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1960 Soul Station

HANK MOBLEY - Soul Station (1960)
Par DERWIJES le 9 Février 2022          Consultée 261 fois

Si l'on devait faire une échelle des saxophonistes de jazz, il y aurait à un bout Stan GETZ, le mélomane grand public qui a apporté la bossa-nova, et de l'autre John COLTRANE, l'étoile filante dont on n'a pas encore fini de dépatouiller les fils de l'héritage qu'il nous a laissé. Et au milieu, il y aurait Hank MOBLEY, celui que le pianiste Leonard FEATHER décrivait comme le poids moyen du saxophone. C'est le cas typique du musicien ignoré par les non-amateurs mais qui, quand découvert par ceux qui s'y intéressent, suscite inévitablement la même réaction : mais pourquoi n'est-il pas plus connu ?. L'un des architectes du hard-bop témoin du passage de bâton entre Horace SILVER et Art BLAKEY chez les JAZZ MESSENGERS et remplacement de John COLTRANE chez Miles DAVIS (le temps de l'album Someday My Prince Will Come), il sombre vite dans l'addiction à l'héroïne et fera deux fois de la prison pour détention de narcotique, une fois en 1958 et une autre en 1966. Malgré cela, il parvient quand même à sortir plus de vingt albums chez Blue Note Records entre 1955 et 1970, dont certains comptent parmi les meilleurs de leur catalogue. Malheureusement, la fin de sa vie est dominée par la drogue et la maladie. Ne pouvant plus jouer à cause d'une infection pulmonaire, il finit par vivre dans la rue, éloigné de ses collègues, loin des scènes qu'il avait pourtant parcourues en long en large et en travers pendant la décennie précédente.
Mais, avant cette déchéance, il a eu le temps de nous livrer son petit chef-d'oeuvre : Soul Station, sorti en 1960. C'est un peu l'album type, le mètre-étalon du disque de hard-bop de la fin 50/début 60 : une pochette classe et chaleureuse, la marque de fabrique de Blue Note, un enregistrement fait au studio de Rudy VAN GELDER, six morceaux pour moins d'une quarantaine de minutes de musique et surtout une équipe de quatre musiciens, le strict minimum mais que des grands noms : Wynton KELLIS au piano, Paul CHAMBERS à la basse, Art BLAKEY à la batterie et bien sûr Hank Mobley au saxophone ténor. Pour qui ne s'y connaît pas, c'est un peu le B.A.-BA du jazz, où comment faire un album de hard-bop pour les nuls. Sauf que ce serait trop simple, n'est-ce pas ? Non, la surprise vient que les musiciens nous prennent à revers ; au lieu de nous proposer un hard-bop fiévreux et endiablé, ils ont fait l'inverse, nous livrant un album résolument calme et détendu. On ne se prend pas la tête et on écoute la musique telle qu'elle vient, tranquillement, dès le début avec cette reprise de "Remember" d'Irving BERLIN, à laquelle fait écho le "If I Should Lose You" de Ralph RAINGER qui conclut le disque. Les morceaux restants sont des compositions inédites d'Hank Mobley qui se réserve la part du lion, même si Art Blakey sort son épingle du jeu avec son martèlement si typique et son utilisation de la caisse claire sur "Split Feeling". Wynton Kelly a aussi son moment de gloire pendant "Dig Dis" où il balance un sacré solo et un petit riff bien senti en intro. Seul Paul Chambers reste en retrait tout le long du disque, attendant patiemment de pouvoir caler un solo au milieu de "Soul Station".

Il y a chef-d’œuvre et chef-d’œuvre : il y a ceux bruyants, les Bitches Brew et autres Somethin' Else ! de ce monde et, à côté, les autres qui s'imposent comme des incontournables, que l'on écoute une première fois en se disant mouais, sympa mais qui disposent de l'attraction d'un trou noir et vers lesquels nous revenons immanquablement jusqu'à nous rendre un jour compte qu'ils ont fini par faire partie de nos disques de chevets, nos disques conforts. Soul Station appartient à cette seconde catégorie, avec cette qualité supplémentaire qu'il est l'image d'Epinal d'une période très spécifique dans l'histoire du jazz mais qu'il a étonnamment bien vieilli.

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   DERWIJES

 
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- Hank Mobleu (saxophone ténor)
- Wynton Kelly (piano)
- Paul Chambers (basse)
- Art Blakey (batterie)


1. Remember
2. This I Dig Of You
3. Dig Dis
4. Split Feeling
5. Soul Station
6. If I Should Lose You



             



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