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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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1972 Sandrose
 

- Membre : Eden Brent

SANDROSE - Sandrose (1972)
Par MARCO STIVELL le 19 Juin 2020          Consultée 204 fois

Deux ans après avoir publié On the Way to Eden (1970), leur unique album sous le nom EDEN ROSE, les même quatre Français deviennent cinq et prennent le nom de SANDROSE, qui n'offre là encore qu'un seul disque en 1972, mais lequel !

Le cinquième membre est... une femme ! Chanteuse, et très connue dans le monde de la chanson française. Le rock est encore pour l'époque un milieu machiste où les femmes sont peu médiatisées à moins d'être plus proches des codes de la variété, et le courant progressif ne fait pas exception à la règle, pas plus en France qu'ailleurs. Le grand Erwin, notre boss, vous parlera de SHAKIN' STREET et de l'incroyable Fabienne Shine, mais deux ans avant leur formation, il y avait SANDROSE, groupe moins hard et direct, sans parler bien sûr et hors cercles parisiens des meneuses engagées comme la Lyonnaise Catherine RIBEIRO et l'Avignonnaise Mama BÉA.

Cette chanteuse de SANDROSE, c'est une fine fleur d'un peu moins de 20 ans appelée Rose Podwojny, ancienne vendeuse dont la splendeur physique apporte quelque chose en plus à cette beauté musicale rock progressive, tout comme sa voix puissante, héritage de la chanteuse américaine Dionne WARWICK qu'elle aime depuis l'enfance. SANDROSE ne dure qu'une année environ et se sépare après quelques concerts à Paris. Rose s'adjoindra ensuite le pseudonyme Merryl pendant la seconde moitié des années 70, avant de devenir Rose LAURENS, étoile-interprète du tube "Africa" et d'une musique variété parmi les plus élégantes des années 80 en Hexagone.

Michel Jullien poursuit sa carrière avec, entre autres, des projets dans le jazz (récemment auprès de Yann VIET). Henri Garella, originaire de Gardanne près d'Aix-en-Provence, retourne dans le Sud de la France et compose régulièrement ; certaines de ses oeuvres sont devenues des génériques d'émissions très réputées. Quant à Jean-Pierre Alarcen, c'est le nom qui résonne encore le plus dans le milieu prog, car en plus d'avoir travaillé avec François BÉRANGER et RENAUD (tournée 88), il a publié une poignée d'albums solo, aussi rares dans les bacs qu'appréciés des connaisseurs. Comme celui de SANDROSE !

Avec sa peinture empruntée à l'oeuvre de Gustav Klimt, l'album éponyme donne encore aujourd'hui l'agréable impression d'être une réunion de divers premiers albums d'immenses groupes anglais : le KING CRIMSON de 1969, le GENESIS de 1970 (leur véritable premier !) et le CAMEL de 1973 (légère anachronie donc, puisqu'il ne paraît que quelques mois plus tard). Et avec cette chanteuse d'une maturité forte malgré son jeune âge !

Un tiers du disque demeure instrumental, en parlant de "Metakara" et surtout "Underground Session", plus long morceau de l'ensemble (11 minutes) aux dynamiques jazz fortes. Michel Jullien s'en donne à coeur-joie, le jeu en "walkings" de Christian Clairefond dépasse le cadre de la simplicité pure et tout le monde contribue à faire des ces quelques moments des essentiels du prog à la française, celui qu'on détache de sa poésie théâtrale. Certains moments sombres restent directement hérités de KING CRIMSON, le vrai final du pavé (qui en comporte plein de trompeurs) n'étant pas sans rappeler "Epitaph". C'est aussi là où Henri Garella se détache lui aussi le mieux par ses envolées virtuoses, plus rares qu'au moment de EDEN ROSE, alors qu'il officie à l'orgue Hammond et au Mellotron, de préférence.

En termes de personnalité, difficile d'égaler le niveau de Rose Podwojny au chant et celui de Jean-Pierre Alarcen aux guitares. Ce dernier passe de solos lyriques et de résonances/feedbacks cosmiques à des arpèges délicats façon GENESIS (des sonorités bucoliques choeurs en vocalises récurrents évoquent fortement l'ambiance irréelle de Trespass). Alarcen est un musicien en or, ses partitions complètent à merveille le Mellotron de Garella, que le ton soit lumineux ou nostalgique. La manière dont il suit de près la fleur-chanteuse à la fin de "Never Sayin' Good-bye", un slow à la MOODY BLUES, n'est pas sans donner quelques frissons.

La complainte rock funeste de "Vision", portée par un rythme cavalier, emmène la voix de Rose sur un autre terrain que la plupart des autres titres chantés (tous en anglais du coup), davantage sous forme de marches lentes, de ballades. Rien à redire sur "Old Dom is Dead", hymne et single idéal pour une telle oeuvre, tout comme cette idée de rampe de lancement, crescendos taillés sur mesure par la batterie et pour Rose. Sur "Summer is Yonder", elle tente un suraigu légèrement moins aisé, mais le refrain demeure splendide avec son tapis de Mellotron-flûte. On regrette simplement le final du disque, "Fraulein Kommen Sie Schlaffen Mit Mir", trente secondes de fanfare par le groupe et qui n'ont rien de glorieux, au contraire de l'occasion – manquée - d'un dernier rendez-vous avec Rose, même court et qui aurait été préférable, dans un si bel univers !

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   MARCO STIVELL

 
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- Rose Podwojny (chant)
- Jean-pierre Alarcen (guitares)
- Henri Garella (orgue hammond, mellotron, clavecin)
- Christian Clairefond (basse)
- Michel Jullien (batterie, percussions)


1. Vision
2. Never Good At Sayin' Good-bye
3. Underground Session (chorea)
4. Old Dom Is Dead
5. To Take Him Away
6. Summer Is Yonder
7. Metakara
8. Fraulein Kommen Sie Schlaffen Mit Mir



             



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