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2019 Dawn

LAUGE - Dawn (2019)
Par BAKER le 18 Septembre 2019          Consultée 249 fois

La musique de LAUGE a beau être conçue avec des outils modernes pour un auditoire moderne, il est difficile de ne pas y voir une filiation directe avec le Klaus SCHULZE des années 90. Les ambiances sont froides mais pas frigides, les rythmiques sèches et précises mais rarement énervantes, le propos prend son temps pour s'affirmer mais en restant toujours au-dessous des 11 minutes, là où Papa Schulze n'hésitait pas à aller gratouiller la demi-heure.

Le principe n'est pas celui du rêve, plutôt du voyage instantané, une sorte de Google Street View de votre inconscient. Il n'y a pas de mélodie, du moins pas au sens où on l'entend habituellement : ici, tout est question de répétitivité, de couches d'instruments (parfois 15, 18, 20 synthétiseurs et loops en même temps), d'immersion totale dans la musique. Curieusement, c'est en voiture, et à un volume non excessif, que la musique pourtant cérébrale de Lauge prend toute son ampleur : l'écoute assidue et savante au casque et d'une traite est intéressante mais moins prenante, avec moins de pur potentiel de frissons.

Car il y en a, des frissons. Des titres comme "Wandering Off" (et son intro mi-"Shine on You" mi-Métamorphoses), Wider Horizons et la fantastique Northbound balancent entre apaisement et force sourde, le minimalisme étant compensé par un savoir-faire irréprochable en matière d'arrangements électro. Le mastering est évidemment plein pot, mais le mixage laisse passer de magnifiques superpositions de couches, les fréquences sont parfaitement maîtrisées ("c'est normal, z'ont qu'ça à foutre les syntheux" entends-je d'ici hurler Joey Ramone), et on passe du mystère aérien au calme terrestre, sans effort aucun.

Chaque titre a sa propre identité, malgré le très peu de consistance dans laquelle LAUGE les contient : le côté inexorable, rouleau compresseur de l'intro "Undercurrent", la world / new age light de "Kamchatka", ou encore la basse un peu bouncy et changeante de "Juvenile", unique cas du disque donc à l'effet démultiplié : aucun de ces morceaux ne peut prétendre au statut de nouveau chef-d'oeuvre de l'electro, mais on se laisse très facilement charmer. L'artiste se permet une redescente en chute libre avec la très accessible "Cassiopeia", vibrante et qui se débarasse des couches de synthé de façon sensuelle et charnelle, telle une danse des sept voiles. Seule "Taiga", avec son lent build-up mais aussi une reprise un peu anecdotique, n'a pas la force nécessaire pour éviter le pressage du bouton skip.

Décrire la musique de LAUGE est donc difficile, car il y en a peu. C'est plus la sonorité globale qui fait l'album, et en cela nous sommes en plein dans le Kosmiche Rock et l'electro prog des débuts, tout en conservant une indéniable modernité. Ce disque ne bouleversera pas les codes connus depuis désormais 25 solides années, mais qualitativement il s'inscrit dans une jolie lignée, faite d'APHEX TWIN et autres Amon TOBIN . Si vous n'avez qu'un disque de ce type à écouter cette année, Dawn fait figure d'excellent prétendant.

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   BAKER

 
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- Non Disponible


1. Undercurrent
2. Northbound
3. Taiga
4. Wider Horizons
5. Kamchatka
6. Juvenile
7. Wandering Off
8. Cassiopeia



             



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