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TOUCH - Tomorrow Never Comes (2021)
Par GEGERS le 13 Février 2021          Consultée 361 fois

Le principal fait d'armes du groupe américain TOUCH est d'avoir, en 1980, hissé son morceau "Don't You Know What Love Is" à la 69ème place du Billboard, un petit tube AOR qui ayant bénéficié d'une diffusion en "heavy rotation", pour employer le terme consacré, sur MTV à l'époque. Pour le reste, l'histoire de TOUCH est celle de milliers de groupes à deux doigts de décrocher la cymbale. Un premier album publié sur une major, en l'occurrence Ariola, un succès insuffisant malgré de belles performances, notamment au Royaume-Uni, et la mise à la porte inéluctable qui s'ensuit en 1982, à la veille de la publication d'un deuxième album qui restera, de fait, dans les cartons, ou plutôt sur les étagères du studio d'enregistrement. Les nostalgiques se souviennent également que le groupe a été, en 1980, le premier à ouvrir les festivités lors la première édition du festival culte Monsters of Rock à Castle Donington, en Angleterre, servant la soupe à JUDAS PRIEST, SAXON, SCORPIONS et RAINBOW.

Après un split en toute discrétion, et des collaborations diverses et variées des différents membres du groupe (notamment avec MIchael BOLTON), la nostalgie frappe à la porte en 2014 et incite la tête pensante du groupe Mark Mangold à dépoussiérer sa formation qui, selon lui, n'a jamais pu faire montre de toute l'étendue de son talent. Après s'être tout d'abord acoquiné avec le chanteur Göran Edman, le groupe annonce finalement en 2020 le retour à son line-up d'origine, et la sortie d'un véritable deuxième album. Fallait-il vraiment en arriver là ?

TOUCH, c'est un rock très accessible, souvent qualifié d'AOR, proche des FOREIGNER, GIANT et autres UNRULY CHILD. Une musique qui, si elle garde la guitare comme colonne vertébrale des morceaux, bâtissant le plus souvent autour d'un riff, ajoute d'ostensibles claviers qui viennent au besoin épaissir ou adoucir l'ensemble, produisant une musique qui, si elle est mal dosée, peut dangereusement pencher vers le sirupeux. TOUCH échappe à cet écueil en affirmant dans ce nouvel album les influences blues du genre, qui lui permettent de s'ancrer dans un réel, plus authentique. Pour autant, le groupe tend à oublier un des préceptes, règle d'or des adeptes du style : des mélodies fortes et des refrains marquants. Les rares titres qui parviennent à proposer les deux se font ici particulièrement rares, et sortent donc immédiatement du lot. On retient ainsi l'ouverture de grande classe, qui donne son nom à l'album, "Tomorrow Never Comes", et puis c'est à peu près tout pour les moments forts du début d'album. Pour retrouver pareil entrain, il faut attendre sa toute fin et un "Wanna Hear You Say" kitch au possible avec ses claviers sortis des années 80, mais un entrain et une science de la composition plutôt intéressants. Il en va de même de "Run For Your Life" final qui n'aurait pas dépareillé sur un album du sémillant Huey Lewis.

Mais ces bonnes et rares surprises, malgré leurs qualités intrinsèques, sont le plus souvent gâchées par le deuxième plus gros problème de l'album : le chant. Non pas que la voix de Mark Mangold soit désagréable. Parfaitement taillée pour le style pratiquée, elle est légèrement patinée et porte un sympathique petit grain, mais sa mise en son est catastrophique. Peut-être un peu juste techniquement, elle est outrageusement auto-tunée et trafiquée d'une manière honteuse, tant et si bien que l'on ne finit par entendre que ça. Quel gâchis !

Du coup, pourquoi revenir ? Des chansons moins bonnes, des capacités visiblement amoindries. Après tout, si le hard rock "classique" et le heavy metal connaissent pour leur part de belles remises au goût du jour, l'AOR est, par sa nature-même, ancré dans un passé révolu. Tomorrow Never Comes, qui veut parfois sonner moderne ("Try to Let Go" et ses passages presque rappés, ses horribles sonorités électro) sonne daté d'entrée, et ses volontés vaines de se faire aventureux ("Swan song" et ses presque 8 minutes qui tiennent autant de YES que d'Elton JOHN), semblent factices, et sont en tout cas bien peu convaincantes. Sauvons donc quatre morceaux (le meilleur étant sans conteste le percutant "Let it Come") et reconnaissons le droit à TOUCH de se faire un petit plaisir nostalgique, 40 ans après avoir vécu sa brève heure de gloire. Ce qu'on apprécie moins, c'est que le groupe ait décidé de faire du commerce avec sa nostalgie bien peu savoureuse.

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   GEGERS

 
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- Mark Mangold (claviers, chant)
- Glenn Kithcart (batterie)
- Craig Brooks (guitare)
- Doug Howard (basse)


1. Tomorrow Never Comes
2. Let It Come
3. Swan Song
4. Try To Let Go
5. Fire And Ice
6. Trippin' Over Shadows
7. Frozen Ground
8. Lil Bit Of Rock And Roll
9. Glass
10. Scream At The Sky
11. Wanna Hear You Say
12. Run For Your Life



             



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