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ORANGE BLOSSOM - Orange Blossom (1997)
Par JOVIAL le 12 Mai 2018          Consultée 259 fois

ORANGE BLOSSOM est à l'image de sa ville d'adoption, une porte entre deux mondes. Terre d'accueil, port d'attache ou point de départ, Nantes est depuis quelques siècles une confluence. En amont, la modernité implacable de l'Europe, sa crasse et ses tours d'aciers. En aval, le grand large et ses promesses exotiques, l'Afrique, l'Orient, pourquoi pas l'Amérique. D'ailleurs, c'est avec l'arrivée d'un percussionniste d'Outre-Atlantique, Carlos Robles Arena, que la première mouture d'ORANGE BLOSSOM se stabilise à partir de 1995. Mais la véritable éclosion ne survient encore que deux ans plus tard, après une signature chez le label Prikosnovénie et un détour à Rennes derrière les consoles du Drop Studio. L'album est éponyme, mais la pochette ne laisse aucun doute quant à notre destination. Tatouages berbères et poussière ocre. Les neiges de l'Atlas brillent à l'horizon, le groupe vient de débarquer au Maroc.

Que l'on ne s'y trompe pas, le trio nantais ne verse pas dans la musique traditionnelle. Au contraire, Orange Blossom ne cesse de traverser l'azur, les pieds au Nord mais la tête au Sud. Djembés et dum-dum se fondent dans les cadences hip-hop, trip-hop et électro. De même, le violon oriental du flamboyant Pierre-Jean Chabot survole l'album sans contraster avec les climats urbains et froids que programment ses deux camarades. Au chant, Jay C répond en anglais aux samples en arabe.

De fait, chaque titre fait l'objet d'associations surprenantes. On ne devine ainsi que rarement la fin d'un morceau. Un rythme, une incantation, une mélodie, celui-ci se construit pas à pas, étend son atmosphère, sans hâte aucune, entre errance et prière. Et puis vient la chute, tantôt brutale, tantôt douce, menant à une transe tournoyante et païenne. Si le procédé semble se répéter ainsi sur toute la longueur du disque, ORANGE BLOSSOM est cependant loin d'être rébarbatif. La merveilleuse « Maria Del Sol » parcourt l’Al-Andalous en Cid poète et aimant. Celui-ci s'éteindra au bout du voyage, épuisé, dans les derniers instants de la brûlante « I'm Dying », dont la ronde fiévreuse s'évanouit en un coma brumeux et pathétique. Le texte, lui, provient d'un chant populaire indien. L'orage n'est aussi jamais loin en ces latitudes méditerranéennes et éclate même régulièrement dans le ciel de « Bata », d'un érotisme noir et de l’onirique « Trinity ». Improbable écart électronique, « Die Stadt » s'autorise une remontée vers la Ruhr et reprend les vers de l'expressionniste allemand Georg Heym. Plus étonnante encore est la sensuelle « Anaconda Girl » qui ouvre les hostilités d'un tempo West Coast et n'annonce en rien les pérégrinations suivantes.

Ce premier album est un melting-pot d'une richesse admirable. On aurait tort de n'entendre ici que la traduction world-music de MASSIVE ATTACK ou TRICKY. Nos trois Nantais flirtent autant avec ces derniers qu'avec la pop nostalgique de THINDERSTICKS et l'électro ethnique de TRANSGLOBAL UNDERGROUND et ASIAN DUB FOUNDATION, dont le chanteur Jay C revendique par ailleurs une certaine filiation à l'époque (1). Mais en 2000, celui-ci jette l'éponge et c'est sensiblement qu'évoluera le style d'ORANGE BLOSSOM par la suite. Huit ans plus tard, le bien-nommé Everything Must Change révélera une musique certes impressionnante, mais aussi moins ambitieuse.

Note : 4/5
À écouter d'urgence : « Maria Del Sol », « I'm Dying » et « Trinity »

(1) http://www.prikosnovenie.com/groupes/orangek.html

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   JOVIAL

 
  N/A



- Carlos Bauz (percussions/prog)
- Jay C (chant/claviers/prog)
- X (violon)


1. Anaconda Girl
2. Maria Del Sol
3. Bata
4. N.
5. Die Stadt
6. I'm Dying
7. Trinity



             



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