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Barbara LEWIS - Hello Stranger (1963)
Par LE KINGBEE le 2 Mars 2021          Consultée 136 fois

Le nom de Lewis a très souvent été typographié sur de nombreuses rondelles de 45-tours. Rien de plus normal puisque le patronyme figure en ce moment en 23ème position parmi les plus utilisés aux USA. Le domaine de la Soul n’échappe pas à ces statistiques ; de nombreux seconds couteaux ont laissé d’obscures traces de leurs passages : Diane, Luvenia, J.J, James, Jay, Little, Melvin, Ricky, Russ, Wes, sans oublier Bobby, Ramsey et Terry, ce dernier formant le duo Jam & Lewis, deux musiciens ayant tourné dans le giron de PRINCE. Mais de tous ces Lewis, c’est probablement Barbara qui a laissé les plus gros sillons.

Barbara LEWIS fait partie d’une longue liste de chanteuses ayant enregistré pour la firme Atlantic au début de sixties. Native de South Lyon, importante bourgade située à une trentaine de bornes au nord-ouest de Detroit, Barbara voit le jour en 1943 dans une famille de musiciens. Ses parents dirigent leur propre orchestre et Shelton Brooks, un vieux cousin, fut un auteur réputé et pianiste pour Sara Martin et Ethel Water.
Barbara commence très tôt l’apprentissage de la musique, elle étudie le piano, la guitare puis se met à l’harmonica, instrument rarement pratiqué par les petites filles. Douée pour l’écriture, elle se lance dans la composition dès neuf ans. En 1961, l’adolescente est découverte par le producteur Ollie McLaughlin, ancien disc-jockey de la WHRV. Installé pas loin à Ann Arbor McLaughlin s’est fait connaître en organisant des concerts de Dave BRUBECK et Chet BAKER mais c’est en lançant Del SHANNON que le bonhomme parvient à poser son nom sur l’échiquier de l’industrie phonographique.

Alors qu’elle poursuit des études d’infirmière, Barbara, fortement encouragée par sa mère, rejoint Chicago et enregistre dans les studios Chess ses deux premiers titres pour le label Karen dont le propriétaire n’est autre que McLaughlin. Les deux titres ("My Heart Went Do Dat Da" couplé à "Longest Night Of The Year" sortent en avril 62 mais ne connaissent aucun succès. Suite au carton de "Runaway", hit de Del Shannon classé à la première place des charts en février 61, Ollie McLaughlin s’est offert une belle porte d’entrée chez Atlantic, firme qui lui sert de distributeur. En août 62, Atlantic décide de retenter le coup en rééditant les deux titres du single Karen, mais l’expérience ne s’avère commercialement guère plus convaincante.
La troisième expérience allait s’avérer gagnante à plus d’un titre. Le 16 janvier 1963 à Chicago dans les studios Chess, Barbara Lewis met en boite "Puppy Love", "Think A Little Sugar" et "Hello Stranger"⃰. De cette session, Atlantic décide de publier les deux derniers titres en singles, histoire de voir. Un coup de poker guère risqué et qui va rapporter gros. Contre toute attente, "Hello Stranger" accède à la première place des charts R&B et, cerise sur le gâteau, décroche une 3ème place dans les classements Pop.

Pour Atlantic, c’est Byzance avant l’heure. La firme décide qu’il est temps de lancer la jeune chanteuse dans le grain bain, celui du 33-tours. En musique comme l’annonce l’adage il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et ne pas rester les pieds dans le même sabot.

"Hello Stranger" provient de quatre sessions (12 juillet 62, 16 janvier, 16 mai et 25 juin 63) pour un total de douze titres. La plume et la créativité de la jeune chanteuse sont ici bien mises en évidence : elle a composé la totalité du disque. Si le répertoire s’oriente vers des chansons principalement destinées aux teenagers, la voix de soprano vient à contre-courant des productions de l’époque qui privilégiaient le plus souvent des voix puissantes, graves et éraillées.

Parmi ces différentes plages, Atlantic nous refourgue les deux premiers titres Karen : le rythmé "My Heart Went Do Dat Da" avec son flot de violonnades qui peut faire illusion et "The Longest Night Of The Years", une ballade sirupeuse comme on en rencontrait aussi bien dans les registres Nashville Sound que chez la Motown. Les ballades pour teenagers bien passe-partout se ramassent à la pelle telles les feuilles: "Does Anyone Want A Lover", "Love Is A Castle", "On Bended Knees" avec son fond d’orgue Botempi,

Barbara LEWIS nous semble plus à son aise sur des titres au rythme plus élevé : "Gonna Love You Till The End Of Time" bien que gorgé de chœurs intempestifs, "My Mama Told Me" qui rappelle certaines productions de la Motown ou de Phil Spector. Sur "Would You Love Me", on dirait que Barbara lorgne le répertoire de Petula CLARK ou de ses alter ego américaines Peggy March ou Skeeter Davis. L’orgue diffusant une sonorité proche d’un guide-chant n’aide pas à faire passer la pilule. On sourit aujourd’hui derrière la naïveté de certaines paroles comme en témoigne "We’re Too Long To Marry".
Certains titres auraient mérité meilleur sort s’ils n’étaient pas plombés par des arrangements dignes d’une musique d’ascenseur et une orchestration polluée par l’orgue de Floyd Morris, très proche de celui de mon petit neveu de six ans (à moins que cela ne soit le contraire) comme en atteste "Think A Little Sugar".

Seuls "Puppy Love" ⸋ titre plus enjoué rappelant une sonorité digne des Chiffons, des Ronettes et de nombreux girl groups du moment et "Hello Stranger" connaissent la joie des hit-parades américains. Ce dernier avec son tempo digne d’une bossa nova vaut à Barbara LEWIS une notoriété soudaine.

Si Barbara LEWIS n’a pas connu plus de succès, c’est uniquement à cause de la médiocrité de l’orchestration, de la faiblesse des arrangements fourre-tout et d'une production qui semble avoir le cul coincé entre deux chaises, celle de la Soul et d’une Pop bien proprette. Pour conclure, n’oublions pas la pochette quelconque sans la moindre prise d’initiative qui ne rend guère service à la chanteuse. Un répertoire annonciateur des nombreuses adaptations Yéyé qui allaient inonder et amoindrir notre paysage sonore et culturel pendant plusieurs années.

⃰ Titre homonyme à celui de la Carter Family.
⸋ Titre homonyme à celui de Paul Anka.

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- Barbara Lewis (chant)
- Riley Hampton (orchestre)
- Reggie Boyd (guitare)
- Rail Wilson (basse)
- Al Duncan (batterie)
- Johnny Young (piano)
- Floyd Morris (orgue)
- Johnny Funches (choeurs)
- Marvin Junior (choeurs)
- Verne Allison (choeurs)
- Chuck Barksdale (choeurs)
- Mickey Mcgill (choeurs)


1. Hello Stranger
2. Puppy Love
3. On Bended Knees
4. My Heart Went Do Dat Da
5. My Mama Told Me
6. Gonna Love You Till The End Of Time
7. Would You Love Me
8. Longest Night Of The Year
9. Does Anyone Want A Lover
10. We're Too Young To Marry
11. Love Is A Castle



             



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