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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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ISABELLE BOULAY - En Vérité (2017)
Par BAKER le 13 Avril 2018          Consultée 241 fois

Bon, déjà, la pochette, hein, mazette.

Voilà, ça, c'est fait (mais on a l'habitude avec IsaBELLE Boulay). Maintenant, le contenu. C'est avec l'aide très active (compos mais aussi instruments divers, production et prog) de Benjamin "Je Suis Partout" Biolay que notre Québecoise a concocté ce nouvel album, un album qui correspond pas mal à ce qu'est notre monde actuel : un peu plus glauque, plus défaitiste qu'avant, mais avec toujours ce besoin d'avancer. Long, très, et même trop comme nous allons le voir, ce En Vérité sera certainement un délice de plus pour les grands fans de la chanteuse : la voix est toujours présente, avec un supplément de graves cette fois (sa tessiture s'est graissée), et il y a pléthore de chansons sympathiques qui leur plairont. Quid alors des autres, ceux qui découvrent la dame ou qui, comme votre serviteur, ont tendance à chasser les poux sur les crânes des chiens errants ?

D'abord, ce disque est moins un album condensé qu'un panel de collaborations, Biolay servant plus de lien, de transition - et parfois, il faut le dire, de sauvetage de meubles. Preuve en est que du haut de ses 14 titres, ce En Vérité aurait franchement mieux fait de se terminer sur le 12ème, à savoir la chanson-titre : très jolie ballade douce-amère qui malgré son pessimisme aurait contenté tout le monde. Non, ce disque se montre pas mal disparate, côté ambiances mais surtout côté qualités.

Y a-t-il des réussites ? Oui, une bonne poignée. A commencer par le titre d'ouverture, qui est à lui seul un condensé de ce qu'on peut aimer/haïr chez Benji Bio : des paroles parfois nazes et des arrangements superbes, un mélange de la variétoche post-2010 que l'on déteste tant et d'un classicisme de bon aloi, flirtant avec Serge REGGIANI (qu'Isabelle connaît bien, l'ayant déjà repris). Le son est assez magnifique, toujours organique même sur les gros loupés, et côté batterie, très mise en avant, les amateurs apprécieront le festival Denis Benarrosh, toms graves lourds inclus. Placé très judicieusement, "Toi Moi Nous" est l'autre gros tube potentiel, rappelant un peu Volver, pas tout à fait au niveau stratosphérique potentiel mais avec de jolies choses, notamment cette guitare ultra-saturée en fond sonore pendant le solo de violon : du Biolay tout craché !

Les amateurs des racines country d'Isa seront aussi à la fête avec "Won't Catch me Cryin'" bien reprise, honnête, et surtout un inédit très cliché mais totalement réussi dans son genre : "Nashville". Plus Dolly PARTON, plus attendu, plus déjà-vu que ça tu meurs, mais dans son genre, c'est justement très bien fait. Stupeur, c'est l’œuvre de Cœur de Pirate ! Quelques autres titres plutôt mignons font l'affaire : "Tout Sera Pardonné" un peu pataud mais plein de bonnes intentions, une jolie "Voir La Mer" qui chantée par SALVADOR n'aurait pas choqué dans le paysage, un beau "Souvenir", une "Route avec Lui" avec un petit côté GOLDMAN auquel il ne manque qu'une ambiance purement Lynchienne pour aller au bout de son sujet. Plein de chansons réussies, aucune indispensable, mais qui font le job.

Maintenant, impossible de passer à côté des ratages, et ils sont costauds. "Una Storia d'Amore" fait dépaysement de Carrefour Market, on n'y croit pas une seconde. D'après un texte signé Carla Bruni qui doit être payée à la ligne et en fout des tonnes sous trois couches de clichés, "Le Garçon Triste" ne peut pas être sauvé par un Julien Clerc qui transforme une chanson de 2 minutes 52 en opéra-concept de THERION (je parle de la durée, pas de la qualité). Curieuse et totalement incongrue, la reprise de la sublime "Mains d'Or" de Bernard LAVILLIERS est non seulement très mal placée, mais franchement incongrue. Hein ? Je l'ai déjà dit ? C'est incongru ! Sérieusement, là aussi, comme y croire ? Isabelle meuleuse-fraiseuse à Tourcoing ? Même en mettant le texte de côté, la reprise musicale n'a aucun intérêt. Enfin, finissant très mal l'album, "Guerre Civile" est un affligeant pensum progressiste (comme le mouvement social hein, pas comme le rock avec des JP-8000 qui font ouin-ouin-ouin), œuvre lourdingue d'un Raphaël inutile.

Des ratés donc, mais aucun album de notre diaphane brune n'a jamais été parfait de A à Z. Il faudra donc faire une petite sélection et se laisse guider au gré de quelques mini-voyages bien fichus, chaleur du mixage et proximité de la voix aidant. De la variété pas mal faite, loin des splendeurs d'antan, loin aussi de quelques atrocités bien connues des services de police. Isabelle, résiste, tiens-toi loin de ces résidus, tu peux le faire. Parle-moi, regarde-moi ! Mon numéro est... (NDLR : Euh... dans l'annuaire, ça ira ?).

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   BAKER

 
  N/A



- Isabelle Boulay (chant, choeurs)
- Benjamin Biolay (prog, claviers, guitare, trompette, choeurs)
- Nicolas Fiszman (guitare, basse)
- Yan Péchin (guitare)
- Raphaël Haroche (guitare, claviers)
- Marc Chouarain (claviers)
- Michel Amsellem (claviers)
- Denis Benarrosh (batterie, percussions)
- Aleksander Angelov (basse)
- Afaf Robillard (basse)
- Mathieu Gayout (batterie)
- Almos (mandoline, guitare)
- Joe Grass (pedal steel)
- Alex Mcmahon (piano, choeurs)
- Pablo Gigloni (bandonéon)
- Amanda Malela Mbuyi (choeurs)
- Gabrel Gratton (choeurs)
- Alex Nevsky (choeurs)


1. Mon Amour (la Supplique)
2. Tout Sera Pardonné
3. Won't Catch Me Cryin'
4. La Route Avec Lui
5. Nashville
6. Una Storia D'amore
7. Un Souvenir
8. Le Garçon Triste
9. Toi Moi Nous
10. Voir La Mer
11. Les Mains D'or
12. En Vérité
13. Le Train D'après
14. Guerre Civile



             



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