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PHARMACOPOLIS - City Of Sinners (2017)
Par LONG JOHN SILVER le 20 Août 2018          Consultée 554 fois

Plutôt que de se navrer à propos de la vacuité de la programmation mainstream actuelle, sur l’absence de prise de risque des majors qui encombrent les rayons disques de machins plus-insipides-tu-meurs, prenons ensemble le maquis et allons dénicher le talent là où il s’exprime. Car non, il n’a pas disparu avec la boursouflure qu’est devenue la société de consommation. Non, les jeunes ne sont pas plus cons que les anciens, oui ils savent mieux se servir de la technique plutôt que de la technologie, non ils ne sont pas incultes, oui ils savent recycler ce qui passe à portée de leurs oreilles, sans installer de pseudos barrières : si c’est bon, le nombre des années n’est ni un handicap ni un sésame.

Des tas de groupes font de la super musique, un peu partout sur la planète, choisissent la liberté plutôt que les entraves pailletées du showbiz. Un exemple ? Les ados des LEMON TWIGS ont fait leur effet en balançant le disque pop le plus culotté depuis des lustres, et depuis on redécouvre la pluie. Du moins les mélomanes, parce que ladite mélomanie ne fait pas partie des qualités obligatoirement requises pour faire vivre l’industrie musicale moderne, pour ça mieux vaut sortir d’une école de commerce. Et c’est typiquement ce qui tue la poule aux œufs d’or. Pourtant, les pépites existent, vivent. PHARMACOPOLIS, formation de Clermont-Ferrand, en est une. Formé courant 2015 par trois musiciens associés à un vidéaste, issus de la scène Metal. Le groupe s’oriente vers la Pop inspirée des grandes heures (comprendre 60/70’s) tout en n’oubliant pas celle, plus clinquante, engendrée par la New Wave, ni celle influencée par le Grunge. Le tout en préservant une vapeur Doom, l'énergie Stoner, en rapport avec les racines musicales de ses acteurs. Sa charte visuelle est basée sur un univers en noir et blanc, notamment celui du cinéma de genre d’entre deux guerres. Toute comparaison avec le groupe suédois GHOST n’est d’ailleurs pas à écarter, même si de l’aveu des musiciens, ceux-ci ne connaissent pas vraiment le proto blockbuster nordique. Il n’empêche, les références au Diable sont ici légion et les atmosphères mélancoliques/horrifiques font le lit de chansons pop fignolées, souvent pêchues, dont les mélodies frappent par leur immédiateté. PHARMACOPOLIS se définit comme jouant du Cabaret Rock.

City Of Sinners est un concept album narrant la vengeance du professeur Pharmacopole, prêt à tout pour contrôler la cité en question. Afin d’asseoir son empreinte, le trio utilise force samples de boîtes de musique, d’instruments à vent voire à cordes, de clavecin. Les rythmiques syncopées accompagnant, on retrouve le caractère primesautier de la pop canal historique. D’autant que le jeu de gaucher de Jefferson Rey à la batterie se situe au crossroad entre Ringo Starr et Larry Mullen Jr, à la fois atypique et idoine. De délicieux arrangements rappellent l’iconoclaste Harry NILSSON alors que l’emphase portant certaines mélodies nous remémore ULTRAVOX, celui de « Hymn ». City Of Sinners est un album envoûtant, au charme puissant, d’où émergent d’excellentes chansons. D'emblée, « City Of Sinners »,dont la mélodie du refrain est reprise en conclusion de « Reset Me », la chanson qui clôt le disque, présente un peu toutes les facettes de l’ouvrage. Une rythmique qui s’emballe, c’est du Metal ? En fait non, la pop syncopée prend le pas sur le couplet dès le morceau éponyme puis son refrain se la joue héroïque, la mélodie s’inscrit aussitôt, les carillons enluminent l’atmosphère, le chaos menace. Deux moments mémorables vont s’ensuivre lors de la lecture de l’album (on y reviendra), avec autour de très bonnes chansons.

Parmi les meilleures, citons « My Bible », court titre de moins de deux minutes, qui commence posément puis s’amplifie avant un solo de guitare conclusif qu’on doit à Arnaud Jarsaillon, un solo dont l’agencement fait complétement partie de la chanson. Puis vient « The Witch » au riff principal très Doom dans l’esprit, un titre qui semble commun de prime abord mais qui devient rapidement compulsif. Et dont le solo, signé Cédric Delarbre, marque une pose fraîcheur par sa simplicité narrative. On pourrait citer « Sweet Revenge » également, dont le piano introductif évoque SUPERTRAMP, avant que s’insinue un étrange valse macabre. Mais n’attendons plus et dévoilons deux authentiques perles, de celles qui permettent à un bon disque de devenir véritablement excellent. «The Devil’s Bride », tout d’abord dont la mélancolie étreint l’âme, sa cadence pop vintage, son refrain magnifique qui délivre un texte émouvant. Rien n’est surjoué, c’est pourquoi cela fait mouche d’emblée. Plus loin, « Burn The City Hall », tout aussi Pop vintage, avec la fanfare qui patine la trame puis se fond sur son refrain, donne envie de sautiller au moment où Cédric Delarbre, dans son costume de professeur fou, enjoint la population de la cité de foutre le feu à la mairie ! Alors on danse au milieu du brasier pendant que le même Cédric délivre une partie lead jouée en accords, enfin la chanson monte d’un ton de la plus naturelle des façons quand cet artifice fait se muer en véritable hymne son refrain fédérateur.

Alors tout n’est – certes – pas ABSOLUMENT parfait au cœur de la City des Pêcheurs. Le disque a été enregistré avec peu de moyens, oui mais. Quelque part, tant mieux. Cela permet d’éviter la surenchère bodybuildée des albums Pop à la GARBAGE ou encore PHOENIX, ce qui équivaut le plus souvent à lisser l’âme de la musique. Quand cela ne l’éradique pas purement et simplement. PHARMACOPOLIS conserve, par-delà ce bémol, ou plutôt grâce à lui, la fraîcheur de ses propos, son allant. La voix de Cédric Delarbre n’en porte pas moins d’addictives mélopées. Il est beaucoup question de malédiction dans City Of Sinners, dont la plupart des titres ne dépassent pas les trois minutes de bonheur. L’album, quant à lui, ressemble fort à une bénédiction. Les pôles et les valeurs s’inversent, oublions le mainstream, prenons le maquis, direction la cité maudite, cap sur son Cabaret Rock.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Cédric Delarbre (guitare, chant, piano)
- Arnaud Jarsaillon (basse, guitare, choeurs)
- Jefferson Rey (batterie)
- Romain Coissard (vidéo et samples live)


1. Pharmacolis
2. City Of Sinners
3. Midnight Surgeon
4. Trust Me
5. How To Raise An Army
6. The Devil's Bride
7. Potions
8. My Bible
9. The Witch
10. Until Dawn
11. The Storm (interlude)
12. Burn The City Hall
13. Sweet Revenge
14. Reset Me



             



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