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- Style + Membre : Michael Rother

ROTHER & MACCABRUNI - As Long As The Light (2022)
Par WALTERSMOKE le 17 Février 2022          Consultée 496 fois

La perception du temps et de ce qu’on en fait a beaucoup changé, notamment en musique. Autrement dit : est-ce normal de s’extasier sur 2 ans d’écart entre deux sorties d’un artiste ? Dans les années 70, on se serait sinon alarmé, au moins inquiété ; de nos jours, c’est être rapide. Et que dire des cas particuliers, qui ont ce fameux 'rythme de sénateur'? Sujet du jour : Michael ROTHER. Si le guitariste allemand a été relativement bien productif dans les années 70, c’est à partir de la seconde moitié des années 80 qu’il raréfie ses productions, pour x et y raisons plus ou moins personnelles certes, mais qui ont comme conséquence la chute de sa productivité. Aussi, autant on pouvait être seulement à moitié surpris de l’écart entre Remember (The Great Adventure) (2004) et Dreaming (2020), autant c’est déjà plus choquant de voir deux ans plus tard As Long as the Light. L’effet covid, sans doute ?

ROTHER n’est cependant pas seul. À ses côtés, se trouve sa compagne, l’Italienne Vittoria MACCABRUNI, dont cela semble être la première œuvre musicale – en tout cas, je n’ai rien trouvé d’autre à son sujet. Une union on ne peut plus naturelle, source de beaucoup d’interrogations, quoique moins négatives que pour un supergroupe. Et autant le dire : les fans de ROTHER et les amateurs de krautrock seront forcément aux anges. Moi aussi, ne serait-ce que pour le plaisir d’entendre de nouveau la gratte de ROTHER. Pour autant… il faut savoir raison garder, surtout dans ce qu’on aime.

As Long as the Light est avant tout un album totalement original. Chose rare chez ROTHER ? Dans une échelle de temps absolu, non, mais il faut quand même remonter à 2004 pour un opus du même tonneau, Dreaming usant de recyclage. Oh non, faut-il donc dire qu’il est médiocre ? Là n’est pas la question, c’est surtout qu’il s’agit de pouvoir estimer le potentiel créatif de Michael ROTHER. Spoiler : soit il est bel et bien présent, soit la collaboration avec MACCABRUNI marche du feu de Dieu. Oui, on en doutait. Oui, c’est normal. Et oui, on ne va pas s’en plaindre. 44 courtes mais intenses minutes plus tard, le verdict tombe : As Long as the Light est effectivement bon. La première partie, en tout cas, fait montre d’un enchaînement d’autant plus remarquable : "Edgy Smiles" mêle séquençage percutant mais intéressant et soli typiques de ROTHER et stridents sans faire mal aux oreilles ; "Exp 1", pour sa part, renoue avec ce post-krautrock [cf. Traumreise (1987)] à la fois mélancolique et héroïque, même si le calme est plus prégnant qu’autre chose. Le clou de l’album, lui, s’appelle "You Look at Me". C’est une véritable chanson, dans le sens où on entend la voix de MACCABRUNI, assez grave mais rêveuse – on regrette juste un accent à couper au couteau – et concordant avec une tristesse contemplative et non-ruminante. Enfin, "Curfewed" est 'le' morceau sombre de l’album, où le travail sur les percussions électroniques et les nappes de claviers convainquent et font peur.

Un excellent album, donc ? Oui mais voilà, il faut ensuite parler de la seconde moitié. Celle-là, en revanche, bon… On a clairement un ventre mou avec l’enchaînement "See Through"-"Forget This" et, si "Codrive Me" semble être une sorte d’hommage à CLUSTER (ce qui serait le bienvenu), il tourne de manière un peu trop stérile sur une durée excessive. Heureusement, "Happy (Slow Burner)" conclut le tout sur une note déchirante mais qui, comme souvent (toujours ?) avec ROTHER, nous apaise – et au passage enfonce les albums sortis entre 1977 et 1982, mais je m’égare.

Un nouveau retour gagnant, donc ? Ce serait oublier Vittoria MACCABRUNI qui aide son compagnon à rester cette légende non usurpée du rock. As Long as the Light peut se targuer d’avoir le potentiel d’être une pépite majeure du krautrock moderne – à quelques scories près. Et même si, soyons honnêtes, Michael ROTHER est plus proche du crépuscule de sa vie que de l’aube, on en vient à espérer beaucoup de choses : un nouvel opus 100 % et excellent, une collaboration ouvrant plus de perspectives pour MACCABRUNI… On y croit !

Note réelle : 3,5/5

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1. Edgy Smiles
2. Exp 1
3. You Look At Me
4. Curfewed
5. See Through
6. Forget This
7. Codrive Me
8. Happpy (slow Burner)



             



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