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- Style + Membre : The Flower Kings

KAIPA - Children Of The Sounds (2017)
Par BAKER le 7 Avril 2018          Consultée 246 fois

Et un album de prog suédois de plus. Pourrait-on dire, ou se plaindre, ou s'exclamer. Car la recette est connue : l'école FLOWWER KINGS a fait des émules, et donc quand on achète un KAIPA (qui rappelons-le était au départ l'ancien groupe de Roine STOLT, mentor des... FLOWER KINGS), on sait à quoi s'attendre : mélange de synthétiseurs outrageusement vintage et de choses plus digitales (et discutables), batterie aux accents un peu jazz, guitare verbeuse souvent parfumée à la wah-wah frénétique ou au fuzz, basse rondelette se baladant souvent dans les aigus et empruntant pis-que-pendre à Jaco PASTORIUS, et chant mélodique et joli mais pas toujours juste (la toute première phrase de ce disque vous en convaincra par ailleurs). Et, pour corser un peu le tout, quelques parties de guitare plus heavy, plus dures sur l'homme (mais molles sur le terrain) pour draguer ostensiblement un public de quarantenaires biberonnés aux pectoraux de PETRUCCI, tout en gardant un oeil sur le cheptel de soixantenaires friands d'anciennes plâneries. Le tout avec des chansons ne pouvant pas tomber en-dessous de six minutes cinquante parce que, voyez-vous monsieur, on a sa pudeur chez ces gens-là.

Et effectivement, le souci de cet album (et de tant d'autres du genre) est de ne rien apporter à l'édifice, sinon du plaisir. Et j'entends dire d'ici (pas sourd le vieux) que c'est déjà pas mal, que c'est même parfois l'essentiel. Le simple plaisir d'entendre des virtuoses s'éclater sur des thèmes grandiloquents, parfois mélodiques, parfois bien barrés, avec un son très chaud et très propre (zéro surprise de ce côté). Ce sera donc le cas, avec quelques bémols ; la différence entre ces albums du même moule provient de l'inspiration divine, et ici elle s'est montrée éparse. Il suffit d'écouter le morceau-titre pour s'en convaincre. Outre qu'il soit difficile de ne pas penser à "Children of The Moon" du ALAN PARSONS PROJECT, le morceau étend outrageusement un thème mélodique sympathique mais un peu casse-pieds. On s'en rend compte lorsque le pont s'en éloigne : tout de suite, la chanson est aérée. De même pour le solo, technique mais un peu longuet. Et le côté grandiloquent est sans cesse piraté par l'apport de claviers funky assez légers. Bref, tout et son contraire, ce qui est l'apanage de ce style, de cette école suédoise. On aime ou pas. C'est mignon. Comme le chaton de votre voisine : c'est meuuuuuuugnon.

Et la majeure partie de cet album long (un peu trop) restera dans l'optique du "j'y vais ou j'y vais pas" : ça riffe heavy mais pas trop, ça se calme mais c'est encore trop chargé. "On The Edge", du haut de ses colossales dix-sept minutes, lorgne vers The TANGENT, avec un final très épique et un pont enjoué et frais, mais aussi une petite lourdeur sur la longueur. Le rappel du thème de départ est à double tranchant : c'est chouette, mais justement ça rappelle qu'il y en avait un, de thème. Et il nous semble désormais, ouhhhhh là, mais loiiiiin, comme quand vous cuvez votre septième pastis sur le transat par 36 degrés à l'ombre (NDLR : Toute ressemblance avec la réalité du chroniqueur, hein...)

Le final "What's Behind The Fields" souffre lui aussi d'un mélange belles mélodies / passages barrés / chant... disons sur le fil du rasoir. L'album se finit sur un très long solo mélodique et émotionnellement chargé, le final de disque de prog habituel quoi, mais ça manque un poil d'authenticité, même si les amateurs du genre risquent de se régaler. Non, jusque là vous vous dites que c'est un album tout ce qu'il y a de plus moyen (effectivement il l'est), mais surtout, vous devez vous demander si on parle bien de KAIPA. Car l'avantage de ce groupe sur ses congénères, c'était l'apport, très discret mais vital, d'éléments empruntant au folklore suédois. Vous n'en trouverez que peu ici, mais comme par hasard, ce sera sur les plus grandes réussites. "Like A Serpentine" possède une partie électrique hors de propos et un peu orchidoclaste, mais ses parties acoustiques, bucoliques, aériennes, très GENESIS période Gabriel, font mouche. Une belle chanson qui aurait besoin d'un solide edit.

Clou du spectacle, "The Shadowy Sunlight" avec son violon fou vous fera irrésistiblement penser au génial "Haymaking" de BIG BIG TRAIN. La chanson est en deux parties : la claire, qui donc est champêtre en diable et rappelle même le SECRET SKY de Caroline LAVELLE (la classe en moins, tout de même), et la sombre qui lorgne vers IQ, c'est dire si on donne pas dans la gaudriole. Cette fois, le mélange des deux fonctionne vraiment, et le groupe va au bout de ses folies tout en restant accessible - voire entraînant. O stupeur ! C'est, de loin, la chanson la plus courte de l'album. Comme quoi, ce qu'on raconte sur la taille, hein... (NDLR : Toute ressemblance avec la réalité du chroniqjqjqkqqqmqmmmhhhhhhhhh  !!!!). Bref, et c'est un mot qu'on n'a pas l'habitude d'employer quand on parle du rock progressif scandinave, KAIPA nous livre un album "de plus", avec ses qualités, ses défauts, souvent les mêmes, les usual suspects. Les fans ne se sentiront pas trahis, l'album n'est absolument pas bâclé ; les novices auront bien plus urgent à acquérir.

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- Aleena Gibson (chant)
- Patrik Lundström (chant)
- Per Nilsson (guitare)
- Hans Lundin (claviers, choeurs)
- Jonas Reingold (basse)
- Morgan Ågren (batterie)
- Elin Rubinsztein (violon)


1. Children Of The Sounds
2. On The Edge Of New Horizons
3. Like A Serpentine
4. The Shadowy Sunlight
5. What's Behind The Fields



             



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