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2011 Idle Labor
2012 Gallery

CRAFT SPELLS - Gallery (2012)
Par RICHARD le 12 Septembre 2019          Consultée 92 fois

La nostalgie est à la mode paraît-il. Ce ne sont pas ces six titres sortis en 2012 qui vont battre en brèche cette idée bien ancrée dans le monde musical. En effet, CRAFT SPELLS ou devrais je plutôt dire Justin Vallesteros sa tête pensante continue à approfondir en toute discrétion le sillon qu'il avait commencé à tracer avec son premier album Idle Labor paru l'année précédente. Gallery prolonge donc cet effort et voue toujours un culte fidèle et fervent à la Sainte Trinité anglaise et spleenesque des années 80. En bon disciple de la perfide Albion brumeuse, le jeune californien expose avec douceur des ambiances qui doivent beaucoup si ce n'est quasi entièrement à NEW ORDER, CURE et SMITHS.

Je vous vois déjà venir avec votre esprit pragmatique voire même si ça se trouve plutôt perfide. En effet, quoi de plus légitime que de se demander une nouvelle fois l'utilité de la chose ? A quoi bon composer des titres que l'on pouvait déjà entendre il y a 30 ans, titres qui plus est se suffisaient déjà à eux-mêmes. Oui, mais ceci, c'est simplement pour les esprits pragmatiques voire même maintenant perfides. Pour les autres, cette toute petite demi-heure sera une parfaite bande son d'accompagnement pour les âmes rêveuses et vagabondes. Rien de vraiment neuf sous le soleil de Californie, c'est vrai, mais CRAFT SPELLS ne doit pas pour autant rougir de cet EP lumineusement mélancolique.

Dans sa bibliothèque universitaire, le solitaire Vallesteros a bien du étudier « la mélancolie en chanson pour les nuls». Comme ses illustres aînés, CRAFT SPELLS réussit à allier tristesse et joie. De NEW ORDER, le leader a surtout retenu ce subtil équilibre. Prenez le dansant et très réussi « Burst ». La voix de Sumner, la basse de Hooky et ce petit côté trépidant ont indéniablement traversé l'Atlantique.On ferme les yeux et on écoute un inédit de Low-Life. Ce n'est peut-être pas exceptionnel, mais de l'indie pop de cette mouture, moi, j'en redemande tous les jours. Vallesteros a une aptitude évidente pour trousser de belles mélodies entraînantes. Il y a là encore comme un parfum délicat de nostalgie dans le fond de l'air. Les arpèges cristallins de guitares de « Warmth » sur lesquels plane l'ombre de Robert Smith vous enveloppe progressivement et vous voici tout confort. Sensation identique avec le sautillant « Leave My Shadow ». La tête se balance légèrement et le cœur se serre fortement.

En bon fan qu'il est de Morrissey, Vallesteros comme pour Idle Labor a composé la totalité de ses titres dans sa simple chambre. De cette véritable autarcie émotionnelle sont repris à l'envie les thèmes chers au Mancunien. La solitude qui à la fois apaise et frustre comme de nouveau sur « Leave My Shadow ». Les mots de l'Américain épousent sans forcer ces petits instantanés qui mettent en avant comme sur « Gallery » le morceau le plus calme et qui amorcera la direction à venir, ce désir de reconnaissance et d'être aimé. Simplement pour exister. Que ce soit en 1984 ou 2012, le constat demeure bien toujours identique. L'amour,encore l'amour et rien que l'amour. Surtout celui qui fait mal et nourrit malheureusement les désillusions.

Gallery ne révolutionnera pas assurément le monde de la musique, c'est certain. Il titillera par contre sans difficulté la fibre émotionnelle des cœurs d'artichaut et des grands sensibles. C'est déjà plus qu'une proposition bien tentante en ce temps pour le moins difficile.

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   RICHARD

 
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1. Still Left With Me
2. Warmth
3. Burst
4. Leave My Shadow
5. Sun Trails
6. Gallery



             



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