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2016 AwalaÏ
2018 Duel
 

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ONSÉGEN ENSEMBLE - AwalaÏ (2016)
Par STREETCLEANER le 20 Septembre 2018          Consultée 259 fois

ONSÉGEN ENSEMBLE, formation finlandaise qui se réunit périodiquement, existe depuis 2007. Awalaï est le premier album de ce groupe intéressé par une musique expérimentale fusionnant divers courants comme le post-rock, le rock progressif et le rock psychédélique, sans oublier quelques touches de stoner, de metal et de jazz-rock, ni la musique folklorique. Assembler tout ceci peut laisser dubitatif au premier abord mais la cohérence de Awalaï n'est pas prise en défaut car à n'en point douter la formation sait où elle va.

Le groupe met tout en œuvre pour servir un but suprême : l'ouverture des horizons ; ou pourquoi pas la célébration des astres, forme de célébration des frontières sans cesse repoussées. Car Awalaï ne semble être rien d'autre qu'une grande messe spatiale. Ici, tout est au service de cette cérémonie: les musiciens, chanteurs et chanteuses se font prêtres, chamanes ou invocateurs. La cohérence de l'ensemble est donc d'abord celle de ce long office de 42 minutes. Alors, on pourrait penser qu'il se dégage de cette quête une empreinte foncièrement religieuse ou mystique, tout du moins spirituelle, mais au-delà de cette évocation Awalaï tire vraiment sa force et son pouvoir d'attraction de sa puissance mystérieuse, insaisissable. C'est vraiment la carte maîtresse de Awalaï. Impossible de ne pas penser aux images colorées très seventies comme celle de la pochette de l'album Sextant de Herbie HANCOCK, un artiste d'ailleurs apprécié par la formation finlandaise. Bien sûr, le mystère est un ressenti personnel mais je pense que les Finlandais réussissent à faire partager cette impression, à la transmettre ; la musique est images et sentiments et si le message passe c'est qu'en général l’œuvre a atteint son objectif.

Essentiellement instrumental, construit sur des riffs rock ou metal ainsi que sur des chœurs (on effleurera MAGMA par instants), Awalaï est particulièrement atmosphérique, dépaysant et visuel ; si cette musique comporte un aspect indéniablement progressif, chaque titre sert une idée, une ligne prédéfinie. On ne retrouvera donc pas des enchaînements de plans aux structures asymétriques qui semblent être accolées les unes aux autres et qui peuvent donner un aspect riche mais aussi parfois fouillis. Et comme je l'évoquais précédemment, sa puissance d'évocation est ce qui nous charme par-dessus tout ; et c'est ce qui nous y fait revenir après nous avoir interpellés.

Le solo de guitare introductif de « Solei » semble, par sa sonorité, venir tout droit du superbe album Ricochet (part I) de TANGERINE DREAM ; la guitare de « Kuuhanka » n'en n'est pas loin non plus, faisant ressortir l'atmosphère torride de possibles contrées inexplorées. Coïncidence ou pas, la pochette de Ricochet faisait également référence au soleil. « Kuuhanka » est d'ailleurs le seul titre vraiment chanté, le plus metal aussi, avec ses growls qui se rapprochent du death metal.

La présence d'une chorale aux sonorités enfantines (« Kuuhanka », « Solei ») et de multiples chœurs renforce l'idée d'une vénération des astres, d'une cérémonie qui leur est dédiée alors que ceux-ci gravissent le ciel dans une lente montée en splendeur (« HK7 », « Awalaï », « Solei », « HottoizzoH »). Les saveurs orientales de « Solei » font souffler un vent chaud. Sa flûte nous projette des images furtives de danses, et nous ne sommes jamais très loin de la fumerie d'opium. « HottoizzoH », titre le plus énervé entre KING CRIMSON et GOBLIN, conclut les 42 minutes de Awalaï sur une dernière touche jazzy puis folklorique.

Awalaï est de ces albums qui nous invitent à rechercher dans notre mémoire les groupes ou artistes pouvant s'en approcher ; untel citera tel groupe de rock prog des 70s ; un autre fera encore le parallèle avec autre chose du passé. Mais Awalaï a sa propre personnalité et il réussit le tour de force de créer un univers vraiment personnel, mystique, intriguant et étrange. ONSÉGEN ENSEMBLE démontre qu'on peut être un groupe parfaitement inconnu et présenter une musique captivante, bénéficiant de la patine des grandes formations progressives et psychédéliques du passé sans en être une copie. Un album réussi et sans temps mort ni ennuyeux. A découvrir.

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