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WEEN - The Pod (1991)
Par ALENDEM le 5 Octobre 2018          Consultée 200 fois

1990. Les frangins Dean WEEN et Gene WEEN (du groupe WEEN) viennent de sortir leur premier effort, « GodWeenSatan : The Oneness ». Un sacré coup de pied dans la fourmilière de la musique Underground Nord-Américaine qui leur ouvrira les premières portes du monde du Rock’n’Roll, entre mini-tournée en Hollande et premières interviews télévisées. Le groupe bénéficie alors du fort soutien d’Henry ROLLINS (BLACK FLAG) et possède déjà une réputation scénique bien bâtie. On leur accordera l’avantage certain d’être prioritaires sur les premières parties de tous les groupes venant jouer dans leurs salles fétiches: le John and Peter’s de New Hope, Pennsylvania; ainsi que le City Gardens de Trenton, New Jersey. GWAR, BUTTHOLE SURFERS, THEY MIGHT BE GIANTS… Tranquilles quoi.

Ce n’est qu’un an plus tard que les choses vont sérieusement commencer à se corser, avec la sortie de leur deuxième album studio. On va s’attaquer à quelque chose de compliqué, c’est le moins qu’on puisse dire. Contextualisons, voulez-vous : Dean et Gene WEEN (du groupe WEEN donc) partagent un appartement miteux situé dans le plus reculé des lieux-dits de Pennsylvanie, où viennent se réfugier les mouches de l’écurie d’à côté. De cette coloc’ de sous-ados finis à la pisse naîtra un lieu d’expérimentations sonores à toute épreuve pour les frères WEEN. Des centaines d’heures de morceaux, démos et autres petits bouts de trucs seront mis en boîte sur TASCAM PORTASTUDIO, l’enregistreur portable 4 pistes à cassette chouchou de tout StoNerd de l’époque qui se respecte. Demandez à John FRUSCIANTE ou RZA dans le doute.

Dean et Gene vont passer ces derniers instants de cohabitation isolés dans leur « capsule » (que l’on traduit en Anglais par POD) sous l’influence d’une maladie bien courante chez les jeunes adultes pas très regardant sur l’hygiène et l’échange de salive : la MONONUCLEOSE. Une saloperie qui peut clouer au lit n’importe quel viking de 20 piges sur une durée pouvant s’étirer jusqu'à deux mois. La mononucléose, ça fatigue, ça éteint, ça prive de toute activité physique concrète. Autant dire que quand on attrape le virus, on reste chez soi. Et dans le cas de D&G, on fait le plein de protoxyde d’azote, de Molly, de THC, et on enregistre tout et n’importe quoi pour éviter de mourir, avec le peu de force qui nous reste pour brailler dans un micro, plaquer un accord de guitare et programmer un Pattern de batterie. Hallelujah, « The Pod » est né.

Alors, en voilà un album qui va rebuter aux premières écoutes. On est de base prévenu par cette pochette, détournement bien gratos du mythique Best Of de Léonard COHEN. Y est incorporé le visage de « Mean WEEN » (bassiste intérimaire de l’époque) en pleine dégustation du fameux «Nitrous Oxyde Powered Bong ». Je n’en ai personnellement jamais vu en action mais je devine le procédé et imagine que ça doit faire mal. Et l’album va faire mal. On n’est vraiment pas sur la base d’un album très accueillant et confortable, quelque soit le matériel audio. C’est pur Lo-fi au programme, pour 23 titres sur une durée complète de 76 minutes. C’est lent, poisseux, c’est plaintif, dégueulasse en d’autres termes. Les fans du groupe qualifieront la démarche de « BROWN », quand tout ce qui reste est un gros tas de bouse bien bio, perturbante mais plus naturelle que votre café du matin. Les voix sont pitchées jusqu’à l’os, les guitares complètement désaccordées, c’est mixé comme de la merde et ne parlons même pas de ces batteries programmées avec les pieds. Si vous êtes plutôt adeptes du bon Poum Tchack des familles, passez tout de suite votre chemin.

Pourtant quelque chose se passe au fil de l’album. Les larrons réussissent progressivement à créer un lien d’attachement entre l’auditeur et le groupe et on se retrouve vite pris dans une réelle expérience immersive. Parce que l’on sent la musique qui sort de ce TASCAM 4 pistes sortie tout droit des tripes des musiciens en action. Les gars se battent avec leurs instruments, cherchent à faire ressentir le profond mal-être du junkie paumé et les conditions désastreuses dans lesquels fut enregistrée la chose. Une fois ce décor planté, notre cerveau applique un travail de réarrangement et on arrive toujours un peu plus à percevoir les mélodies, le sens des textes, l’ambiance respective de chaque morceau. Et franchement, c’est la claque.

La versatilité d’un album comme The Pod est effarante : du groove de « Dr Rock » à la complainte « Right To The Ways and The Rules of The World », en passant par la diablerie Metal « Sketches of Winkle » et la boucle complètement con d’ « Awesome Sound », tout y passe. Les ambiances de commande à rallonge de Drive Thru sur « Pollo Asado » sont à crever de rire, les habitudes culinaires et personnages récurrents du duo ( « The Stallion – pt.1 & pt2 », « Pork Roll Egg And Cheese ») commencent à faire surface. C’est vraiment bluffant de voir ces deux crétins Pennsylvaniens enchaîner avec autant d’aisance les styles, genres et registres, sans que toute la contrainte matérielle et sonore de la conception d’un album ait l’air de les atteindre. Comment ne pas savourer la ballade gazouillante d’un « She F**ks me » ou d’un « Oh My Dear (Falling In Love) » sans sombrer dans le plus profond des « Aaaaaaaw ». Comment ne pas secouer compulsivement son derche sans même se poser la question de ce qu’on est en train d’écouter au son d’un « Molly » ou d’un « Frank », crado sa race à toute épreuve, mais pourtant foutrement efficace. Remarque si, je pense qu’on peut passer à côté de ce genre de ressentis, c’est vraiment un drôle d’album. Mais pour les amateurs de nouveaux sons venus d’ailleurs, quel pied mes amis.

WEEN vient donc de casser le crâne d’une grosse partie de la scène Sous-sol des U.S. of A, et va rapidement se faire contacter par Elektra Records qui leur proposent de signer pour cinq albums et de se lancer dans la grande industrie du disque. Le prochain album de WEEN doit donc être une machine à tube formatée pour toutes les radios des campus et Wallmarts. Il s’appellera «Pure Guava». Les pauvres, s’ils avaient su…

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   ALENDEM

 
  N/A



- Dean Ween (guitares, chant)
- Gene Ween (chant)
- Mean Ween (basse sur 'alone')


1. Strap On That Jammypac
2. Dr. Rock
3. Frank
4. Sorry Charlie
5. The Stallion (pt. 1)
6. Pollo Asado
7. Right To The Ways And The Rules Of The World
8. Captain Fantasy
9. Demon Sweat
10. Molly
11. Can U Taste The Waste?
12. Don't Sweat It
13. Awesome Sound
14. Laura
15. Boing
16. Mononucleosis
17. Oh My Dear (falling In Love)
18. Sketches Of Winkle
19. Alone
20. Moving Away
21. She F**ks Me
22. Pork Roll Egg And Cheese
23. The Stallion (pt. 2)



             



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