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BRITISH BLUES  |  COMPILATION

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- Style : Them, The Yardbirds , The Pretty Things
- Membre : Eric Burdon

The ANIMALS - Trackin' The Hits (1990)
Par LE KINGBEE le 22 Mai 2019          Consultée 179 fois

La discographie des ANIMALS a de quoi faire peur. Il est en effet assez ardu de trouver son chemin entre les publications anglaises et les américaines, celles ci offrant des pochettes différentes avec parfois quelques changements de pistes. Mais le périple ne s’arrête pas là, il faut prendre en compte un nombre effarant de compilations avoisinant les 170 recueils. Oui vous avez bien lu, les Animals sont acteurs dans près de 170 compilations, les bootlegs et les disques semi-référencés n’étant pas comptabilisés ici. Les joies du Domaine Public ! Alors parmi ce florilège d’albums, pensons aux jeunes lecteurs n’étant même pas nés à l’époque où combo britannique brillait, pensons aussi à ceux qui étaient encore en couche culotte en 1990, année où cette compil va fleurir les bacs des disquaires. Rien qu’en 1990, ce n’est pas moins de treize galettes du groupe qui furent éditées, EMI en proposant trois à lui seul dont une pseudo « Complete ».

Attaquons nous à ce Trackin’ The Hits proposé par Decal, sous marque du label Charly. L’opus propose ici 19 titres enregistrés entre janvier 1964 et octobre 65, soit les années fastes, celles où le chanteur Eric Burdon était encore gérable et le groupe avec sa line-up d’origine avant qu’Alan Price usé par les tournées et les séances studios ne se fasse la malle. S’il est difficile de retrouver sa route parmi les disques des Animals, il est encore plus dur d’y voir clair avec leur sessiongraphie, certains titres ayant été enregistrés jusqu’à six fois et parfois compilés au petit bonheur la chance selon les publications. « Trackin’ The Hits » regroupe 19 titres, tous mis en boite par la line-up originelle entre janvier 1964 et mai 65, le groupe ayant multiplié les séances studio, radio, les Live et même des vidéo shows. Parmi ces 19 pistes, le compilateur ne propose qu’une seule composition, choix surprenant puisque Burdon et ses sbires composèrent de bonnes petites tueries. Cette orientation aurait tendance à suggérer que les Animals n’était qu’un petit groupe de reprises, mais les anglais furent bien souvent parmi les premiers, si ce n’est les premiers, à reprendre des inusités et des petites pépites qui seraient passées totalement inaperçues.

Alors écrémons cette compile en commençant par les quatre titres figurant sur leur EP le plus connu : « The House Of The Rising Sun », célèbre folk des années 30 mis à toute les sauces et qui connaitra durant les fifties d’intéressantes versions via des groupes dits de Protest Song. Mais c’est bien un total réaménagement de la chanson par l’entremise de Burdon qui amènera le titre sur la plus haute marche des hit-parades. La chanson sera bien sur adaptée en français agrémenté avec un texte n’ayant rien à voir avec ses prédécesseurs. Seconde pépite avec « Gonna Send You Back To Walker », une proche variante en plus entrainante du « Gonna Send You Back To Georgia » de Timmy Shaw. On conseillera également au passage les versions d’Hound Dog Taylor et de Gov’t Mule. Troisième petite perle avec « Baby Let Me Take You Home », plus que fortement influencé par le « Baby Let Me Hold Your Hand », une compo du prolifique Bert Russell (alias Bert Berns) enregistrée par Hoagy Lands. Dernière pioche avec « Talkin’ Bout You », reprise d’un titre de Ray Charles voguant entre Soul et Gospel délivrée ici sous un tempo beaucoup plus raide et accrocheur. Ici les paroles de Burdon sont sans cesse reprises en chœurs rappelant le principe des certains prêches baptistes, sauf qu’ici on n’est pas à l’église mais chez les magpies. Rien à voir avec « Qui aurait dit ça » une affligeante adaptation chantée par Sylvie Vartan puis Hallyday.

Autres emprunts au Genius avec « Mess Around » dans une version sage trop proche de l’originale et « I Believe To My Soul » qui témoigne que le groupe était aussi à l’aise dans la Soul et le R&B que dans le Blues. Du blues, parlons-en, nos rosbeef reprennent le »Boom Boom » de John Lee Hooker, les claviers de Price ayant tendance à adoucir légèrement l’autoritarisme de la version originale. Seconde pioche dans le répertoire de l’icône noire de Motor City avec « Dimples ». Dernier clin d’œil à Detroit avec « I’m Mad Again », sur lequel Burdon vocifère tel un prédicateur, comme lancé vers la voie céleste. Le groupe reprend à son compte avec gros nappage d’orgue le « Bright Lights, Big City » de Jimmy Reed et récidive avec « I Ain’t Got You », compo de Calvin Carter patron du label Vee Jay popularisée par le même Reed et Billy Boy Arnold.

On descend encore plus au Sud, vers la Nouvelle Orleans avec « Bring It On Home To Me », grand classique de Sam Cooke, le piano de Price distille une atmosphère quasi solennelle, presque épiscopale. Si Nina Simone demeure la première à avoir enregistré « Don’t Let Me Be Misunderstood », les anglais seront les premiers à le reprendre avec succès. Ce grand classique connaitra de nombreuses interprétations parfois guère buvables. En 1977, Santa Esmeralda, un groupe franco-américain de Disco Latino se permettra de faire regrimper le morceau dans les charts et dance floors du monde entier dans une version dédiée à la danse. Pas ma cam !
Parmi les autres réussites citons « We’ve Gotta Get Out Of This Place », compo du tandem Cynthia Weill/Barry Mann abordant les problèmes environnementaux et la pollution et qui deviendra de par son titre l’un des titres phares des américains partis patauger dans le Mékong. « Road Runner », une tuerie de Bo Diddley, connaitra une seconde vie au milieu des sixties via de nombreux groupes british (Pretty Things, Zombies) et les Animals s’en tirent merveilleusement bien : « I'm a road runner – honey Beep, beep-Ah, beep, beep … ». Bonne pioche avec « It’s My Life » avec une rythmique de métronomes, titre adapté par le regretté Dick Rivers sous l’intitulé « C’est ma vie ». Terminons ce tour de piste avec l’unique compo du groupe « I’m Crying » qui démontre que le groupe était aussi à l’aise dans le R&B, la Soul que le Blues. A noter que les Raiders de Paul Revere et qu’Iggy Pop en délivreront d’excellentes versions.

Parmi la multitude de compilations dédiées aux Animals, ce Trackin’ The Hits demeure un excellent exercice de vulgarisation. Le recueil idéal pour tout néophyte voulant découvrir ou se familiariser avec Burdon et ses acolytes. Une note de 4 même si les amateurs trouveront le recueil trop réduit et préfèreront les coffrets.

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   LE KINGBEE

 
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- Eric Burdon (chant, tambourin)
- Hilton Valentine (guitare)
- Alan Price (claviers)
- Chas Chandler (basse, chœurs)
- John Steel (batterie)


1. The House Of The Rising Sun
2. Boom Boom
3. I'm Mad Again
4. Dimples
5. I'm Crying
6. Talkin' 'bout You
7. Gonna Send You Back To Walker
8. Baby Let Me Take You Home
9. Mess Around
10. Bring It On Home To Me
11. Bright Lights Big City
12. Don't Let Me Be Misunderstood
13. We Gotta Get Out Of This Place
14. Roadrunner
15. I Believe To My Soul
16. How You've Changed
17. Let The Good Times Roll
18. I Ain't Got You
19. It's My Life



             



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