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WEEN - Godweensatan : The Oneness (1990)
Par ALENDEM le 17 Mai 2018          Consultée 154 fois

Ween ! Alors ça, c’est quelque chose. La fierté de New Hope, PA, l’archétype de la formation musicale culte américaine de l’autre côté de l’Atlantique, totalement méconnue ou au moins tombée dans l’oubli par chez nous les Gaulois.

Dean Ween et Gene Ween, deux ados frangins cul-terreux gavés au Pork Roll Egg and Cheese, spécialité du coin, montent Ween à eux deux en 1984 dans une optique bien précise, un leitmotiv qui les suivra tout au long de leur indicible et prolifique carrière : foutre la zone dans l’industrie du disque. En termes d’intégrité, on aura rarement vu plus solide jusqu'à présent. Les deux boutonneux signent en 1989 chez Twin/Tone Records et nous balancent un an plus tard leur premier album : GodWeenSatan : The Oneness.

S’ensuit plus d’une quinzaine d’années d’albums tous aussi denses et variés les uns que les autres, une relecture complète de la Pop Music anglo-saxonne dans laquelle les frères Ween se permettent tout et expérimentent avec la plus grande décontraction au monde. Les deux loustics jouent partout dans le pays de l’Oncle Sam et collaborent à tout va avec les gros noms du genre (QUEENS OF THE STONE AGE, SOUTH PARK, Les CLAYPOOL).
Mais, pour l’instant, et avant d’un peu trop s’emballer, on va déjà s’occuper du premier album, de cet espèce de « truc » long d’une heure et quinze minutes. Aïe. C’était pas gagné.

Le premier élément important à prendre en compte lorsqu’on se lance dans l’écoute de cet album, c’est le contexte dans lequel il a été enregistré. On parle de deux frangins complètement allumés sous l’emprise principale de tout ce qui se carre dans le bec, obsédés par le fait de composer et d’enregistrer le plus de morceaux possibles, la qualité passant au second plan.
Les premières démos sont réalisées sur enregistreur Tascam 4 pistes à cassette, et le mieux que pourront en sortir les Ween Bros s’écoute dans ces six déferlantes Lo-Fi noise affreuses et incompréhensibles, parsemées de tentatives Spoken Word à la mords-moi le nœud, ou encore d’une reprise de « She said, she said » des BEATLES à peine plus audible. À se demander pourquoi Bird o’Prey a déposé le bilan de son label à peine quelques mois après la parution de Prime5, dernière démo de cette série. Autant vous dire qu’on revient de loin sur GodWeenSatan : The Oneness. Cette fois-ci, on arrive à peu près à discerner guitares et batterie. J’exagère à peine. Allez, pourquoi pas après tout, c’est rigolo d’être un ado, mais pas sur mon label merci bien. Promis je serai plus gentil après.

On lance le disque et ça démarre à pleines burnes sur « YOUUUU FUUUCKED UUUUUP » (by Ween), soit une minute trente-sept secondes d’un Punk explosif, minimaliste et ultra efficace. C’est pas grand-chose mais ça défonce. Sur « Tick », on commence à sentir l’identité du son du groupe se dessiner petit à petit. Premier constat : WEEN aime les voix doublées complètement idiotes et le Flanger à fond. Et WEEN aime faire simple, c’est une évidence. On est dans une énergie brute où le Dans-Ta-Gueule passe avant tout. PUNKROCKNOMDEDIEU. Punk Rock nom de Dieu ? Non, pas vraiment. Punk, pas dans la forme, plutôt dans le fond, dans le rejet de toute esthétique prédéfinie (on sort tout juste de l’exubérante période des années 80) et autres codes de bien-pensance Pop. On est clairement dans le « Allez vous faire foutre, on fait ce qu’on veut ».

Car WEEN fait tout . Peut-être un peu trop tout, un peu trop vite en tout cas. Les morceaux s’enchaînent à une vitesse incompréhensible, on oscille entre le Blues-Rock de « Fat Lenny », la Pop British de « Don’t Laugh, I Love You », le Jazz de « Never Squeal », le ??? de « Bumblebee » et j’en passe et des meilleures. Ca hurle dans tous les sens, la gratte de Dean Ween perce les oreilles, on est visiblement dans l’idée de s’arrêter à la première prise, sans Overdub, sans retouche aucune … « Not to be that guy » comme on dit dans les séries US, mais très franchement c’est trop. Ou pas assez peut-être. En tout cas, les gaillards ne nous laissent absolument aucun moment de répit, pas une seconde de respiration.

Même dans un « Don’t Laugh, I Love You » aux voix pitchées très mignonnes, ça se finit sur des cris d’agonie à ne plus savoir quoi en foutre. C’est limite fatiguant, surtout quand on est dans l’optique de se taper l’album d’une traite. Certains morceaux indépendamment sont des tueries, mais combinés ensemble, nom de Dieu, l’épreuve. On croit être au bout de nos peines sur la douzième piste de l’album, « Nicole », un bon petit Reggae de blanc pour se reposer les tympans le temps de deux-trois minutes. Sauf que cette fois on n’est pas sur du deux-trois minutes mais littéralement sur une boucle de neuf minutes. Pas un changement dans le morceau, sinon un solo de gratte à la talk box. Super ! Passez-moi l’expression mais là vraiment, « quelle bande de connards » comme on dit dans les séries FR. Allez, on enchaîne. « WAAAAA- » « AAAAAAAAA » « El Camino » (tiens du Flamenco Rock !) « RRRAAAAAAAH » ma têêêêêêête.

Non, je suis vraiment méchant, c’est loin d’être tout mauvais. Ça a le mérite d’être super drôle et de franchement sortir du lot. Je me répète mais l’album est vraiment chamarré de dingueries Punk gonflées à bloc pour tout tuer dans la fosse. Quand Dean Ween prend le micro sur son « Old Queen Cole », ça défonce méchamment. L’enchaînement « Licking the Palm for Guava »/ « Mushroom Festival in Hell », doublette de l’espace pour Hippies cramés du Camtar, ça le fait à fond, clairement.

On se réhabitue tranquillement à s’en prendre plein les esgourdes, et voici que débarque la deuxième épreuve de l’album. « L.M.L.Y.P. » (comprenez « Laisse-moi te lécher le miaou »), funk rock lascive/énorme hommage rendu à PRINCE (dans la citation de ses « Shockadelica » et Alphabet St. »). Huit minutes bien tassées. Sauf que ça passe un peu plus cette fois ci, et on se marre franchement à écouter les deux nerds narrer la liste des coups de Mojo que s’apprête à subir mademoiselle. Alors, pourquoi huit minutes quand la moitié aurait largement fait l’affaire ? Certainement un mode d’emploi dissimulé de la durée parfaite pour un léchage de chatte en bonne et due forme. J’en sais trop rien, j’ai pas encore mis ça en pratique. Je serais bien incapable de lécher une chatte sur un morceau comme celui-là, ça me ferait beaucoup trop rire. Mais le pari est réussi, on frisait l’escroquerie, on va rester sur un bon gros foutage de gueule à l’ancienne.

Tout album mérite d’avoir sa perle qui justifierait à lui seul l’achat du disque. La perle de l’album se nomme incontestablement « Birthday Boy ». Dieu que c’est beau! J’ai toujours été bluffé par ces artistes qui réussissent à faire passer autant d’émotions dans trois pauvres accords et un couplet/refrain. Le morceau se termine sur un extrait d’« Echoes » de PINK FLOYD et le résultat est sans concession : ces mecs savent pondre des morceaux à tomber quand l’envie leur en prend. Et l’album d’enchaîner dans cette bouillie de grand n’importe quoi, pour se terminer sur la réponse à l’énigme qui nous taraudait depuis le début de l’écoute « My brain is dead from too much pot, ‘Cause D|g|E|e|A|n|N|e| and I smoked too much pot ». Évidemment, c’était trop simple.

Ce premier album apporte une notoriété très prometteuse au groupe durant les deux années suivantes : tournée aux USA en ouverture de Henry ROLLINS (Black Flag), tournée au Pays-Bas. A l’époque, l’album a dû faire causer, j’imagine. Aujourd’hui, on se plaît à se faire casser le crâne par les morceaux les plus ravageurs de la Tracklist et à faire tourner « Birthday Boy » encore et encore, mais pour écouter l’album d’une traite, la solution la plus fiable que j’aurais à vous conseiller reste celle de la mescaline. À suivre, oh que oui, à suivre.

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   ALENDEM

 
  N/A



- Gene Ween (chant, guitare)
- Dean Ween (guitare, chant)
- Andrew Weiss (basse, production, mix)
- David Williams (chœurs sur 'i'm in the mood to move')
- Eddie Dingle (chant sur 'nan')
- Theo Van Rock (mix)


1. You Fucked Up
2. Tick
3. I'm In The Mood To Move
4. I Gots A Weasel
5. Fat Lenny
6. Cold + Wet
7. Bumblebee
8. Don't Laugh (i Love You)
9. Never Squeal
10. Up On The Hill
11. Wayne's Pet Youngin'
12. Nicole
13. Common Bitch
14. El Camino
15. Old Queen Cole
16. Nan
17. Licking The Palm For Guava
18. L.m.l.y.p
19. Papa Zit
20. Old Man Thunder
21. Birthday Boy
22. Blackjack
23. Squelch The Weasel
24. Marble Tulip Juicy Tree
25. Puffy Cloud



             



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