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TRANSYLVANIAN PARTY  |  STUDIO

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- Membre : Bande Originale De Film, Meat Loaf

Richard O'BRIEN - The Rocky Horror Picture Show (1978)
Par LE BARON le 30 Juin 2017          Consultée 665 fois

L’appellation de « film-culte » est aujourd’hui tellement galvaudée qu’on hésite à l’utiliser. Les films sont désormais « cultes » avant même d’être sortis ! Il fût pourtant une époque où un film DEVENAIT culte, après des années d’exploitation, parce-qu’il parvenait à fédérer autour de lui un certain public : souvent des adeptes de série Z capables d’élaborer une théorie sur les mérites comparés des films de zombies et des nanars érotiques italiens.

The Rocky Horror Picture Show est pourtant un film-culte, un vrai, un tatoué qui plus est. Sorti en 1975, tiré d’une comédie musicale créée sur les planches de Londres en 1973, démoli par la critique comme il se doit, il a suscité un véritable phénomène. Des cohortes de fans se sont formées, le film devenant l’objet d’une adoration qui perdure aujourd’hui. Il est vrai que les projections du RHPS sont un peu spéciales : on y chante, danse, on interpelle les acteurs, on jette du riz, de l’eau, des cartes à jouer, et toutes sortes d’objets afin de participer à la fête.

Le film en lui-même, contrairement à ce que d’aucun prétendent, n’est pas mauvais. Pas un chef d’œuvre, d’accord, mais marrant. Disons que les amateurs du cinéma de la Hammer y trouveront leur compte, pourvu qu’ils éprouvent également un intérêt pour le sexe, la drogue, bref : le rock’n’roll. L’histoire reprend des ingrédients connus : un couple de jeunes benêts propres sur eux tombe en panne, par une nuit pluvieuse, et se réfugie dans un inquiétant château à proximité. Ils y rencontrent des personnages hauts en couleur et à la sexualité débridée. Tout le monde finira par enfiler porte-jarretelles et boa, après de multiples fornications. Certains mourront, mais tous auront chanté.

Quelle meilleure musique que le glam-rock pour accompagner cette débauche kitsch ? Des paillettes, des semelles compensées, une afféterie propre aux amateurs de khôl, voilà qui convient parfaitement à cette ôde très 70’s aux plaisirs des sens. Richard O’BRIEN en est l’auteur/compositeur. Ce n’est pas un musicien confirmé, mais il est à l’évidence très inspiré par son sujet. Le RHPS est d’ailleurs son grand œuvre, et quasiment son chant du cygne*. Y incarnant Riff-Raff, le serviteur bossu à la voix de chat écorché, il s’offre rien moins que les générique de début et de fin de film, « Science Fiction/double Feature » (les lèvres ne sont toutefois pas les siennes), et ce qui reste le plus célèbre morceau du RHPS : « The Time Warp », la danse des Transylvaniens, menée tambour battant et à grands coups de pelvis. Moment inoubliable, que dis-je, cultissime ! que cette sarabande scabreuse et endiablée, une partie du « mythe » du RHPS à elle toute seule. La musique se suffit-elle à elle-même ? A l’évidence non, il faut danser « The Time Warp » pour en savourer l’intensité.

Enfonçons la porte entr’ouverte : si l’ensemble des séquences chantées reste en mémoire, et si cette bande originale a traversé le temps, ce n’est pas parce que la musique est extraordinaire. Elle est honnête, certes, et les textes sont drôles. Mais c’est l’enthousiasme des comédiens qui est communicatif, et leur interprétation au premier degré. Il est vrai que chanter des niaiseries comme Barry Bostwick/Brad Majors est un plaisir de gourmet. Et que dire de celui qu’a du ressentir Susan Sarandon/Janet Weiss à interpréter « Touch-a, Touch-a, Touch Me » sur l’air de la vierge ayant – enfin – rencontré le loup ?

En fait de chanteur, il n’en est qu’un : énorme, vorace, outrancier, troublant et touchant : Tim Curry/Frank N. Furter domine largement l’ensemble, portant haut les couleurs arc-en-ciel du film. Qu’il clame sa transsexualité (« Sweet Transvestite ») ou sa recette pour fabriquer une créature (« I Can Make You A Man »), il chante avec la force d’un véritable interprète. Même lorsqu’il pleure sur Fay Wray** et sur lui-même (« I’m Going Home »), le tout en porte-jarretelles et maquillage dégoulinant, il est étonnamment convaincant, sur un fil, en équilibre entre la caricature et l’hommage aux chanteurs de glam-rock.

Pas de grande musique, donc, mais un immense plaisir. Et après tout, le RHPS ne parle que de cela ! Le seul maillon véritablement faible de la bande, c’est MEATLOAF. MEATLOAF, dont les raisons du succès de Bat Out Of Hell, à venir, restent un mystère aussi impénétrable que les voies du Seigneur, joue Eddie, l’amant délaissé de Frank N. Furter (entre autres). Son interprétation est criarde, pénible, à l’image de ce que sera sa carrière solo. Fort heureusement, son personnage disparaît rapidement.

MEATLOAF mis à part, écouter la bande originale du RHPS met en joie. Le côté foutraque de l’ensemble en fait partie. Pour les novices (« virgins ! »), il est probable que cela sonne comme un album de glam, bon mais sans génie. Mais pour les aficionados, c’est un bonheur incomparable.

L’édition vinyle de 1978 ne reprend pas tous les titres, faute de temps disponible. On ne discutera pas ici du choix, même si « Planet, Schamnet, Janet » manque à l’appel. Il faudra attendre l’édition de 2000, en CD, pour retrouver l’intégralité des chansons. Entre-temps, un double vinyle a vu le jour, pour les fans uniquement : il propose l’intégralité du film, commentaires du public inclus !

Il fut un temps où les films devenaient culte. Celui-ci poursuit son bonhomme de chemin, plus de 40 ans après sa sortie. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le RHPS, n’écoutez pas cet album ! Filez plutôt au Studio Galande, rue Galande à Paris, le vendredi ou le samedi à 22h. Munissez-vous de riz, d’eau, d’un journal, d’une crécelle. Don’t dream it. Be it.


*On parlera de Shock Treatment, la fausse suite du RHPS, une autre fois.
**L’actrice dont King-Kong tombe amoureux. Une des très nombreuses références cinématographiques qui émaillent les textes de Richard O’BRIEN.

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   LE BARON

 
  N/A



- Tim Curry (frank n furter)
- Susan Sarandon (janet weiss)
- Barry Bostwick (brad majors)
- Richard O'brien (riff raff)
- Patricia Quinn (magenta)
- Little Nell/nell Campbell (columbia)
- Jonathon Adams (dr. everett scott)
- Peter Hinwood (rocky)
- Meatloaf (eddie)
- Charles Gray (narrator)
- Count Ian Blair (guitares)
- David Wintour (basse)
- Phil Kenzie (saxophone)
- Rabbit (claviers)
- Richard Hartley (claviers)


- the Rocky Horror Picture Show
1. Science Fiction / Double Feature
2. Dammit Janet
3. Over At The Frankenstein Place
4. The Time Warp
5. Sweet Transvestite
6. I Can Make You A Man
7. Hot Patootie - Bless My Soul
8. I Can Make You A Man:reprise
9. Touch-a, Touch-a, Touch Me
10. Eddie
11. Rose Tint My World:floor Show
12. Rose Tint My World:fanfare / Don't Dream It
13. Rose Tint My World:wild And Untamed Thing
14. I'm Going Home
15. Super Heroes
16. Science Fiction / Double Feature:reprise



             



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