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DASH - Turning Vicious (2015)
Par TEEMO le 27 Septembre 2017          Consultée 1139 fois

DASH est de ces groupes que l'on découvre lors d'une recherche stochastique au sein du marasme culturel qu'est internet. Inutile de tergiverser sur les tenants et les aboutissants du téléchargement et des plateformes d'écoutes, le débat n'est pas là. Quoi qu'on en pense par ailleurs, ce moyen de partage permet aux artistes, par un moyen simple et peu onéreux, de mettre en lumière leurs œuvres et aux auditeurs d'accéder à une strate musicale relativement confidentielle. Certes, il faut s'armer de patience pour trouver la perle rare ; mais le rôle du chroniqueur n'est-il pas aussi de dénicher ces œuvres cachées ?

DASH est un quartet hongrois formé en 2009, ayant sorti en 2012 un premier album intitulé « Breath » auquel il est ardu d'accéder. « Turning Vicious » est, en revanche, mis à disposition en écoute libre par le groupe*. Le groupe évolue sur une solide base résolument hardcore/djent mais se distingue par sa manière assez spéciale de jongler avec les atmosphères, de parsemer avec génie, ici et là et souvent au moment où on s'y attend le moins, quelques éléments fort étonnants. D'ailleurs, la patte du groupe se fait sentir dès le premier morceau. Nos oreilles sont assaillies par une pluie de décibels jubilatoire faite d’aboiements gutturaux et de guitares saturées, qui laisse subitement place à un vent frais et revigorant où chant clair et accords sautillants font corps.

Le groupe prouve non seulement sa grande maîtrise technique, tant rythmique que mélodique, mais aussi son ouverture d'esprit. Cette sensibilité, qui rappelle beaucoup le rock progressif, pourra attirer quolibets et railleries de la part des puristes de hardcore. Pourtant, elle donne tout son sel aux compositions de DASH. Or, l'amateur de musique hybride et de sensations fortes ne pourra qu'y trouver son compte ! Notez que l'album contient 9 morceaux pour 45 minutes, ce qui se révèle souvent être un parfait juste milieu. De plus, les morceaux jouissent d'un équilibre intrinsèque mais aussi en tant qu'ensemble : « Turning Vicious » est une entité passionnante et ambiguë, lunatique et schizophrène, parfois lucide, parfois hallucinée. En ce sens, le pari du groupe d'illustrer l'imaginaire d'un psychopathe est complètement réussi. Cette ambivalence torturée et imprévisible est incarnée dans « Blinded by Scarlet Eyes » où s'entremêlent dans un bouquet final hurlements rauques et chant clair au son des 6-cordes tantôt éthérées tantôt massives. Cette imagerie psychotique est grandement renforcée par le jeu intense de Tamás Rubóczki qui manie la double pédale aussi bien que le contre-temps. Soit dit en passant, l'instabilité rythmique au centre de certains morceaux crée une vraie illustration de l'état d'esprit cacochyme de « Turning Vicious ».
« The Dihydrogenocarbonates » fait office de chef-d’œuvre par sa structure complexe, son travail de syncope fabuleux issu du djent, son refrain destructeur mais surtout dans sa façon d'incorporer avec une justesse implacable clin d’œil jazzy et incursion funky complètement décalée.

DASH est un véritable atelier de fusion forgeant avec habileté la puissance viscérale du hardcore et les riffs assommants du djent, en prenant soin d'ornementer cet alliage, sans exubérance aucune, d'éléments plus colorés. Les riffs ne tombent jamais dans la démonstration stérile malgré leur complexité rythmique et mélodique et les refrains n'empruntent aucunement l'aspect trop émotif, presque fleur bleue comme c'est souvent le cas dans le post-hardcore. Grâce à des introductions prenantes et à « Moment », morceau de transition très court, l'ambiance se fait très immersive. D'autant que la production, très propre mais loin d'être fade, apporte profondeur, puissance et précision sonore à l'album.
L'auditeur est toujours tenu en haleine grâce à des retournements de situation soudains, comme ce pont groovy un peu loufoque dans « Remember To be Good ». On ne peut pas non plus passer à côté de « You Can't Outrun a Thoroughbred ». Alors que nos cervicales s'agitent frénétiquement aux rythmes effrénés des guitares de Zurbó et Rubóczki et du batteur, le pont nous entraîne sur une cadence bien plus dansante qui n'est pas sans rappeler l'origine hongroise des membres.

Dense et intense, riche et complexe, sensible et brutal, « Turning Vicious » est un petit bijou que les fans de fusion et de sensations fortes se doivent de découvrir. L'album s'articule en un tout cohérent et puissant et dont la profondeur offre une belle longévité d'écoute.

*https://dashmetaal.bandcamp.com/album/turning-vicious

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- Ádám Kiss (chant)
- Zoltán Zurbó (guitare, chant)
- Tamás Rubóczki (batterie)
- Ádám Rubóczki (guitare)
- Péter Árva (basse)


1. Love You Till You Die
2. You Can’t Outrun A Thoroughbred
3. Moment
4. See No Evil, Hear No Evil, Speak No Evil
5. Remember To Be Good
6. Voices
7. The Dihydrogencarbonates
8. Depressing Enlightenment
9. Blinded By Scarlet Eyes



             



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