- Carl Wheeler (orgue hammond)
- Jeff Beck (guitare sur 2)
- Jools Holland (piano sur 9)


1. Call Me
2. Black Tears
3. Should've Been You
4. Sixth Sense
5. Human
6. How Bad Can A Good Girl Be
7. Bad Habit
8. Levitate
9. When It's My Time
10. Leave Me Lonely
11. The Girl I Used To Be



             



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