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PRINCE DIXON & THE JACKSON SOU - The Best Of Prince Dixon & The Jackson Southernaires (1997)
Par LE KINGBEE le 27 Janvier 2018          Consultée 403 fois

Pour paraphraser une pub télé sur une bagnole, on aurait pu vous parler de « It’s A Sad Situation » ou bien encore de « Mind Your Own Business », deux albums enregistrés par PRINCE DIXON et The JACKSON SOUTHERNAIRES, mais cet opus nous parait plus complet et surtout plus abordable en terme de prix et puis surtout avec ce « Best  » qui n’en est d’ailleurs pas un, vous en avez pour votre argent. En fait, cette compilation reprend presque (deux titres ont étrangement été oubliés) les deux albums précités. Les dix premières faces sont issues du vinyle « It’s A Sad Situation » édité en 1975 par Joliet Records, les six derniers titres proviennent de « Mind Your Own Business » publié par Hightone Records en 1984. Pour résumer vous avez là, chers lecteurs, deux disques pour le prix d’un. Hallelujah ! Il ne manque que deux titres « Mind Your Own Business » et « Closer To Jesus ».

Prince Dixon voit le jour en 1933 à Irvington, un bled perdu au sud de Mobile (Alabama). Au milieu des années 50, il s’installe à LA, rejoint la Mount Olive Baptist Church dont il devient directeur artistique. Parallèlement, il intègre le circuit Gospel, participant à de nombreux shows religieux et collaborant entre autre avec Brother Joe May, un révérend connu sous le sobriquet Thunderbolt of the Middlewest. Ce n’est qu’au début des sixties qu’il entame sa discographie, enregistrant un single pour le label texan de Don Robey Peacock Records. En 1967, ses prestations et sa foi lui permettent d’attirer l’attention de Brother Henderson, patron des labels Proverb et Gospel Corner pour lequel il enregistra une poignée de singles se comptant sur les doigts d’une main et deux 33 tours. A l’orée des années 70, PRINCE DIXON se lie d’amitié avec la famille Williams, un ensemble de Gospel fondé avant guerre mais n’ayant enregistré qu’à partir de 1969 sous le nom de The JACKSON SOUTHERNAIRES. Au cours d’un concert conjoint, PRINCE DIXON et les Jackson S. sont remarqués par le producteur Bruce Bromberg (déjà vu avec les bluesmen Lightnin’ Hopkins, Johnny Shines, Eddie Taylor ou Phillip Walker) qui décide aussitôt de les enregistrer.

Enregistré au cours de l’été 73, à l’Eldorado Studio Recordings, ancienne base arrière de Johnny OTIS, à Burbank (là où plus tard viendront enregistrer Talking Heads, Jane’s Addiction ou Alice In Chains) « It’s a Sad Situation » (les dix premières pistes) bénéficie du génie de Bromberg. En effet, afin de densifier le répertoire religieux du groupe, le producteur a l’idée de faire appel au guitariste Phillip Walker, au bassiste producteur Dennis Walker (futur producteur de Robert CRAY, sans lien familial avec son homonyme) ainsi qu’à une paire d’organistes avec Jerry Sadler et Johnny Banks (futur Bryan Lee). Si The Jackson Southernaires, se produisent depuis de trente ans, leur discographie est récente, la troupe n’ayant gravé son premier disque qu’en 1969 édité par Song Bird Records, une filiale de Duke-Peacock qui bénéficiait alors d’une distribution nationale via la firme ABC. Premier grand succès avec le single « Too Late », mais l’ensemble originaire de Jackson (Mississippi) a un autre atout dans sa manche de soutane, il dispose de sa propre radio et plus tard de sa propre émission télé Gospel Unlimited. La troupe fondée par Huey Williams n’avait donc pas besoin d’enregistrer pour se faire connaitre du public sudiste, les ondes se chargeant de propager leur répertoire. Ajoutons que l’ensemble sera l’un des premiers à introduire guitare, basse et batterie à ses prêches.

Revenons à nos moutons, pas ceux de la Bible ou autres animaux bêlant destinés au sacrifice. Si depuis sa création la troupe a connu d’inévitables changements de line-up, on retrouve en son sein James Burks, membre fondateur et Frank Williams, le rejeton de Huey Williams. La première partie (It’s a Sad Situation) comprend deux compositions du Frank Williams, six de Prince Dixon et deux traditionnels arrangés par Dixon. On se retrouve d’entrée de jeu comme happé par le rythme de « There Is No Excuse ». Intro de guitare, voix puissante, harmonies vocales exceptionnelles, le tout enveloppé par les ivoires de PRINCE DIXON dont le phrasé tient plus du rockin’ que du chant religieux. C’est autre chose que le titre homonyme des Louvin Brothers raseur au possible. Pas besoin de croire à la Résurrection pour se laisser bercer par ce tempo bien groovy. Même impression avec « Get Right Church », gros standard de la musique baptiste. Si le titre a connu moult versions apathiques (John Hammond, Staples Singers, Reverend Gary Davis), l’interprétation s’appuie plus sur celle de James Cleveland. Prince Dixon et les Southernaires se tirent une bourre pas croyable. A chaque chorus entonné par Dixon, la troupe répond coup pour coup, renforçant la puissance du morceau. La complicité entre les guitares de Williams et Walker de même que celle entre le piano de Dixon et l’orgue d’Haran Griffin ne laisse aucun répit. Un vrai titre de Gospel Rock n Roll, pas besoin d’avaler l’hostie le dimanche matin pour avoir envie de taper dans ses mains, voire de danser une gigue : « Get right church and let's go home - I'm goin' home on the mornin train » nous emmène non pas sur les voies du Seigneur mais du Diable.

Le Diable et sa musique, parlons en justement. « Take Me To The Water » tient plus du Blues et des légendes du Crossroad que du chant de bigot, même si les harmonies vocales n’ont de cesse de vouloir nous plonger dans l’eau, symbole de vie chez les baptistes. A contrario, « I Know I’ve Got The Holy Ghost » contient tous les ingrédients de la musique spirituelle. Cette ode au Saint Esprit monte crescendo, à l’instar des grands prédicateurs baptistes, Prince Dixon s’offre une longue litanie n’ayant pour but que de faire monter la pression jusqu’à la transe. « Live The Live I Sing About », second emprunt au gospel trad (Thomas Dorsey), a connu plusieurs moutures des plus rigoristes (Marion Williams, The Trumpeteers, The Fairfield Four). L’apport d’arrangements tournés vers le modernisme et une durée raccourcie empêche que le titre finisse par tourner en rond. Autre grande pièce « Mind Your Own Business » (rien à voir avec le titre homonyme d’Hank Williams) tient autant de la Soul que du Gospel avec une ligne de basse aussi ronde que groovy et un passage de piano évoquant le Memphis Sound. Excellent pianiste plein de feeling, Dixon porte à bout de bras « Sad Situation », titre dans lequel son chant se retrouve renforcé par la cohésion des harmonies vocales et un solo de guitare de Phillip Walker aérien et flamboyant. Du Grand Art ! Prince Dixon se montre également convaincant sur des titres plus doux comme la balade « I Wonder If The Day Will Ever Come ».

Les six dernières pistes proviennent donc de l’album « Mind Your Own Business » enregistré au Music Lab Studio de Los Angeles en 1981 sous la houlette de Bruce Bromberg. Mais cette fois, Phillip et Dennis Walker et les deux organistes ne sont pas de la partie. Bromberg décide toutefois de grossir la troupe avec l’arrivée d’un membre de la fratrie Williams, Brian Williams aux baguettes et du bassiste Paul Peters en provenance des Truthettes alors que le guitariste Tony Mathews (ex Ray Charles, Little Richard et Billy Preston) intervient sur trois morceaux. Les six titres proviennent des plumes de Frank Williams et Dixon ; seul « When It Needs Gettin’ Done », compo de Daniel Amy, échappe à leurs plumes. Malgré les absences des deux Walker, on reste à peu de chose prêt sur la même lignée. Les claviers d’Haran Griffin se révèlent toutefois plus présents. « I’ve Got Jesus By My Side » donne l’impression que les harmonies vocales sont en passe de prendre le dessus sur le chant de Dixon. Fausse sensation, la montée en puissance des choristes n’a pour but que d’accentuer la tension. Place à une petite balade avec « When It Needs Gettin’ Done » enregistrée quelques années plus tôt par Phillip Walker. Si le guitariste orientait la chanson sur de la Soul Blues West Coast, la version de Dixon s’annonce plus ronde et plus souple. On appréciera l’intro d’orgue sur « He Brought Me Out », titre bibliographique dans lequel Dixon invite les auditeurs à écouter son émission radio sur la KPFK de Los Angeles. Toutes les clefs pour que l’auditeur lambda se transforme d’un coup en bedeau sont réunies. Autre bon moment avec la ballade « Lord I’m Coming Back To You » annonciatrice des futures productions du label Malaco. La guitare de Tony Mathews endosse le premier rôle sur « Payday Is Coming », titre qui invite l’auditeur à se consacrer davantage envers Jésus par rapport au matérialisme.

Chanteur à la voix puissante, capable de mettre un public de croyants et d’impies à genoux, Prince Dixon nous délivrait un album d’anthologie avec « It’s A Sad Situation », disque qui mérite amplement la note maximale. Les six titres issus de « Mind Your Own Business » nous paraissent légèrement inférieurs et une note de 4 semble justifiée. Néanmoins, cette compil se verra gratifier de la note maximale. A la suite de ces deux disques regroupé pour ainsi dire en un, Prince Dixon n’enregistrera qu’un seul disque avec le Paul Burroughs Gospel Choir, une chorale de Los Angeles pour le label BRP. La collaboration entre le chanteur et les Jackson Southernaires s’arrêtera en 1975, l’ensemble étant embauché contractuellement par le label Malaco. Prince Dixon continuera d’animer son émission radio « The Gospel Caravan » sur la KPFK jusqu’à sa mort en mars 1997, année de cette publication.

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- Prince Dixon (chant, piano)
- Frank Williams (chant, guitare, chœurs)
- Paul Peters (chant, basse 11-12-13-14-15-16)
- Haran Griffin (chant, claviers 11-12-13-14-15-16)
- James Burks (chant, basse 11-12-13-14-15-16)
- Nathaniel Baldwin (chant, batterie 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)
- Brian Williams (batterie 11-12-13-14-15-16)
- Phillip Walker (guitare 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)
- Dennis Walker (basse 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)
- Charles Duncan (batterie 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)
- Johnny Banks (orgue 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)
- Jerry Saddler (orgue 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10)


1. There Is No Excuse
2. I Wonder If The Day Will Ever Come.
3. Get Right Church.
4. Stop Your Lying.
5. Take Me To The Water.
6. Sad Situation.
7. I Know I've Got The Holy Ghost.
8. Live The Life I Sing About.
9. I Thank The Lord.
10. Mind Your Own Business.
11. I've Got Jesus By My Side.
12. When It Needs Gettin' Done.
13. He Brought Me Out.
14. Lord I'm Coming Back To You.
15. Payday Is Coming.
16. I'm Glad.



             



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