Recherche avancée       Liste groupes



      
DISCO-ROCK-AMBIENT  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Porcupine Tree, Blackfield
- Style + Membre : Steven Wilson

NO-MAN - Love You To Bits (2019)
Par AIGLE BLANC le 18 Décembre 2020          Consultée 372 fois

Les fans de Steven WILSON, et en particulier ceux des origines, savent la boulimie créatrice de l'artiste qui, avant d'entamer en 2008 une carrière solo des plus fructueuses, riche déjà de 6 albums, multipliait les formations parallèles à son groupe central PORCUPINE TREE, par ses collaborations avec Tim Bowness au sein de NO-MAN et Aviv Geffen au sein de BLACKFIELD, sans oublier son unique collaboration, tardive mais logique, avec Mikael Akerfeldt du groupe suédois OPETH. Au final, PORCUPINE TREE accumule 10 albums studio, BLACKFIELD 6 et NO-MAN 7. Non satisfait d'une telle productivité, il s'est lancé corps et âme dans une entreprise de longue haleine : la restauration des enregistrements-phare de la scène progressive, depuis le remixage des oeuvres mythiques de JETHRO TULL, KING CRIMSON, YES jusqu'à son impressionnant travail d'archiviste à l'occasion des deux coffrets pharaoniques In Search of Hades (2019) et Pilots of Purple Twilight (2020) édités par Virgin et consacrés à la période dorée de TANGERINE DREAM de 1974 à 1983, le tout couvrant les albums studio comme les concerts inédits* du groupe berlinois.
Aujourd'hui, Steven WILSON consacre presque toute son énergie à sa carrière solo, au détriment de ses projets parallèles dont le rythme de production a considérablement ralenti voire est laissé au point mort dans le cas de PORCUPINE TREE dont les fans ne savent plus s'ils peuvent encore espérer le retour de leur groupe fétiche après son dernier opus en date, le très mitigé The Incident (2009).

L'artiste a pourtant co-fondé NO-MAN avec Tim Bowness dès 1986, précédant semble-t-il la formation officielle de PORCUPINE TREE.
Dans sa première incarnation, le groupe comprenant le guitariste Stuart Bagden et le violoniste Ben Coleman s'appelait No-Man Is An Island (Except The Isles Of Man), avant que le départ de Stuart Bagden n'oblige la formation à devenir un trio et à raccourcir son patronyme devenu plus simplement NO-MAN. Depuis le forfait de Ben Coleman en 1995, Steven Wilson et Tim Bowness pilotent en duo le navire, non sans accueillir à l'occasion des invités aussi prestigieux que le guitariste Robert Fripp et le saxophoniste Mel Collins de KING CRIMSON, Richard Barbieri de JAPAN (et ultérieurement membre à part entière de PORCUPINE TREE), Roger ENO, frère de celui qu'on ne présente plus tant aux fans de David BOWIE que de U2 ou de ROXY MUSIC, sans oublier Lisa GERRARD.
En toute discrétion, du moins en France où le groupe demeure des plus confidentiels, la discographie de NO-MAN, au-delà des 7 opus studio, se voit enrichie de 2 mini-albums (Lovesighs -An Entertainment, 1991 ; Dry Cleaning Ray, 1997), d'un Live (Love and Endings, 2012), d'une compilation de passages radio (Radio Sessions 1992-96) et d'une rétrospective (All the Blue Changes -An Anthology 1988-2003), sans oublier le double DVD Mixtaped (2019) réunissant un concert londonien de 2008 et un documentaire de 85 min sur le groupe (The No-Man documentary). Pour un projet parallèle, la moisson n'est pas si mauvaise en définitive tant en termes de productivité que de qualité artistique.
Toutefois, depuis 2002, Steven Wilson et Tim Bowness mettent à l'épreuve la patience de leurs fans en espaçant leurs offrandes : 6 ans entre Together We're Stranger et Schoolyard Ghosts (2008), 11 ans entre Schoolyard Ghosts et l'opus sur lequel se penche ladite chronique, l'inattendu Love You to Bits publié en novembre 2019.

Comme tout album sur lequel Steven Wilson accole son nom, il n'est pas aisé de coller une étiquette à la musique qu'il produit depuis ses jeunes années. Si le rock progressif reste son terrain d'élection, il n'en assume la paternité que depuis son second effort solo, Grace For Drowning (2011), en réalité depuis que le rock progressif est redevenu un genre respecté et "à la mode". Mais il serait dommage de réduire sa musique à ce seul style tant il n'a eu de cesse au cours de sa carrière protéiforme de faire fusionner les courants musicaux au sein de ses diverses formations.
NO-MAN n'échappe pas au métissage auquel il nous a habitués : en effet, le groupe n'aime rien tant que brouiller les pistes. Ses albums, malgré une tendance progressive marquée le rapprochant d'une manière light de MARILLION, alternent les chansons pop, flirtant parfois avec le slow-core des RED HOUSE PAINTERS, dans un esprit marqué par la cold-wave des CURE, assaisonnant certains de ses titres au trip-hop, irrigués par l'électro, et en particulier par des réminiscences de l'ambient chère à Brian ENO. Tim Bowness est le préposé aux textes qui tournent la plupart du temps autour des amours contrariées. C'est lui qui confère à NO-MAN sa forte teneur intimiste tant par ses textes que par sa voix, presque blanche, une voix qui se vide d'affects pour mieux recueillir ceux des auditeurs. Le chant de Tim Bowness, loin de viser l'exception, touche par sa justesse et sa retenue.

Même si Love You to Bits sonne comme du NO-MAN, il propose une musique risquant de décevoir le fan d'origine, non que l'album soit dénué de qualités, mais entendre les textes de Tim Bowness se couler dans un faisceau musical fortement empreint de disco a de quoi déconcerter l'auditeur. Selon les critères actuels, Love You to Bits passe davantage pour un mini-album généreux (36 minutes) qu'un album à part entière. Cela ne poserait aucun problème si les titres constituaient un vrai programme, c'est-à-dire comprenant l'entrée, le plat principal et le dessert. Or, l'opus n'est constitué que de deux pistes portant le même titre, Love You to Bits, déclinées selon 5 parties chacune. Après deux ou trois écoutes, il apparaît déjà qu'il s'agit d'un seul titre agrémenté de digressions plus ou moins convaincantes, comme autant de mixes du même morceau.
Le livret qui nous renseigne sur le principe de composition de Tim Bowness et Steven Wilson révèle que l'album est le produit de plusieurs compositions du duo s'étalant de 1994 à 2019. Cela n'est guère encourageant dans la mesure où c'est l'aveu d'une tentative presque maladroite de rassembler des bouts d'idées n'ayant pas trouvé grâce au sein d'un album durant toutes ces années. Les deux artistes ont suffisamment de métier toutefois pour colmater assez habilement la disparité des compositions et offrir ainsi une greffe plutôt sympathique. Ce bout à bout de morceaux épars confère à Love You to Bits son arrière-goût progressif, même si l'impression globale dominante demeure celle d'un titre disco à rallonge qui confirme depuis son dernier opus To the Bone la volonté de Steven Wilson d'élargir son auditoire.
Les fans de disco, s'il en existe encore de nos jours, risquent bien aussi de ne pas goûter le mets jusque dans ses derniers retranchements. En effet, NO-MAN construit son unique titre disco autour de digressions atmosphériques au cours desquelles le beat laisse place à des nappes de claviers ambient. Le résultat, sans être réellement honteux, ne passe pas le cap des diverses écoutes qui en révèlent l'ineptie fondamentale. Love You to Bits ou l'art de construire autour du vide, ou même mieux, l'art de gérer intelligemment le vide par les textes dépressifs de Tim Bowness.
Voici un opus assez décevant, habile quoique anecdotique, dont le meilleur se cache dans la seconde partie, intitulée "Love You to Pieces", celle qui donne un peu la parole aux musiciens invités, que ce soit le piano électrique d'Adam Holzman ou la guitare électrique de David Kollar. La fusion disco-rock-ambient ne manque pas d'une certaine audace, mais l'ensemble même si agréable risque de ne pas susciter assez d'enthousiasme pour que la galette refasse un petit tour sur la platine.

Note réelle : 2.5/5

*Ces concerts inédits sont en réalité connus des fans par le biais des nombreux live pirate.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par AIGLE BLANC :


Christopher YOUNG
Haunted Summer (1989)
Des ombrelles souriantes aux effluves de souffre




ROB
Maniac (2012)
Superbe bo électronique vintage


Marquez et partagez





 
   AIGLE BLANC

 
  N/A



- Steven Wilson (tous les claviers)
- Tim Bowness (textes et chant)
- Ash Soan (batterie)
- Adam Holzman (piano électrique -titre 2)
- David Kollar (guitare électrique -titre 1)
- Pete Morgan (basse électrique -titre 1)


1. Love You To Bits (bits 1-5)
2. Love You To Pieces (pieces 1-5)



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod