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BACHDENKEL - Сталингр  (1977)
Par JOVIAL le 24 Septembre 2017          Consultée 192 fois

Elle est amusante, cette pochette. On ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'on connaît l'album qu'elle illustre. Le fabuleux Lemmings avait eu le droit à une splendide chouette effraie, survolant une migration de rongeurs dans la nuit arctique. Le très moyen Сталинград ne figure qu'un rapace efflanqué, pourrissant dans la toundra. Quel symbole ! Pour le groupe, cet infortuné volatile ne signifiait peut-être qu'une chose, la fin de son aventure. En effet, la maigre discographie de BACHDENKEL s'explique par le fait que l'album n'était qu'un témoignage et absolument rien d'autre. « Lemmings a été enregistré parce que le groupe allait finir » détaille Karel Beer en 2004. Cependant criblé de dettes, le quatuor anglais parvient à mettre en boîte une seconde galette à l'automne 1975. Philips refusant cette fois-ci la distribution, c'est le label The Initial Recording Company, d'ailleurs créé par le sieur Beer, qui en a la charge. S'ensuit alors une campagne de promotion étonnante : des centaines d'étiquettes « Сталинград » sont apposées par les musiciens sur les poubelles, les parcmètres et autres barrières publiques de la capitale ! L'anecdote ne dit pas si les Parisiens furent capable de déchiffrer le nom russe de Stalingrad, voire de comprendre qu'il s'agissait d'une réclame du « plus grand groupe anglais inconnu ».

Musicalement, ce second LP semblait pourtant plus abouti. Les harmonies se révèlent très travaillées et riches. Colin Swinburne, futur guitariste de Daniel Balavoine, flatte l'auditeur de ses magnifiques arpèges. Au chant, on croirait presque entendre John Wetton chez KING CRIMSON. À la basse, Peter Kimberley s'aventure désormais sur des lignes plus libres. Ainsi, lorsque la belle « The Whole World » entame, on est prêt à s'abandonner à ces solitudes glacées, ces ambiances sombres, délicates et dépressives. De son côté, Karel Beer cisèle des textes d'une grande mélancolie, souvent torpides. « Xenophon » et « Seven Times Tomorrow » traversent un asile psychiatrique, « Stalingrad » s'inspire du Matin des Magiciens de Louis Pauwels. Plus généralement, BACHDENKEL évolue dans un univers assez étrange, introspectif, presque religieux, où quiétude rime avec enfermement.

Néanmoins, et ce malgré quelques pépites (« The Whole World », « Xenophon », le double « Stalingrad »), Сталинград est très, très loin de pouvoir concurrencer son grand frère. L'album en lui-même est extrêmement monotone. On ne retrouve pas ces incroyables montées en puissance, ces cavalcades furieuses qui ponctuaient Lemmings quatre ans plus tôt. BACHDENKEL est irréprochable mais ne passionne plus. Difficile d'expliquer pourquoi. C'est parfois très beau, mais aussi souvent plat et sans surprise.

Сталинград se réserve donc aux fans – peu nombreux – de BACHDENKEL et aux collectionneurs. On conseillera aux ultimes curieux de se rabattre sur Stalingrad (And Lost Others Causes), réédition CD allemande du présent vinyle. Hormis les inédits studio et les singles mort-nés, sans intérêt, on y découvre un live (« Bo Bo's Party ») qui révèle un tout autre groupe sur scène, beaucoup plus porté sur le jam et l'improvisation. La qualité sonore de l'enregistrement laisse cependant à désirer.

Après Сталинград, BACHDENKEL se sépare donc pour de bon, malgré le soutien financier de grands noms du rock (1). « Je pense que 18 mois encore et on aurait finalement percé » songeait encore Karel Beer en 2004. Difficile d’acquiescer à la veille de l'explosion punk. Le groupe anglais avait déjà laissé passer sa chance. Ou laissé sa place à d'autres : LED ZEPPELIN, en compagnie duquel ils partageaient leurs premières scènes à Birmingham, ou encore BLACK SABBATH, qui assurait son opening. Ne reste donc qu'une œuvre courte, certainement trop, mais qui vaut assurément le détour pour l'immense Lemmings, dont la chouette ne finira jamais de tourner sur les platines de quelques fins mélomanes.

Note : 2/5

(1) Noms que l'on retrouve sur la pierre tombale à l'arrière du LP, parmi lesquels figurent Rory Gallagher, Philippe Manœuvre, Daniel Balavoine, Peter Hammill mais aussi … Carlos et Patrick Juvet !

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- Peter Kimberley (basse/chant/piano)
- Brian Smith (batterie)
- Karel Beer (guitare)
- Colin Swinburne (guitare/piano/chant)
- Guests :
- Andy Scott (claviers)
- Irv Mowray (chant)


1. The Whole World (looking Over My Shoulder)
2. After The Fall
3. Seven Times Tomorrow
4. For You To Live With Me
5. The Tournament
6. (it's Always) Easy To Be Hard
7. Xenophon
8. Сталинг&
9. Stalingrad



             



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