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DARK WAVE  |  E.P

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DAS ICH - Satanische Verse (1993)
Par DARK BEAGLE le 4 Septembre 2020          Consultée 126 fois

Si DAS ICH voit le jour à la fin des années 80, né des cendres de divers projets, il faut attendre le début des années 90 pour découvrir les premiers pas des Allemands sur disque, avec un simple E.P rapidement réédité, enrichi de titres supplémentaires face au succès de Die Propheten l’année suivante. C’est d’ailleurs cette version, plus commune quoique pas toujours facile à dégotter, qui sert de base de travail à cette chronique. J’espère que les puristes pardonneront cette faute de goût manifeste. Bruno Kramm, âme damnée de la formation, crée le label Danse Macabre pour diffuser sa musique, à l’instar de Tilo Wolff de LACRIMOSA qui sort son premier album, "Angst", sur Hall Of Sermon. Le point commun entre les deux hommes ? Proposer une musique alors assez similaire, à savoir une Dark-Wave à connotation très Gothique.

Plus précisément, les deux formations sont souvent désignées alors comme très représentatives du mouvement Neue Deutsche Todeskunst. A cette époque, la scène allemande bouge beaucoup, la Neue Deutsche Härte pousse ses premiers balbutiements (OOMPH!, MEGAHERZ et plus tard RAMMSTEIN, pour ne citer qu’eux) et si ces sons tendent à être relativement marginalisés, certains groupes sont forcément amenés à sortir du lot. Dans le cas de DAS ICH, au début de la carrière du duo, cela apparait comme une évidence. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la plupart des groupes qui se sont vu affublés de l’étiquette Neue Deutsche Todeskunst figurent dans le catalogue de Danse Macabre.

Mais DAS ICH, à l’instar de LACRIMOSA d’ailleurs, possède ce petit je-ne-sais-quoi qui fait la différence. Si Tilo Wolff pousse consciemment les clichés gothiques à leur paroxysme, la bande à Bruno Kramm joue beaucoup plus sur la provocation. Outre le look outrancier de Kramm et de son acolyte Stefan Ackermann, ils attaquent directement là où ils peuvent se faire remarquer. L’ayatollah Khomeini a dû apprécier. En reprenant le titre du livre qui avait valu à son auteur, Salman Rushdie, d’être sous le coup d’une fatwa l’année précédente, le groupe montre les crocs ainsi qu’un sens développé du cynisme.

D’entrée de jeu, ils nous annoncent la mort de Dieu ("Gottes Tod"). Le CDU a dû apprécier. Mais difficile de ne pas se laisse prendre au jeu. C’est sentencieux, froid, presque clinique. Le chant d’Ackermann ressemble plus à des déclamations, parfois un peu nasillardes, mais qui font leur petit effet. Il se marie à merveille avec la base Electro du combo, qui insiste sur des mélodies simples et entêtantes, mais toutefois assez plombantes. L’autre mandale réside dans "Kain Und Abel" où DAS ICH se fait même complètement épique. Le refrain devient rapidement démoniaque tant il est entraînant, rendant l’ensemble étrangement dansant. Et pourtant, bouger son popotin n’est pas exactement la première chose à laquelle on pense quand on s’attarde sur le groupe (les prestations scéniques s’éloignent très vite de tout ce qui peut être Rave Party et se complait au contraire dans une violence sauvage).

Cependant, résumer DAS ICH à cette efficacité synthétique serait lui faire un bien mauvais procès. Ou se prononcer pour une fatwa un peu trop rapidement si vous préférez. Parce que DAS ICH sait également se faire nuancé. Le plus bel exemple réside en "Jericho". Encore une référence biblique (vu que la série n’existait pas à cette époque), mais cette fois-ci nos deux compères brouillent les pistes. Là où nous étions en droit d’attendre une espèce de cacophonie avec des cuivres très synthétiques pour représenter le son qui ébranlerait les murs, nous nous retrouvons face à une pièce fragile, légère, avec son piano qui nous conduit plus volontiers vers une espèce de cabaret sinistre qu’en Palestine. Ce morceau totalement désabusé flirte avec le LACRIMOSA des débuts mais se fond à merveille dans le paysage nihiliste de DAS ICH.

Ce qui ressort déjà sur Satanische Verse et qu’on retrouvera sur "Die Propheten", c’est la mise en place d’une ambiance dramatique qui devient rapidement exacerbée ("Ein Tag Vergeht", torturée à souhait). Dans son format d’origine, avec simplement les trois premiers morceaux, DAS ICH proposait une facette très brute de sa personnalité ; avec les quatre morceaux suivants, nous pénétrons dans les tréfonds de son âme et ce n’est pas joli-joli. Les deux musiciens prennent un malin plaisir à nous bousculer, à nous repousser dans nos retranchements. C’est à la fois magnifiquement laid et horriblement beau.

Le coup d’essai attire donc l’attention sur le duo qui explosera littéralement sur "Die Propheten", jouissant d’une meilleure production qui confère un souffle nouveau aux trois premiers morceaux de ce "Satanische Verse". Ce brouillon reprend donc vie trois ans après sa sortie initiale, complété avec ce qu’il faut de poudre pour péter à la tronche de tous les fous furieux qui se laisseront tentés par cette pochette noire. Le public Metal ne s’y trompe d’ailleurs pas, lui donnant un crédit dont peu de groupes aux connotations Electro bénéficient, comme The PRODIGY quelques années plus part. DAS ICH se place alors comme un précurseur initiant un style que ne peuvent accepter que peu de prophètes.

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   DARK BEAGLE

 
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- Stefan Ackermann (chant)
- Bruno Kramm (programmations, choeurs, claviers)


1. Gottes Tod
2. Des Satans Neue Kleider
3. Kain Und Abel
4. Jericho
5. Ein Tag Vergeht
6. Irrlicht
7. Sonne Mond Und Sterne



             



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