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2016 AwalaÏ
2018 Duel
 

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ONSÉGEN ENSEMBLE - Duel (2018)
Par STREETCLEANER le 24 Septembre 2018          Consultée 766 fois

On n'a pas beaucoup d'informations sur la formation finlandaise ONSÉGEN ENSEMBLE, laquelle existe depuis 2007 autour d'un noyau stabilisé, complété par un personnel mouvant au gré des années. Le précédent album, Awalaï sorti début 2016, possédait une aura magnétique mystérieuse particulièrement attachante aux influences multiples, à la fois post-rock, progressive, rock, psychédélique, jazzy et stoner.

Bien que Duel, ce second album sorti en juin, conserve l'essentiel de ces caractéristiques, il diffère suffisamment de son prédécesseur pour nous interpeller à nouveau. D'ailleurs je ne vais pas y aller par quatre chemins, Duel est de ces albums qui m'ont le plus enchanté en cette année 2018 (avec The Sea de SOMALI YACHT CLUB et On The Verge Of Nothing de The SLEDGE – dans un registre stoner et psychédélique connexe qui pourrait plaire à une même base).

La force de ce Duel ? C'est assez simple, cet album de 42 minutes pour le moment uniquement disponible sous forme numérique, a pris le parti de nous faire voyager, de nous faire rêver et le contrat est diablement réussi et réjouissant tout au long des cinq titres proposés. J'ai déjà eu l'occasion de rappeler que le post-rock n'est pas une musique évidente à chroniquer puisqu'elle vise l'imagination de chacun d'entre nous, qu'elle a vocation à faire défiler des paysages, à vous plonger dans des atmosphères. Et ce Duel est lui aussi tout autant musical, visuel et atmosphérique que le précédent Awalaï.

De nouveau presque exclusivement instrumental, le nouvel album est toujours construit sur des chœurs et des riffs de guitare solides où l'énergie résolument rock côtoie momentanément celle du metal « Dogma MMXVIII ». Si la patine progressive et psychédélique des années 70 est toujours présente, Duel marche toutefois un peu plus sur les terres du post-rock et du jazz et possède un aspect quelque peu plus moderne.

Les chœurs sont toujours présents, omniprésents même, à tel point qu'ils font désormais partie de l'identité musicale de cet ensemble. Mais on notera deux choses nouvelles : tout d'abord, le recours à des instruments à vents (trompette, cornemuse), très volontaires, qui vont soutenir la musique (ou les chœurs), la faire monter en tension, lui conférer un caractère épique et plus puissant mais aussi plus tragique. Ceux qui apprécient - par exemple - The MOUNT FUJI DOOMJAZZ CORPORATION, mélange de puissance tellurique rock et jazz, devraient s'y intéresser de près. Ensuite, la polyrythmie fait une apparition franche voire frénétique (« Duel », « Dogma MMXVIII », « Three Calls Of The Emperor's Teacher ») et insuffle un côté tribal et exotique qui accentue le parti pris du dépaysement. On peut ainsi avoir l'impression que des ombres dansent autour du feu dans un trip halluciné et bouillonnant sous le commandement d'un chaman invectivant le ciel et littéralement possédé « Dogma MMXVIII ».

« Duel » possède un refrain sous forme de chorale à la puissance toute cinématographique, puissance qu'on trouvera dès le début de ce Duel « Think Neither Good Nor Evil ». De son côté, « Three Calls Of The Emperor's Teacher » et ses près de douze minutes au compteur, prend l'allure d'une expédition dans des contrées désertiques où un soleil de plomb nous assomme. A mi-chemin la guitare tisse des présages inquiétants qu'il conviendra de surmonter. Des voix fantomatiques portées par le vent nous font perdre toute notion du temps. Franchement superbe, ces atmosphères visuellement puissantes sont un régal. Le dernier titre, énigmatique et doté d'une guitare Gilmourienne aérienne, « Zodiacal Lights Of Onségen », possède un riff maintes fois répété qui approche la pesanteur et la solennité du doom, avant de capturer notre esprit pour le plonger dans des univers flottants où l'on perd tout repère. Sommes-nous éveillés ou perdus dans un rêve ?

Duel est une franche réussite. Il nous propulse vers des contrées étranges et étrangères. Il y a de la magie dans cette musique, croyez-moi. A l'instar du trompettiste Nils Petter MOLVAER, la formation finlandaise a tout compris de ce qu'on attend de la musique : le rêve, le voyage nourrissent l'esprit. Un des plus beaux albums de cette année 2018.

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- Juggis Aalto (cornemuse)
- Heikki Häkkilä (trompette)
- Esa Juujärvi (basse, claviers, voix)
- Merja Järvelin (voix)
- Sami Lehtiniemi (percussions)
- Samuli Lindberg (batterie)
- Joni Mäkelä (guitare)
- Jaakko Tuomivaara (voix)
- Niina Vahtola (voix)
- Mikko Vuorela (guitare)


1. Think Neither Good Nor Evil
2. Duel
3. Dogma Mmxviii
4. Three Calls Of The Emperor's Teacher
5. Zodiacal Lights Of Onségen



             



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