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BLAKEY & THE JAZZ MESSENGERS - The Freedom Rider (1964)
Par DERWIJES le 11 Février 2020          Consultée 48 fois

Un Freedom Rider est une expression apparue dans le début des années 60, et qui désignait les militants des droits civiques aux Etats-Unis qui ont emprunté un bus inter-Etats pour mettre à l’épreuve la loi interdisant la ségrégation dans les transports en communs en se rendant dans les états du Sud, notamment en Virginie où ils furent sauvagement attaqués par la foule, exposant ainsi le refus de ces Etats d’obéir à ces nouvelles lois. C’est un sujet très intéressant qui mériterait que l’on en parle mieux que cette explication maladroite, et si je vous en parle c’est uniquement pour expliquer d’où vient le titre de cet album.

Ça ne va d’ailleurs pas plus loin que la simple référence, sûrement pour afficher son support, alors ne partons pas embêter les mouches et n’allons pas chercher de fausses analyses politiques là où il n’y en a pas. Nous sommes en 1964 et il en faudra plus à Art BLAKEY pour l’empêcher d’enregistrer un nouveau disque avec ses JAZZ MESSENGERS. Surtout que c’est le dernier qu’il fera avec son équipe actuelle, qui a tout de même bien la classe, jugez donc : Lee MORGAN et KENNY DORHAM à la trompette, Wayne SHORTER au saxophone, Bobbie TIMMONS au piano, Jymie MERRITT à la contrebasse et comme toujours le maestro à la batterie. Bon, je vous accorde que Timmons et Merritt ne sont pas les jazzmen les plus connus, mais quand même, si la partie des vents était une machine à sous on aurait touché le jackpot avec ce trio-là.

Et du coup Art Blakey fait du… eh ben, du Art Blakey, autrement dit un bon hard-bop des familles qui déménage. Petit détail qui fait quand même une différence, la tracklist est uniquement composé de morceaux composés par les musiciens du groupe, aucune reprise de standard, ce n’est pas si courant. Et puis tant que nous y sommes, disons-le d’emblée, The Freedom Rider est un très bon disque de jazz. Un peu court, heureusement rallongé de trois pistes dans sa ré-édition CD, mais ça s’écoute tout seul. Petit bémol, je l’ai découvert tout de suite après Moanin’. Moanin’, pour ceux du fond qui ne connaissent, c’est the chef-d’œuvre d’Art Blakey, un des meilleurs albums de jazz jamais enregistrés et le genre de claque dans la figure dont on ne se remet pas. Du coup c’est injuste, mais ce mauvais timing fait que The Freedom Rider m’a toujours paru décevant. Il manque de pep’s, de cette petite touche de folie et de fureur, il semble un peu trop sage pour son bien, quoi.

Attention, retenez bien que je n’ai pas dit qu’il était mauvais ! Il contient deux moments qui méritent le détour : le solo d’Art sur le morceau éponyme, parce qu’on ne dit jamais non à un solo d’Art Blakey, et le solo de Wayne Shorter sur « El Toro ». Il y reprend la technique du « sheet of sound » perfectionné par John COLTRANE, grosse modo je n’y connais rien en technique musicale, à jouer un déluge de notes extrêmement vite en glissant du registre le plus grave jusqu’au registre le plus aigu. Il fallait bien un type de la trempe de Shorter pour tenter un truc pareil et s’en sortir avec les honneurs, et au moins lui ne va pas se lancer dans un concours des bruits les plus stridents (non, je ne suis absolument pas traumatisé par Ascension, qu’est-ce qui vous fait dire ça ?). Et puis on ne va pas jeter le reste même si du standard pour les messagers du jazz. Alors pourquoi j’en parle ? Ben parce que c’est quand même une bonne écoute, et moi j’aime bien parler de ce que j’aime bien, même si c’est plus simple de l’écouter que d’en parler. C’est clair ? Non ? Ce n’est pas grave, allez plutôt écouter du Art Blakey !

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   DERWIJES

 
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- Art Blakey (batterie)
- Kenny Dorham, Lee Morgan (trompette)
- Wayne Shorter (saxophone)
- Bobby Timmons (piano)
- Jymie Merritt (contrebasse)


1. Tell It Like It Is
2. The Freedom Rider
3. El Toro
4. Petty Larceny
5. Blue Lace
6. Uptight
7. Pisces
8. Blue Ching



             



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