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2017 Narkopop
 

- Style + Membre : Mohn

GAS - Narkopop (2017)
Par SASKATCHEWAN le 15 Janvier 2018          Consultée 872 fois

Parmi tous les grands noms de la musique électronique, Wolfgang VOIGT est sans doute l’artiste le plus insaisissable. La discographie du fondateur du label Kompakt est un vaste fatras de pseudos et de collaborations dans des styles divers et variés. En comparaison, l’œuvre de Richard D. JAMES a l’air d’une petite épicerie de quartier bien tenue. Chez VOIGT, c’est plutôt une grande surface après le premier jour des soldes. De manière spontanée, ce sont ses travaux d’ambient techno sous le pseudo de GAS qui ont acquis une certaine aura après des amateurs d’électro. « Spontanée », parce que Wolgang VOIGT, jusqu’en 2008, ne s’était pas trop soucié de rééditer les albums de GAS.

Tout a commencé dans la seconde moitié des années 90, avec la sortie de quatre albums et d’un single sur le légendaire label allemand Mille Plateaux. Avec la faillite de cette vénérable institution, les vinyles et CD originaux ont fini par atteindre des prix délirants sur le net. En 2008, Kompakt a enfin réédité les albums dans le coffret CD Nah und Fern, en bidouillant un peu le contenu au passage, ce qui n’a pas manqué de faire hurler les fans tatillons. Huit ans plus tard, en 2016, voilà que le label récidive avec un autre coffret sobrement baptisé « Box », une énorme boîte en carton qui rassemble presque la totalité de l’œuvre de GAS… à l’exception du premier album ! Les collectionneurs ne sont pas au bout de leur peine…

Toute cette activité était fort suspecte. Il se tramait quelque chose. Et voilà qu’en 2017, Kompakt annonce la sortie d’un nouvel album de GAS. L’édition CD comporte dix morceaux numérotés, auxquels vient s’ajouter un titre bonus pour l’édition vinyle. L’objet s’intitule Narkopop, ce qui le place dans la continuité de l’album précédent, Pop, sorti en 2000. La poudre de perlimpinpin en plus. A moins qu’elle n’ait toujours été là, ce qui expliquerait beaucoup de chose.

Dès le début du disque, les nappes brumeuses saturent le champ auditif, comme un brouillard qui s’abat lentement sur une forêt d’automne. La formule n’a pas changé malgré les années : les samples sont triturés, étirés, jusqu’à être rendus méconnaissables, parfois soutenus par une pulsation sommaire. C’est comme si Wolfgang VOIGT avait placé un orchestre symphonique au creux d’un bois un jour de grand vent, s’était éloigné de quelques kilomètres, et avait capté la rumeur des musiciens accompagnée des soupirs de la nature environnante.

Malgré ses 71 minutes, Narkopop n’est jamais ennuyeux, pas un seul instant. On se laisse happer très facilement par les boucles répétitives, les sens aux aguets, prêt à déceler la moindre vibration des textures, le moindre changement de rythme, la moindre variation de la mélodie. Le temps se fait élastique, les compositions pourraient aussi bien durer trois minutes qu’une heure. GAS distille des émotions contradictoires tout le long du voyage, de l’angoisse à l’émerveillement, tour à tour épique et lyrique.

Difficile d’extraire des moments de bravoure d’un monolithe pareil. Les dix morceaux s’emboîtent pour former une longue progression qui culmine sur la cinquième et la sixième pistes. Un rythme martial surgit au détour d’une plainte, comme si la forêt abritait un monstre mécanique dressé sur des échasses d’acier. On suit cet assemblage bringuebalant jusqu’à ce qu’une harpe brise la monotonie de la marche de ses notes impromptues. Est-ce seulement une harpe ? Est-ce bien un instrument ? Ou simplement des gouttes de son dont la chute résonne à n’en plus finir ? GAS joue à rendre ses sonorités inindentifiables, pour que chaque écoute soit une découverte à refaire.

Narkopop s’achève sur une dixième pièce plus longue que les autres, plus rythmée aussi. Le contraste avec ce qui précède est fort, à tel point que l’on voudrait danser sur cette pulsation inquiétante. Ce morceaux établit une passerelle vers les travaux plus strictement techno de Wolfgang Voigt, les pseudos STUDIO 1 et M:I:5 en particulier. La boucle est ainsi bouclée, dix-sept ans après les dernières notes de Pop.

GAS a longtemps été un secret d’initié. Des monuments comme Zauberberg et Königsforst ne sont pas vraiment ce qu’on pourrait appeler des disques immédiats. Ce dernier ajout à la discographie, plus mélodieux, plus accessible, est une fenêtre entrouverte sur un monde plus froid, plus exigeant, mais plus gratifiant aussi. Une invitation à se perdre en forêt, en quelque sorte.

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- Wolfgang 'gas' Voigt (tout)


1. Narkopop 1
2. Narkopop 2
3. Narkopop 3
4. Narkopop 4
5. Narkopop 5
6. Narkopop 6
7. Narkopop 7
8. Narkopop 8
9. Narkopop 9
10. Narkopop 10
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11. Narkopop 11



             



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